08 juillet 2011

Sécheresse dans la Corne de l’Afrique : la situation est préoccupante.

© Tamara Plush / CARE

La sécheresse touchant la Corne de l’Afrique s’aggrave chaque jour, et plus de 10 millions de personnes au Kenya, en Ethiopie, en Somalie et à Djibouti dépendent aujourd’hui complètement de l’aide humanitaire. Cette crise est la pire catastrophe alimentaire dans le monde à l’heure actuelle – et il n’y a aucune perspective d’amélioration avant 2012.

Certaines zones pastorales traversent la période la plus sèche depuis 60 ans. Les conséquences de cette sécheresse sont aggravées par l’augmentation du prix des céréales, la mortalité croissante du bétail et les conflits. A Mandera, au Kenya, le prix du maïs a augmenté de près de 60% par rapport à l’année dernière. Mais les communautés pastorales ne sont pas les seules à souffrir de cette situation : les prix élevés de la nourriture et de l’essence ont également réduit le pouvoir d’achat des foyers urbains.

Comme souvent, les femmes sont disproportionnellement affectées par la sécheresse actuelle. Dans de nombreuses communautés, quand la nourriture se fait rare, elles mangent en dernier, après les enfants et les hommes. Elles portent également la lourde responsabilité que représente la collecte de l’eau potable, une activité chronophage qui non seulement restreint leurs opportunités et leurs choix mais renforce aussi les inégalités entre les sexes dans les domaines de l’éducation et de l’emploi.

Des femmes de Moyale, Borena, en Ethiopie, ont expliqué à CARE que pour atteindre le point d’eau le plus proche, elles devaient désormais marcher 2 heures – contre 15 minutes auparavant. Elles doivent faire la queue pendant 4 à 6 heures, puis reprendre la longue marche qui les ramènera chez elles. L’ensemble de la famille est affectée par ce phénomène, les femmes ayant très peu de temps pour les tâches domestiques et ne pouvant s’occuper correctement des enfants.


La réponse de CARE à l’insécurité alimentaire dans la Corne de l’Afrique

Ethiopie
CARE Ethiopie intervient actuellement dans les régions de l’Afar et d’Oromia (Borena, Harare Est et Ouest), deux des zones les plus touchées du pays. Ces interventions portent sur l’aide alimentaire, la nutrition, ainsi que l’eau et l’assainissement via la mise en place de points de réhabilitation, la distribution de produits de traitement de l’eau et la promotion des bonnes pratiques d’hygiène. Le bétail, part importante des moyens de subsistance des communautés pastorales, fait également l’objet d’interventions de CARE Ethiopie, comprenant le déstockage par l’abattage, l’alimentation des animaux et le soutien aux autorités de santé animale de la zone.

Jusqu’à aujourd’hui, la réponse de CARE Ethiopie a bénéficié à plus de 218 000 personnes, et sera prochainement augmentée afin de répondre aux besoins nutritionnels et de protection du bétail.

Somalie (Puntland et Somaliland)
CARE a répondu aux conditions actuelles de sécheresse dans les parties nord de Puntland et Somaliland par la réhabilitation des structures de récupération d’eau (récipients et puits peu profonds) et le soutien aux moyens de subsistance (mise en place de programmes de rémunération-contre-travail et d’aide financière aux foyers les plus vulnérables dans les zones affectées). A l’heure actuelle, CARE est venue en aide à 164 000 personnes et prévoit de multiplier ses interventions pour s’occuper des questions d’eau et assainissement et de soutien aux moyens de subsistance.

Kenya
La réponse de CARE Kenya à la sécheresse a porté principalement sur les vulnérabilités à long terme et le renforcement de la résilience de la communauté, notamment dans le nord-est du pays et travaille en particulier sur les mesures communautaires de gestion des risques de catastrophes. CARE Kenya soutient les équipes du département vétérinaire du district pour favoriser la vaccination des animaux et ainsi prévenir l’augmentation de maladies et de traitements consécutifs, dus notamment aux regroupements de troupeaux autour des points d’eau restants. La réponse de CARE Kenya se traduit également par : l’entretien, la protection et le développement des ressources hydriques ; la promotion des pratiques et infrastructures améliorées d’hygiène ; la protection et le soutien des moyens de subsistance grâce à une diversification des sources de revenus ; le transfert de sommes d’argent et la mise en œuvre d’autres interventions financières.

CARE s’est associée à une institution financière et certains abattoirs publics et privés afin d’augmenter les ventes de bétail de la communauté pastorale, réduisant ainsi le nombre d’animaux dépendant de pâturages limités et renforçant l’argent disponible pour les foyers. A l’heure actuelle, CARE est venue en aide à 167 000 personnes dans la région nord-est du Kenya, et prévoit d’augmenter sa réponse afin d’atteindre encore 200 000 personnes dans les prochaines semaines.

Contacts média :
Genève – Sandra Bulling, bulling@careinternational.org, +41 79 205 69519
Ottawa – Alexandra Lopoukhine, Alexandra.Lopoukhine@care.ca, +1 613 799 7562