14 août 2011

CARE crée des « centres d’écoute » pour favoriser la réconciliation des communautés en Côte d’Ivoire.

Laura Bellinger / CARE

Les élections de novembre 2010 ont engendré de terribles actes de violence en Côte d’Ivoire, faisant plus de 3 000 victimes et laissant de nombreuses infrastructures pillées et/ou détruites par le feu.

Malgré le retour au calme, plus de 300 000 personnes sont toujours déplacées, et ont bien souvent tout perdu. Mais ces violences qui ont déchiré le pays ne doivent pas rester taboues. Au contraire, il est nécessaire d’évoquer ce qui s’est passé pour ne pas entretenir la haine et risquer de retomber dans la violence.

C’est la raison pour laquelle CARE, en partenariat avec une association locale, a mis en place un « centre d’écoute » dans un camp de personnes déplacées de la ville de Guiglo. Ce centre d’écoute pilote représente une première étape fondamentale pour aider les personnes à entreprendre une démarche de réconciliation plutôt que de faire appel à la vengeance.

« Le pardon et la réconciliation sont possibles », explique Yawo Douvon, Coordinateur Urgences de CARE Côte d’Ivoire, qui a facilité la mise en place de ce même type de structure pour CARE au Burundi entre 2004 à 2006. « Je l’ai vu de mes propres yeux au Burundi, ces centres d’écoute s’avèrent bénéfiques pour les communautés. Les deux parties (responsables et familles des victimes) participent à des cérémonies de réconciliation où le dialogue et l’écoute sont les maîtres-mot. Il est possible de pardonner et de vivre de nouveau ensemble».

Le centre d’écoute de CARE est ouvert à tous, indifféremment de l'âge, du sexe et de la situation presonnelle. « Nous accueillons des personnes âgées comme des jeunes enfants qui ont tous vécus des expériences douloureuses », déclare Yawo avant d’ajouter que le processus de pardon et de réconciliation prend du temps « Il est nécessaire pour la communauté de dialoguer de manière approfondie et de prendre le temps qu’il faut ».

CARE Côte d’Ivoire, qui compte 80 employés à Bouaké, Korhogo, Man et Abidjan, a une expérience solide des programmes de renforcement des liens entre les différentes composantes de la société ivoirienne : musulmans et chrétiens ; cultivateurs et éleveurs ; pêcheurs nomades et pêcheurs locaux.
Les processus de paix et d’acceptation de l’autre prennent du temps, mais sont nécessaires au bon équilibre des communautés. Pour CARE, ce qui les rapproche est plus fort que ce qui les sépare.