08 novembre 2011
Kate Holt / CARE

Ci-dessous un article paru mardi 8 novembre 2011 dans La Croix, signé par le journaliste Olivier Tallès qui a interviewé Philippe Lévêque, directeur général de CARE France, sur les interventions de CARE en Afghanistan.

" Dans un pays grignoté par la loi des Talibans, ouvrir des écoles pour les filles est une bataille.

En Afghanistan, pour ouvrir une classe de filles, il faut braver la corruption, la guerre, les préjugés, l'hostilité des Talibans, le scepticisme croissant des donateurs internationaux.
Dix ans après la chute du régime taliban, des progrès ont été accomplis. En 2001, 5 000 filles étaient scolarisées. Aujourd'hui, elles sont 2,5 millions.
Plus de 5 000 écoles ont été construites. « Mais beaucoup sont des coquilles vides ou manquent de matériels et de professeurs compétents », regrette Philippe Lévêque, le directeur général de l'organisation CARE.

Pour combler le vide, l'ONG pilote des projets dans la ville de Khost, à l'est de Kaboul. Il s'agit à la fois de former des enseignantes, et d'assurer des cours dans 14 écoles secondaires de la commune. Des programmes en lien avec les objectifs du ministère afghan pour l'enseignement secondaire. Cette mission vise à délocaliser quelque peu l'aide de Kaboul. C'est en effet dans la capitale, surpeuplée, que s'est concentré l'essentiel des actions ces dernières années.
Avec la détérioration croissante des conditions de sécurité, les risques d'enlèvement, les vols de véhicules, le racket, les humanitaires avaient renoncé peu à peu à intervenir au coeur des campagnes. Autre frein à l'éducation des filles, la progression des insurgés talibans. Quand les rebelles prennent le contrôle d'un territoire, il n'est pas rare qu'ils ferment un établissement féminin et renvoient leurs professeurs.
« Il y a deux grands risques pour l'aide en Afghanistan, précise Philippe Lévêque : l'effondrement des financements et la détérioration de la sécurité. »

Positionnée sur des actions de développement comme d'urgence, CARE y a conservé un dispositif important avec 20 expatriés et 2000 salariés locaux. Présente dans près de 70 pays en Afrique, en Asie, en Amérique latine, au Moyen-Orient et en Europe de l'Est, l'ONG est l'une des plus anciennes et plus importantes organisations de secours dans le monde. "

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