15 juillet 2011

Camps de réfugiés au Kenya : multiplication des cas de violences sexuelles.

Kate Holt / CARE

Le camp de Dadaab au Kenya, qui est le camp le plus grand du monde, a ouvert en 1991 pour accueillir des réfugiés en grande majorité somaliens. Destiné à héberger temporairement 90 000 personnes, ce camp et ses abords immédiats sont totalement surpeuplés et abritent plus de 377 000 personnes. Aujourd’hui le camp doit faire face à près de 1 800 nouvelles arrivées par jour, en raison de la sécheresse sévère qui touche l’Afrique de l’Est. Depuis janvier 2011, environ 70% des personnes qui arrivent sont des femmes à la tête d’une famille.

Les femmes fuyant les conflits et la famine et qui se réfugient à Dadaab, se trouvent aujourd’hui confrontées à de nouvelles menaces : le viol et les violences sexuelles. Selon l'agence des Nations Unies pour les réfugiés, le nombre de cas de violences sexuelles et de maltraitances à l’égard des femmes a été multiplié par 4 : entre janvier et juin 2011, 358 incidents ont été rapportés, contre 75 en 2010 à la même période. Dans l’enceinte de deux camps de réfugiés où CARE tient des centres d’accueil, les chiffres ont plus que doublé : 136 cas ont été rapportés depuis l’arrivée massive de réfugiés, pendant la première moitié de l’année, contre 66 l’année dernière à la même période.

Lorsqu’ils sont sur la route, les réfugiés sont en grand danger. Les femmes et les filles, quant à elles, sont particulièrement exposées aux viols, maltraitances ou enlèvements. Nombreuses sont les femmes qui sont parties seules ou avec leurs enfants, laissant leur mari derrière elles.

A leur arrivée à Dadaab, les femmes se retrouvent face à des camps surpeuplés et sont forcées de s’installer n’importe où, dans les endroits encore disponibles, souvent loin des cliniques, points d’eau et latrines, ce qui les rend encore plus vulnérables à la violence.

CARE a installé une tente dans les centres d’accueil des camps d’Ifo et de Dagahaley à Dadaab, Kenya, pour identifier les victimes de violences sexuelles et non sexuelles et leur apporter conseils et soins médicaux d’urgence.

« Sans un endroit prévu pour eux, les femmes et les enfants ont peur, surtout la nuit », explique Caroline Saint-Mleux, chef de l’équipe d’urgence à Dadaab. « CARE explique aux réfugiés où ils peuvent trouver de l’aide. CARE veille également à ce que les familles les plus vulnérables reçoivent le soutien dont elles ont besoin. Nous encourageons nos partenaires sur le terrain à prendre en considération les besoins spécifiques des femmes et des enfants ».

Présence de CARE à Dadaab : Depuis 1991, CARE est la principale organisation de mise en œuvre des réponses d’urgence à Dadaab. CARE distribue de la nourriture, de l’eau, des jerrycans, des bâches en plastique et du savon aux réfugiés. CARE fournit également un soutien et une aide psychologique aux victimes de violences sexuelles. Face à l’afflux massif de ces derniers mois, CARE a augmenté sa capacité de réponse, afin de soutenir les nouveaux-venus, et en particulier les femmes et les filles vulnérables.