10 janvier 2011

Séisme en Haïti, 1 an après : état des lieux et perspectives

© Renaud Philippe / CARE

Il y a un an, un tremblement de terre sans précédent frappait Haïti de plein fouet. Bilan : 316 000 morts, 1,5 million de sans-abri et 188 000 bâtiments détruits, laissant le pays dans une très grande détresse humanitaire.

A ce jour, près de 290 000 personnes ont bénéficié du soutien du réseau CARE, notamment via :

  • la distribution de 35 419 kits d’hygiène et 2000 kits femmes enceintes ;
  • la distribution de 14 902 bâches pour permettre aux familles de s’abriter dans les semaines qui ont suivi le séisme ;
  • la construction de 1000 abris et la distribution de kits de renforcement et de réparation des habitations pour 17 000 familles.
  • l’installation de 90 dispositifs de lavage des mains et la construction de 342 latrines en prévention du choléra

Le budget global du réseau CARE s’élève à 34,8 millions d’euros, dont 7,2 millions collectés par CARE France. Fin 2010, 18 millions d’euros avaient été dépensés.

Aujourd’hui encore, les besoins des Haïtiens sont énormes. La participation à la reconstruction du pays est l’un des besoins exprimés par la population. C’est pourquoi CARE se mobilise pour que la voix du peuple soit entendue, avec une attention particulière pour celle des femmes et filles.

« N’oublions pas que les Haïtiens ont été les premiers à pied d’œuvre pour creuser les gravats, emmener les blessés à l’hôpital et apporter un toit à ceux qui n’en avaient plus », précise Philippe Lévêque, directeur de CARE France. « Cet engagement, ce savoir et cette énergie sont le fondement d’un meilleur avenir pour Haïti. CARE puise dans les forces de la communauté et des partenaires locaux pour permettre des changements durables ».

Cette stratégie, qui est la force de CARE, se retrouve dans chacun de ses programmes. Dans les zones durement touchées, où CARE a construit près de 1 000 abris transitoires, les habitants ont participé à l’identification des populations les plus vulnérables. Puis les familles ont aidé à la construction, et appris comment ces structures pouvaient être intégrées dans des habitations permanentes. Dans les camps, les Haïtiens travaillent ensemble pour développer leurs propres plans d’action contre la violence sexuelle, et les présenter ensuite aux autorités locales.

Mais un changement durable se heurte aux problèmes de droits fonciers, au manque d’emplois et d’opportunités économiques et à un accès limité à l’éducation : 38% de la population adulte est analphabète, et environ 80% est sans emploi. En outre, une saison active d’ouragans et une épidémie de choléra ont fait suite au séisme, plaçant une nouvelle fois le pays dans une situation d’urgence. Le relèvement d’un pays après un désastre d’une telle ampleur est très lent, et la vulnérabilité d’Haïti aux catastrophes rend la transition entre l’aide d’urgence et la reconstruction encore plus difficile.

« Nous devons être réalistes sur ce qui peut être fait en l’espace d’un an », explique Beat Rohr, directeur de CARE Haïti. « La reconstruction et le renforcement d’Haïti nécessiteront plusieurs années, ainsi qu’un engagement durable et beaucoup de persévérance. Mais cela ne doit arrêter ni les ONG, ni le gouvernement, ni la société civile en Haïti à poursuivre leurs efforts. »

Au quotidien, CARE s’appuie essentiellement sur les Haïtiens, l’équipe sur place étant composée de 475 Haïtiens et 29 expatriés.

En 2011, le réseau CARE continuera à construire des abris transitoires, et apporter un accès à l’eau et à l’assainissement aux personnes vivant encore dans les campements. CARE fournira le mobilier dans les écoles, et travaillera en collaboration avec les installations médicales locales pour assurer des services de santé reproductive de base et renforcer la prévention du choléra.

Contacts presse :
Sabine Wilke (Haïti) : (+509) 36779478 ; wilke@pap.care.org
Alexandra Banget-Mossaz (Paris) : 01 53 19 89 92 ; banget-mossaz@carefrance.org

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