25 mai 2011
© Ibrahim Niandou / CARE

Férié sur l’ensemble du continent africain, le 25 Mai est une tradition fortement ancrée pour l’ensemble des pays africain. CARE France intervient depuis 1983 en Afrique pour apporter son aide aux communautés les plus vulnérables à travers des programmes de santé, de sécurité alimentaire,  d’éducation ou bien encore lors des urgences.

A l’occasion de la Journée Mondiale de l’Afrique, CARE revient sur un de ses programmes d’action au Niger.

Découvrez l’histoire du village Guilley au Niger …

Situé à 650 km de Niamey, Guilley reflète bien la crise que vivent 6 130 villages du Niger. Plus de 250 familles vivent à Guilley dont plus de 200 sont en situation d’extrême vulnérabilité.

Sous un crépuscule brumeux, Guilley nous accueille avec de nombreux sourires un peu crispés en raison du contexte de crise. En ce jour de marché hebdomadaire, habituellement si animé, le village paraît vivre au ralenti. Chants et danses semblent avoir cédé la place à d’interminables murmures et soupirs qui accompagnent les multiples négociations autour de la nourriture. Au loin, on aperçoit quelques chèvres squelettiques qui  tentent péniblement de grimper sur la colline à la recherche désespérée de quelques herbes à brouter.

 « Ici, les hommes et les bêtes luttent pour survivre à la crise particulièrement vicieuse de cette année, les marchés sont garnis de vivres mais les gens n’ont pas d’argent pour les acheter » nous dit d’emblée Aicha Baja, une habitante du village. « Je suis bien placée pour le savoir en tant que chef de famille. » ajoute Aicha.

Agée d’environ 60 ans, veuve et responsable d’un ménage de 6 membres, Aicha Baja connaît les crises alimentaires, leurs symptômes, leurs conséquences et les stratégies de survie, des plus acceptées aux plus moralement  éprouvantes. Au Niger, les stratégies des ménages reposent sur les femmes pendant les crises alimentaires. Elles sont, par exemple, responsables de la rationalisation des repas ou encore de la récolte des feuilles et fruits sauvages pour compléter l’alimentation des ménages. Quand tout ceci ne suffit pas, ce sont les petits ruminants, épargne de la femme, qui sont vendus pour acheter des vivres.

 « Toutes ces stratégies ne marchent plus actuellement car la production de fruits sauvages est nulle à cause de la sécheresse et les animaux sont mal vendus sur les marchés à cause de la faible demande … Si nous tenons encore debout à Guilley, c’est grâce à notre programme de réduction des risques mis en œuvre avec CARE et  basé sur la création de groupes d’épargne collective et de stocks alimentaires villageois qui permettent  aux familles de surmonter les éventuelles crises. »

Pour en savoir plus sur les programmes de CARE au Niger, cliquez ici.