15 avril 2011

Questions à Philippe Lévêque, directeur général de CARE France, sur la situation en Côte d'Ivoire

REUTERS / Thierry Gouegnon

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Quelle est la situation en Côte d’Ivoire ?

Les combats autour d’Abidjan ont conduit à un déplacement massif de la population. Selon les Nations Unies, il y aurait entre 700 000 et 1 000 000 de personnes déplacées provenant d’Abidjan. Certaines familles changent seulement de quartier. Mais d’autres se réfugient dans leurs villages d’origines situés dans différentes régions ou se dirigent vers le nord de la Côte d’Ivoire pour rejoindre le Mali, le Niger et le Burkina Faso.

Comme ces déplacés savent généralement où se rendre (dans leur village ou leurs pays d’origine) et ont les moyens d’atteindre leur destination, les camps de déplacés en tant que tels, sont peu nombreux (à part à Duékoué, au sud-ouest de la Côte d’Ivoire). Toutefois, il existe des points de transit dans lesquels les familles se reposent, se rassemblent et se ravitaillent en nourriture pour une journée ou une nuit. Les besoins humanitaires sont énormes : en eau et assainissement dans les camps à l’ouest ; dans la périphérie d’Abidjan c’est le choléra qui se développe  et malgré les distributions du PAM, la nourriture manque et des cas de malnutritions ont déjà été détectés.

Comment les membres de CARE font-ils face à l’insécurité?

Le 1er avril, CARE a temporairement quitté le bureau d’Abidjan pour poursuivre la conduite de son aide humanitaire à partir d’un autre bureau de CARE situé à Bouaké, où la situation est relativement plus paisible.

CARE surveille de très près l’évolution de la situation à Abidjan afin de déterminer le moment opportun où elle pourra s’y installer à nouveau.

Quelles activités CARE met-elle en place pour répondre à cette crise ?

A l’heure actuelle, CARE intervient en Côte d’Ivoire et au Libéria et concentre ses efforts dans les activités liées à l’eau et à l’assainissement. A ce jour, CARE a distribué de l’eau potable à plus de 2 300 familles à Duékoué (sud-ouest de la Côte d’Ivoire) et a chloré 125 puits à Man (centre-ouest de la Côte d’Ivoire) aidant ainsi à faire baisser les risques de choléra, de typhoïde, de fièvre jaune ou de malaria. CARE a également facilité la mise en place de services de ramassage d’ordures dans les camps de déplacés à Man et Duékoué.

Aujourd’hui, CARE évalue les services d’eau et d’assainissement à Korogho et Bouaké (nord de la Côte d’Ivoire), zones dans lesquelles les personnes originaires d’Abidjan se réfugient. A Bouaké, des informations sont récoltées pour évaluer le nombre de personnes qui y transitent et leurs besoins les plus fondamentaux. Actuellement, CARE négocie également avec le Programme Alimentaire Mondial pour distribuer des biscuits protéinés aux personnes déplacées aux points de transit de Bouaké, entre autres. CARE prévoit enfin d’organiser des sessions de formation à l’hygiène et de prévention de maladies telles que le SIDA et la malaria.

Au Libéria, CARE a été l’une des premières agences à intervenir en distribuant à 9 000 réfugiés ivoiriens des fournitures d’urgence telles que des kits d’hygiène, des serviettes hygiéniques, des couvertures et des moustiquaires.

CARE a également organisé des sessions de promotion à l’hygiène et réparé des puits abandonnés pour faire face à l’afflux de nouveaux réfugiés. CARE construit également des latrines et des douches pour les femmes réfugiées, qui sont très vulnérables à la violence sexuelle.

Je suis la situation de très près et mes équipes à Paris recherchent les fonds nécessaires pour amplifier notre réponse.

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