03 août 2011

Sécheresse en Afrique : sauver le bétail peut sauver des vies humaines.

© CARE Sandra Bulling

Les personnes souffrant de la crise alimentaire dans la Corne de l’Afrique ont besoin d’aide d’urgence ; CARE appelle les bailleurs à soutenir les interventions actuelles visant à protéger leurs biens et à éviter que davantage de familles ne tombent dans la misère et ne souffrent de la faim.

La mise en œuvre immédiate de mesures est indispensable. A Borena, en Ethiopie, déjà plus d’un tiers des têtes de bétail sont mortes de faim. Un bon indicateur de la gravité de cette sécheresse est la perte de chèvres et de chameaux, des animaux qui sont, en temps normal, résistants à ce phénomène.

« Le bétail est vital pour les ménages pastoraux. S’ils perdent leurs animaux, ils n’ont plus rien pour nourrir leurs familles, et auront besoin d’une aide alimentaire pour survivre. Même à la fin de la crise, si le bétail est mort, ils n’auront plus rien, plus aucun moyen de gagner leur vie », explique Barbara Jackson, directrice des Affaires Humanitaires de CARE International. « Sauver le bétail et les moyens de subsistance aujourd’hui permettra aux familles de gérer cette crise, et les aidera à ne pas dépendre de l’aide alimentaire à long terme. »

Dans certaines régions de l’Ethiopie, le bétail encore en vie est trop maigre pour produire du lait ou pour être vendu sur le marché. CARE, en collaboration avec le gouvernement local, a ouvert 21 sites de déstockage permettant de redonner un semblant de valeur aux animaux émaciés et improductifs proches de la mort et d’éviter que des conflits ne surviennent en raison de la concurrence qu’il existe autour du petit nombre de pâturages.

CARE achète le bétail pour 800 Birr (47 $) par tête, et fournit du foin et de la nourriture pour sauver les animaux encore en vie. La viande des bêtes ayant été abattues est ensuite remise aux familles vulnérables souffrant de la crise alimentaire, sous contrôle des inspecteurs de l’alimentation.

« Il ne faut pas oublier que ces familles étaient vulnérables avant l’arrivée de la sécheresse ; la saison sèche n’est pas seule responsable de cette situation. La vulnérabilité chronique, la pauvreté, l’injustice sociale, les changements climatiques et les conflits ont tous leur part de responsabilité dans la récurrence des crises alimentaires dans la Corne de l’Afrique. L’augmentation brutale des prix de l’alimentaire cette année n’a pas arrangé les choses », explique Barbara Jackson. « Notre priorité n°1 aujourd’hui est de sauver des vies, mais nous devons également chercher des solutions à long terme permettant d’empêcher que ces crises ne prennent des tournures catastrophiques à l’avenir ».