14 mars 2012

Roumanie : L’absence d’éducation sexuelle et d’information contraceptive auprès des adolescents est un des facteurs d’aggravation de l’abandon.

© Thomas Coëx

Si la Roumanie possède un taux de fécondité des plus bas (1,29 par femme*), elle détient le record européen d’enfants nés de mères mineures (soit 43‰**). D’après l’Institut national de statistiques, ce sont près de 8 500 adolescentes qui accouchent chaque année en Roumanie, et 11% des 150 000 avortements pratiqués annuellement sont sollicités par des jeunes filles de 15 à 19 ans.

Ces adolescentes appartiennent en général à des familles éclatées ou recomposées avec un niveau d’éducation élémentaire. Elles sont aussi issues le plus souvent d’un milieu rural pauvre au sein duquel l’éducation sexuelle et l’information contraceptive s’avèrent totalement inexistantes. En effet, au cœur d’une Roumanie rurale et traditionnelle, la sexualité apparaît comme un sujet tabou dans les relations intergénérationnelles. En outre, au sein des zones les plus reculées du pays, il est souvent difficile pour ces jeunes filles d’avoir accès à des informations pertinentes ou de pouvoir se déplacer elles-mêmes afin de rencontrer le personnel des services sociaux et médicaux spécialisés.

Ce phénomène de la grossesse non désirée chez des adolescentes souvent démunies et dépendantes de leurs familles constitue un facteur aggravant du nombre de nouveau-nés abandonnés.

Depuis une dizaine d’années, CARE France, à travers son partenaire privilégié SERA Romania, développe un réseau d’équipes itinérantes de planning familial à travers le pays. Celles-ci vont à la rencontre des femmes risquant d’abandonner leur bébé dans le but d’améliorer l’accès à l’information, la contraception et le suivi social et médical (surtout gynécologique). Ce programme prévoit notamment des campagnes d’affichage et des interventions dans les écoles pour éduquer les jeunes sur ces questions. Plus de la moitié des départements du pays ont été dotés de telles équipes, permettant de réduire le nombre de grossesses non désirées et donc d’abandons. L’effort se poursuit cette année avec deux nouveaux départements.


Une assistante sociale rencontre des bénéficiaires du programme, département d'Arges.  Photo : Thomas Coëx

> Plus d’informations sur les programmes de planning familial itinérant

Sources : UNICEF, Evenementul Zilei, Revue UNICA, Ziare.com
*A titre de comparaison, les dernières statistiques de l’UNICEF nous apprennent que le taux moyen en Europe est de 1,6 et que la France et l’Italie ont un taux de fécondité respectif de 1,9 et de 1,4.
**Rapport UNICEF 2009