15 mars 2011

Crise humanitaire en Côte d’Ivoire : soutenir les populations déplacées.

Reuters / Luc Gnago

Depuis les élections présidentielles qui ont opposé Alassane Ouattara et Laurent Gbagbo en décembre dernier, la Côte d’Ivoire est enlisée dans une grave crise humanitaire.
Les affrontements qui ont éclaté le 24 février entre les deux camps ne cessent de s’intensifier dans le sud du pays.

Le bilan que dressent les observateurs est lourd : près de 360 personnes sont mortes ; 40% de la population ivoirienne se trouvent désormais en dessous du seuil de pauvreté; 35% des enfants souffrent de malnutrition et les écoles fermées depuis novembre privent plus de 800 000 enfants d’éducation.

Au total, près de 326 000 ivoiriens ont fui les combats. 84 000 ont traversé les frontières pour trouver refuge au Liberia, en Guinée ou, dans une moindre mesure, au Mali. Les autres, les « ivoiriens déplacés », se réfugient principalement à l’ouest de la Côte d’Ivoire (42 000 personnes) et à Abidjan (200 000 personnes). Ils sont accueillis chez les habitants ou dans des camps.

Les Nations Unies et les ONG ont identifié des besoins humanitaires urgents dans six domaines :
• Hygiène, eau et assainissement : dans de nombreuses villes, la collecte d’ordures a cessé et la pollution de l’eau dans les camps augmente les risques de cholera, typhoïde, fièvre jaune et malaria.
• Santé : plus de 300 cas de choléra ont déjà été détectés.
• Abris: de fortes pluies ont détruit les habitations.
• Alimentation : des milliers d’enfants souffrent de malnutrition.
• Gestion des camps: les camps peinent à fonctionner correctement par manque de coordination
• Sécurité : de nombreux cas de violences sexuelles ont été enregistrés.

CARE, présente en Côte d’Ivoire depuis 2003, souhaite apporter une aide d’urgence à près de 41 000 personnes à Duekoué et Man, principales villes à l’ouest du pays accueillant les camps, et concentrer ses efforts dans les secteurs de l’hygiène et de l’assainissement.