09 décembre 2010

Sommet de Cancun sur le climat : Les « avant-projets » n’améliorent pas la situation des plus pauvres !

© Ami Vitale / CARE

 Tandis que les négociations à Cancún sur le climat touchent à leur fin, CARE appelle les négociateurs à ne pas marchander avec la vie des pauvres, mais au contraire à les mettre au cœur de leurs efforts pour lutter contre le changement climatique.

De nombreux participants sont optimistes quant à la rédaction d’un texte sur la REDD (Réduction des émissions du déboisement et de la dégradation forestière) à Cancún. « Mais il est indispensable d’avoir des garanties solides, lors de la mise en place d’un mécanisme REDD, pour l’empêcher de nuire aux moyens de subsistance et de violer les droits des populations indigènes et des communautés locales, »  indique Raja Jarrah, Conseiller REDD pour CARE. Des progrès considérables ont été faits pour aboutir à un avant-projet qui prévoit la nécessité de respecter les droits de ces peuples et communautés. Cet avant-projet demande aux pays d’insérer des considérations de genre dans leurs plans nationaux, ce qui est crucial, car les hommes et les femmes n’ont pas les mêmes besoins ou les mêmes droits vis-à-vis de la forêt. « Néanmoins, les dispositions concernant le respect des garanties ne sont pas aussi solides qu’elles devraient être. Le véritable défi sera de voir comment ces paroles se concrétiseront sur le terrain », explique Raja Jarrah. « Les expériences, à l’heure actuelle, ne sont pas concluantes. Alors même que les gouvernements se sont préparés ces derniers mois à la REDD, la voix des communautés  locales, notamment des femmes, a brillé par son absence ».

Le déboisement et la dégradation des forêts sont responsables d’environ 20% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Si rien n’est mis en place pour les 80% restants, les moyens de subsistance des personnes, et donc leur survie, seront sérieusement menacés par un changement climatique incontrôlé. Les forêts sont déterminantes pour l’adaptation au changement climatique, car elles atténuent les catastrophes climatiques et représentent des ressources pour les communautés locales.

Un accord mondial sur le climat doit donc non seulement porter sur la REDD, mais également sur d’autres enjeux incontournables, tels que des réductions d’émissions ambitieuses et un financement significatif de l’adaptation. « Un accord REDD seul n’aidera pas les plus pauvres, qui sont aussi les plus vulnérables au changement climatique. De fortes réductions des émissions de la part des pays industrialisés sont également nécessaires », explique Raja Jarrah.

« En venant à Cancún, les négociateurs n’étaient pas loin de prendre une décision sur un cadre pour l’adaptation », explique Tonya Rawe, responsable du plaidoyer pour CARE. « Mais il y a toujours un risque d’échec, même s’il reste peu de problèmes à résoudre. » CARE appelle les ministres à mettre rapidement de côté leurs différends à Cancún pour aboutir sur l’adaptation. « L’accord sur l’adaptation est toujours à l’état d’avant-projet. Mais un avant-projet n’apporte rien aux pauvres ». En plus d’un accord cadre, il est nécessaire d’augmenter d’urgence et de manière significative les financements relatifs à l’adaptation. « Sans un financement adéquat, un cadre pour l’adaptation n’est qu’une coquille vide », s’alarme Tonya Rawe.

Il est urgent d’arriver à un accord sur l’adaptation, car les pauvres souffrent déjà des premières conséquences du changement climatique. « L’avenir des pays en voie de développement sera menacé si aucune aide à l’adaptation n’est prévue », indique Ruth Mitei, experte de l’adaptation au changement climatique de CARE au Kenya. « Au Kenya, il y a de plus en plus de sécheresses, de pluies imprévisibles et d’inondations. Si nous ne parvenons pas à un accord sur l’adaptation, des vies seront détruites et la pauvreté demeurera. Plus les pays développés attendent pour atténuer le changement climatique, plus la situation s’aggrave. »

Les femmes sont particulièrement touchées par le changement climatique, mais elles sont aussi des actrices puissantes du changement. Elles gèrent les ressources naturelles et elles sont les principales concernées par l’approvisionnement en nourriture, eau et combustible de leurs familles et de leurs communautés  – des tâches rendues plus difficiles par le changement climatique. Les considérations de genre doivent donc être prises en compte dans un accord sur la REDD et l’adaptation.

Au Kenya et ailleurs, CARE aide les hommes et femmes des communautés locales à s’adapter au changement climatique, en encouragant la mise en place de systèmes d’irrigation plus efficaces et de cultures plus résistantes aux sécheresses. CARE travaille également avec les populations sur la gestion des forêts communautaires, pour réduire le déboisement. Un accord global sur le climat permettrait la mise en œuvre d’initiatives similaires dans le monde entier.

La conférence de presse a été enregistrée et la vidéo est disponible sur demande, sur le site de l’UNFCCC : http://unfccc.int/press/multimedia/webcasts/items/2777.php

Contacts presse :

Sandra Bulling (Cancun) 

Tel :(+251) 998 1972974 (Mexique) ; (+49) 151 126 27 123 (Allemagne)

Email : bulling@care.de

Alexandra Banget-Mossaz (Paris)

Tel : +33 1 53 19 89 89

Email : banget-mossaz@carefrance.org

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