16 avril 2012

Crise alimentaire : le manque de pluie menace les progrès réalisés en Somalie.

© Rick Perera / CARE

CARE et 20 autres organisations humanitaires alarment sur le fait que les faibles pluies à venir en Somalie risquent de compromettre les progrès réalisés depuis la famine de l’année dernière et de prolonger la terrible crise alimentaire. Si les prochaines pluies restent insuffisantes, le nombre de personnes ayant besoin d’assistance alimentaire risque d’augmenter. Les organisations humanitaires appellent la communauté internationale à continuer de prioriser l’aide en faveur de la Somalie, sachant que l’appel lancé par les Nations Unies en début d’année reste largement sous-financé.

D’après FEWSNET (le réseau de systèmes d’alerte précoce contre la famine), les pluies devraient commencer à tomber tardivement en Somalie et être mal réparties dans l’espace et dans le temps ; il se pourrait qu’elles atteignent seulement 60% de la moyenne saisonnière. Il s’agit d’une baisse considérable par rapport aux prévisions antérieures et cela pourrait avoir de graves conséquences sur la production agricole, la régénération des pâturages et la reconstitution des ressources d’eau. Dans le pire des cas, les performances agricoles saisonnières dans l’est de la Corne de l’Afrique pourraient avoisiner celles de l’année dernière, qui ont, en partie provoqué la crise alimentaire de 2011.Si les précipitations atteignent ce niveau aussi faible, la situation pourrait s’avérer désastreuse pour les Somaliens qui souffrent toujours des effets de la sécheresse de l’année dernière..

Afin d’aider la Somalie à rester sur le chemin de la reprise, la communauté internationale doit continuer de financer l’aide humanitaire à grande échelle destinée à aider les populations à survivre. Les communautés doivent pouvoir récupérer leurs moyens de subsistance et accéder aux services de base afin de s’adapter à la sécheresse, mais également de protéger les efforts de développement mis en œuvre en Somalie ces dernières années. Davantage de financement en faveur des projets d’aide humanitaire et économique en Somalie pourrait permettre d’empêcher une catastrophe comparable à celle de l’année dernière. Mais sans ce soutien crucial, de nombreuses vies sont en danger et le coût de l’aide humanitaire pourrait augmenter de façon exponentielle si la crise s’amplifie.

L’année dernière, le monde n’a pas prêté attention aux alertes précoces concernant l’arrivée imminente de la crise et la réponse à la catastrophe a été tardive, avec pour conséquence des milliers de morts qui auraient pu être évités. La communauté internationale doit s’appuyer sur les progrès réalisés depuis, en allouant dès maintenant des fonds à cette situation et ainsi éviter qu’elle n’empire. Un plan de contingence et de renforcement des capacités de la communauté, incluant le soutien des infrastructures et le développement à long terme doit être mis en œuvre. Si le monde attend d’être certain que la région est de nouveau en crise, il sera alors trop tard.. Il faut renforcer les capacités locales d’intervention, soutenir la reprise et l’adaptation à long terme et continuer à faire de l’aide à la population somalienne une priorité.

Alors que les yeux du monde entier sont actuellement rivés sur la crise alimentaire au Sahel, il ne faut pas oublier la Somalie. En effet, bien que certains progrès aient été réalisés et que la situation nutritionnelle ait été améliorée, ces avancées demeurent fragiles étant donné que les conflits qui perdurent et l’accès difficile aux communautés affectées, entravent l’acheminement de l’aide humanitaire aux personnes dans le besoin.

Les associations humanitaires demandent aux bailleurs de modifier leurs stratégies de financement et de s’adapter au contexte de la Somalie pour aider les communautés somaliennes à se préparer aux crises futures. Pour ce faire, il est nécessaire de mettre en place un financement multiannuel flexible en faveur du soutien des moyens de subsistance, de la réduction des risques de catastrophe et des services de base, qui soit capable de s’adapter à des situations qui évoluent rapidement. Parmi les organismes signataires figurent :

- ACTED
- Aide de l’église norvégienne (NCA)
- Adeso (Solutions pour le développement africain)
- Comité international de secours (IRC)
- Conseil pour les réfugiés danois (DRC)
- Conseil pour les réfugiés norvégiens (NRC)
- CARE
- Christian Aid
- Mercy Corps
- Oxfam
- PartnerAid
- Première urgence – Aide médicale internationale (PU-AMI)
- Relief International
- Vétérinaires sans frontières Allemagne
- World Vision International

Contacts :

- Charlyne Liquito - Chargée de communication
liquito@carefrance.org
01 53 19 87 61

- Coline Clément - Assistante communication
clement@carefrance.org
01 53 19 89 92
06 03 31 65 87

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