09 mars 2011

A l'occasion de la journée internationale de la Femme, Philippe Lévêque, directeur général de CARE France, s'indigne du manque d'implication des gouvernements en matière d'égalité Homme/Femme.
Cette tribune a été relayée dans le gratuit Métro et sur les sites internet Youphil.com et le post.fr.

D’après des études officielles, en France, près d’une femme sur trois est victime de violences conjugales et plus d’une femme meurt tous les jours sous les coups de son conjoint. Aux Etats-Unis, une femme est battue toutes les 15 secondes et 700 000 sont violées, chaque année. Le plus souvent ces violences se passent au sein du foyer familial.

Dans les pays pauvres, la situation des femmes est encore plus alarmante. En plus des maltraitances physiques dont elles font l’objet, leur accès limité à l’alimentation, aux services médicaux ou à l’éducation, les place en marge de la société.

Parmi 1,4 milliard de personnes qui vivent avec moins de 1,25 dollars par jour, 70 % sont des femmes et des filles. Les femmes produisent la majorité de la production agricole, mais sont propriétaires de seulement 1 % des terres dans le monde et sur 796 millions d'adultes analphabètes, les 2/3 sont des femmes.
Face à la souffrance des femmes, les gouvernements choisissent de fermer les yeux. Cette attitude les rend coupables.
En 1989, pourtant, une centaine de pays se sont engagés, aux Nations Unies, à respecter la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes.

Ils promettaient ainsi d’établir l’égalité des droits entre les hommes et les femmes dans l’exercice de tous les droits économiques, sociaux, culturels, civils et politiques.
Il est temps pour les gouvernements d’assumer leurs engagements. Ils ont les moyens de prendre de véritables mesures en faveur des femmes. Seule leur volonté manque.

De simples initiatives d’hommes et de femmes ont démontré par le passé et démontrent aujourd’hui encore qu’il est facile de faire évoluer les choses. Au Brésil, par exemple, des groupes de travail ont été mis en place par un psychologue pour changer les manières qu’ont les hommes de se comporter avec les femmes dans les bidonvilles les plus difficiles de Rio. Sur le terrain, les équipes de CARE travaillent aussi quotidiennement aux côtés de milliers de femmes afin de les sortir de l’exclusion sociale dont elles sont victimes.

A l’occasion de la journée de la femme, j’ai lancé une pétition pour la dignité des femmes à l’adresse du président de la république Nicolas Sarkozy. J’espère qu’elle incitera les leaders politiques à prendre des engagements forts, lors de leurs prochaines réunions du G8-G20, en matière d’accès des femmes à la santé, à l’éducation et aux services financiers.

En signant cette pétition, vous aussi, vous pourrez faire entendre votre voix auprès des gouvernements. Et affirmer votre intolérance à la souffrance des femmes.

Philippe Lévêque,
Directeur général de CARE France