10 février 2011

CARE sonne l'alarme sur l'échec de la lutte contre la crise alimentaire mondiale.

© Phil Borges / CARE

Le collectif d’ONG « membres de l’Alliance contre la Faim », dont CARE fait partie, met en garde la communauté internationale sur le risque de ne pas tirer les conclusions de la crise des prix des denrées alimentaires de 2008 et de délaisser ainsi les personnes souffrant de la faim.

Le collectif s’inquiète des conséquences que la crise actuelle des prix des aliments aura de nouveau sur les plus vulnérables (à la vue de la réponse insuffisante et souvent inadaptée apportée à la crise de 2008). Elles appellent à une action cohérente sur la sécurité alimentaire.

L’Institut d’Oakland, dans une recherche commandée par les membres de l’Alliance contre la faim, a pu analyser l’échec de la lutte de la communauté internationale contre la crise alimentaire, et souligne le besoin de mener une action en faveur d’une stabilité durable des prix des aliments.

Le porte-parole de l’Alliance contre la Faim, Karl Deering de CARE International UK, explique que : « Le problème du prix des aliments ne va pas simplement disparaître. Les politiques mondiales menées en réponse à cette crise n’ont pas réussi à protéger les plus démunis. Le problème n’est pas le manque d’accès aux aliments – le problème, c’est la pauvreté et les prix élevés de la nourriture. »

« Jusqu’ici, la réponse a été faible, mais il est encore temps pour les gouvernements et les organisations internationales de prendre des mesures décisives pour réduire la faim. Il faut par exemple, réaliser des investissements favorisant les petits agriculteurs pour soutenir la production locale, et faire davantage attention à l’état nutritionnel des femmes et des enfants ».

Le rapport The High Food Price Challenge* « Se nourrir : un défi grandissant », recommande un certain nombre de mesures, telles que :
- Stimuler la production durable d’aliments nutritifs et attirer l’attention sur l’importance de l’accès aux terres et aux ressources naturelles ;
-  Investir dans des mécanismes de protection sociale adressés aux plus démunis et aux plus vulnérables, notamment aux femmes et aux enfants ;
-  Empêcher l’instabilité des prix via une intégration et une coopération régionales garantissant la confiance et évitant les mouvements de panique des marchés ;
-  Etendre et amplifier des interventions nutritionnelles qui prennent en considération la relation entre les moyens de subsistance, la production alimentaire, les marchés et la malnutrition, et la contribution de programmes agricoles bien conçus.

* The High Food Price Challenge « Se nourrir : un défi grandissant » est une publication commune de l’Alliance Contre la Faim UK et de l’Institut d’Oakland.

Le rapport peut être téléchargé ici (en anglais uniquement)

Les membres de l’Alliance contre la Faim ayant contribué à ce rapport sont les branches britanniques des associations suivantes : Action Contre la Faim, CARE, Concern Worldwide, Oxfam, Save the Children and Word Vision.
L’Institut d’Oakland est un groupe indépendant de réflexion politique qui a pour mission de faciliter la participation publique et de promouvoir un débat loyal sur des questions centrales d’ordre social, économique et environnemental : www.oaklandinstitute.org

Pour plus d’informations ou pour obtenir des entretiens avec les porte-paroles :
Contact CARE France : Charlyne Liquito – liquito@carefrance.org - 01 53 19 87 61

> Regarder aussi l'émission C dans l'air : "Nous gaspillons la nourriture" du 9 février 2011, dans laquelle intervient Philippe Lévêque, directeur général de CARE France. (47°minutes)