12 avril 2011

Rencontre avec Emilia et Romana : deux assistantes médicales et sociales du programme SERA de prévention des grossesses non désirées à Cluj

CARE

SERA a crée en 2003 le premier service de planning familial itinérant dans le département de Tulcea à l’Est du pays. Au vu de l’impact très positif de ce service itinérant auprès des jeunes femmes, les autorités du département de Tulcea ont décidé de l’intégrer au sein de leur propre action de planning familial. Le même modèle est désormais reproduit dans les autres départements roumains.

En quoi consiste votre travail ?

Je suis assistante médicale et sociale pour SERA à Cluj depuis 5 ans. Mon travail consiste à informer et sensibiliser les femmes qui ont déjà abandonné des enfants ou qui sont dans une telle situation de fragilité qu’elles risquent de le faire. Mon objectif est de les responsabiliser pour qu’elles prennent en charge leur suivi médical et éventuellement leur contraception. Il est important de travailler en amont avec elles car cela permet d’éviter des abandons ensuite. Il s’agit vraiment de prévention et c’est complémentaire du travail que nous faisons avec les enfants abandonnés à Cluj.

Concrètement, comment cela se traduit-il ?

Avec ma collègue Emilia, nous partons en voiture pour rencontrer des femmes partout dans le département. Nous en voyons prés de 60 par mois. Souvent nous sommes sollicitées par la mairie, les services sociaux, mais aussi parfois par les femmes elles-mêmes. Nous sommes connues dans les communautés. Nous sommes là pour répondre à toutes leurs questions, les informer sur la santé et l’importance d’un suivi gynécologique, les diriger vers des médecins. Nous leur fournissons éventuellement des moyens de contraception si elles le souhaitent et n’ont pas les moyens de les payer. Ce sont souvent des femmes vivant des situations psychologiques ou sociales difficiles.

Est-ce facile de les convaincre ?

Non, c’est difficile, il faut du temps. Il y a beaucoup d’idées reçues sur la contraception qu’il faut défaire. Parfois, ce sont les hommes qui ne sont pas d’accord et les femmes viennent nous voir en cachette. Mais on y arrive. Récemment, suite à notre passage, une femme a fait un dépistage pour le cancer du col de l’utérus et elle a pu être diagnostiquée et soignée. Elle est guérie maintenant. Les autres femmes de la communauté ont voulu faire le test par la suite. C’est encourageant !

Et à part les visites à domiciles, que faites-vous ?

Nous faisons aussi des interventions dans les écoles pour les enfants de 11 à 14 ans. C’est important d’informer les jeunes si on veut stopper la hausse du nombre de grossesses non désirées parmi les adolescentes et aussi les maladies sexuellement transmissibles. C’est un vrai fléau de nos jours. J’aime beaucoup mon travail car je sais qu’il est utile et que nous changeons vraiment la vie de ces femmes.

Pour en savoir plus sur les programmes SERA en Roumanie, cliquez ici.