07 août 2012

République Démocratique du Congo: les violences sexuelles sur les femmes et les jeunes filles en hausse inquiétante.

© Kate Holt / CARE

CARE lance un appel à la communauté internationale pour assurer la protection des femmes et des filles dans l’Est de la RDC alors que la zone nord Kivu entame son 4ème mois de conflit.

La récente montée en puissance des violences affecte plus de 320 000 personnes dont 200 000 personnes déplacées en RDC ou dans les pays voisins, le Rwanda et l’Ouganda.
Dans ce contexte, les femmes et les filles sont particulièrement vulnérables aux violences sexuelles.

« Le problème des violences sexuelles empire de plus en plus en RDC. Paniquées, les familles quittent leur maison alors que les combats se rapprochent. Les femmes et les filles fuient également pour échapper aux violences sexuelles. Certaines d’entre elles ont déjà été victimes d’attaques physiques terribles, comme le viol » déclare Yawo Douvon, directeur pays de CARE en République Démocratique du Congo.

« Le nombre de cas de violences sexuelles ne cesse d’augmenter depuis le début du conflit en avril dernier. Les violences sexuelles sont endémiques dans l’est du RDC mais cette fois, c’est la plus grave situation que nous ayons vu depuis des années » continue Yawo Douvon.

Travaillant avec les communautés et dans les camps, CARE a pu fournir un soutien aux victimes de ces violences sexuelles et prévenir certains cas ces atrocités. En collaboration avec des partenaires, CARE mène actuellement 4 projets de prévention et de soutien aux victimes de ces violences. Mais hélas, ces efforts ne sont pas suffisants.

Le nombre exact des cas de violences sexuelles est difficile à obtenir. Une culture du secret empêche souvent les femmes d’aller se faire soigner après avoir été violées.

Dans les zones les plus affectées par le conflit, l’insécurité rend difficile à CARE et aux autres ONG l’accès aux centres de soins pour récolter ces données. De nombreuses routes reliant les principales villes aux villages alentours sont dangereuses à cause de la présence de groupes armés.

CARE demande à ce que l’accès aux populations dans le besoin soit amélioré ainsi que la prévention et les soins aux victimes de violences sexuelles. De plus, CARE met en lumière les besoins urgents de :
• Renforcer la sécurité des personnes déplacées (par exemple via la mise en place d’éclairages adaptés autour des installations sanitaires).
• La mise en place d’un système plus efficace de suivi des personnes déplacées et hébergées dans des communautés.
• Continuer à soutenir la réponse coordonnée (en cluster) des acteurs humanitaires pour s’assurer de la bonne répartition des services auprès des populations affectées.
• S’assurer que les autorités locales et les forces de sécurité soient redevables et qu’elles fournissent des services d’aide aux victimes des violences et aux autres groupes vulnérables.
• Inclure les hommes dans la prévention et pour la réduction des violences sexuelles.
• Améliorer l’accès des victimes de ces violences aux services sanitaires, juridiques et psychologiques.
• Que toutes les parties impliquées dans ce conflit respectent les accords internationaux de protection, notamment ceux concernant l’utilisation de la violence sexuelle comme une arme de guerre.

« Je travaille chez CARE depuis 2006 et la situation actuelle ressemble de plus en plus à la situation dramatique des combats de 2008 » déclare Drocella Munderere, spécialiste des questions de violences sexuelles à CARE RDC.

Près de 20 000 congolais ont fui vers le Rwanda voisin et 11 000 d’entre eux ont été transférés au camp de réfugiés de Kigeme. Là-bas, CARE mets en place des systèmes de gestion des déchets pour les réfugiés et procure des soins et une assistance aux personnes victimes de violences sexuelles.

Le nombre de personnes fuyant vers l’Ouganda est en constante augmentation et est pour l’heure actuelle estimé à plus de 30 000. CARE Ouganda suit l’évolution de la situation de près et se prépare à une réponse d’urgence pour venir en aide aux réfugiés.

Contacts:

Charlyne Liquito – Chargée de Communication
liquito@carefrance.org – 01 53 19 87 61

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