19 janvier 2012

Roumanie : une semaine de manifestations contre la politique du gouvernement

Depuis 1 semaine, rassemblements et manifestations spontanés ont quotidiennement lieu à Bucarest ainsi que dans les grandes villes de province. L'élément déclencheur de ces événements a été la démission forcée, le 10 janvier dernier, de Raed Arafat, sous-secrétaire d'Etat à la santé, pour sa critique ouverte du projet gouvernemental de réforme de la santé. Sous la pression populaire, Raed Arafat a été réintégré à son poste presque aussitôt, mais le calme n’est pas revenu.

La réforme proposée vise à réduire le champ de la couverture médicale publique et à faire entrer un minimum de quatre assureurs complémentaires privés sur le marché, ce qui revient à partiellement privatiser le système.

La dure crise qui frappe le pays depuis 2008 et la politique de rigueur qui l’accompagne ont réveillé l’opinion publique roumaine. Les violents affrontements du week-end dernier, qui ont fait près de 70 blessés, apparaissent comme un fait dramatique nouveau en Roumanie et comme le signe de la souffrance des classes défavorisées.

Les manifestants réclament confusément l'arrêt des politiques d'austérité, le départ du président en place ainsi que la moralisation de la vie publique. La confiance dans la classe politique en général, qu’elle appartienne à la majorité ou à l’opposition,  se trouve au plus bas dans les sondages d’opinion.

A côté de ces revendications spontanées, l’Union de l’opposition (USL) organise à Bucarest, jeudi 19 janvier à Bucarest, un grand rassemblement baptisé « meeting pour la liberté » pour lequel sont attendues près de 10 000 personnes.

CARE France et son partenaire SERA Romania, qui développent de nombreux programmes au bénéfice des enfants roumains abandonnés et/ ou handicapés, restent très attentifs à l’évolution de la réforme du système de santé et les conséquences possibles sur leurs actions.

 (Source Cotidianul, Evenimentul Zilei, le Monde.fr, 18/01/2012)