17 mai 2011

CARE demande qu’une plus grande attention soit portée sur l’insécurité alimentaire dont souffre la Corne de l’Afrique.

© CARE Tim Freccia

 CARE demande à la communauté internationale de répondre à l’insécurité alimentaire touchant de manière récurrente les pays de la Corne de l’Afrique. Près de huit millions de personnes à Djibouti, en Ethiopie, au Kenya et en Somalie souffrent aujourd’hui de la sécheresse, aggravée dans certains cas, par des conflits. Pour CARE, des mesures de crise à court terme et des activités de développement à plus long terme doivent être mises en place de manière complémentaire et se renforcer mutuellement.

« La vulnérabilité, la pauvreté, l’injustice sociale chronique et les changements climatiques sont tous à l’origine de la récurrence de l’insécurité alimentaire dans la Corne de l’Afrique. S’ajoute à tout cela une grande augmentation du prix des aliments et de l’essence, qui n’a fait qu’empirer la situation actuelle », explique Mohamed Khaled, Coordinateur Régional des Urgences pour l’Afrique de l’Est chez CARE. Au Kenya, par exemple, le prix du maïs, aliment de base, a augmenté de 27% ces trois derniers mois. « Une attention particulière est donc aujourd’hui nécessaire pour éviter davantage de décès et de pertes de moyens de subsistance. Il faut également s’attaquer aux causes sous-jacentes de cette insécurité pour briser ce cycle qui persiste depuis quelques années. »

Cette région a connu une longue saison des pluies l’an dernier, mais cela n’a pas suffi à ses habitants pour reconstituer leurs biens et se remettre des pertes engendrées par la précédente sécheresse de 2008/2009. « Il est très probable qu’il y ait moins de pluies que la normale cette année, ce qui peut engendrer une faible production végétale et moins de pâturages pour le bétail », s’inquiète Mohamed Khaled. « De faibles pluies entre mars et mai pourrait signifier une insécurité alimentaire et nutritionnelle aigüe jusqu’en septembre, voire au-delà, pour 7 à 10 millions de personnes dans la Corne de l’Afrique ». Les niveaux de malnutrition aigüe ont déjà dépassé le seuil d’urgence et il est prévu qu’ils augmenteront encore ces 6 prochains mois.

La sécheresse pourrait avoir plusieurs effets négatifs immédiats et à long terme, tels que l’apparition de maladies notamment dans des endroits où les conditions d’hygiène sont inadaptées, la perte de bétail, des conflits touchant aux ressources dans les zones pastorales et un pouvoir d’achat réduit dans les zones affectées et dans les villes. « Les familles d’éleveurs retirent leurs enfants de l’école, parce qu’ils ne peuvent plus payer les frais de scolarité ou parce qu’ils doivent partir, avec leur bétail, à la recherche de nouveau pâturages. Les filles sont les premières touchées par ce phénomène », indique Mohamed Khaled.

La sécheresse a été déclarée catastrophe nationale en Somalie et à Djibouti, et le Gouvernement éthiopien a révisé son Humanitarian Requirements Document en avril 2011 pour y intégrer les besoins grandissants et mobiliser la communauté humanitaire et son action. Les gouvernements des pays concernés ont déjà commencé à intervenir, mais une aide internationale à court et long terme est nécessaire pour aider à répondre aux besoins essentiels des personnes et à lutter contre les causes structurelles sous-jacentes et les vulnérabilités chroniques. « Il est nécessaire d’intervenir pour renforcer la capacité de résilience et les mécanismes d’adaptation de chacun pour survivre dans de telles conditions, répondre aux besoins humanitaires de tous et protéger leurs moyens de subsistance. Il est crucial que les personnes puissent se nourrir par leurs propres moyens et qu’elles ne soient pas dépendantes des distributions de nourriture », explique Mohamed Khaled.

La réponse des bureaux de CARE dans la Corne de l’Afrique passe par la distribution d’eau potable et d’assainissement, des conseils dans le domaine de l’hygiène et de la nutrition, une protection des moyens de subsistance ainsi que des interventions liées au bétail pour aider les familles à répondre à la sécheresse et atténuer l’impact de l’insécurité alimentaire. La résilience des communautés est au cœur des programmes de CARE dans la région. Au Nord du Kenya, par exemple, les activités mises en œuvre passent par la gestion des ressources naturelles, la vente du bétail, ainsi que l’amélioration des connaissances et des compétences de la communauté en termes de gestion et de commercialisation. CARE travaille avec les communautés pour diversifier leurs moyens de subsistance et soutient les groupes locaux qui choisissent des options alternatives et complémentaires comme la commercialisation du lait, l’apiculture, ou la production de fourrage séché.

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