23 novembre 2012

République démocratique du Congo : la nouvelle vague de violence rend plus difficile l'accès aux victimes de violences sexuelles.

À l’approche de la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes (25 novembre), CARE avertit que de nombreux cas de viol, de sévices et de torture ne peuvent être signalés et traités en raison des restrictions de sécurité causées par la récente flambée des combats au Nord-Kivu.

©CARE/ Kate Holt / 11.2012

Les femmes, premières victimes des violences. 

La peur et la violence règnent dans de nombreuses régions de l'Est du Congo et les femmes et les jeunes filles portent le plus lourd tribut. En allant chercher du bois et de l'eau, elles courent constamment le risque d'être attaquées, violées et même tuées par les différents groupes armés qui circulent dans la région. Les zones rurales sont particulièrement difficiles à atteindre par les équipes médicales, les conseillers et les animateurs communautaires du fait de la recrudescence des violences. Ainsi, les organismes n'ont pas suffisamment de données pour localiser et traiter les cas de violence et d'abus sexuels. « La collecte des données est très difficile », explique Douvon de CARE. « Mais les rapports de notre personnel sur le terrain et nos partenaires montrent une augmentation du nombre de cas, en particulier dans les zones qui ont connu d’importants mouvements de population. »

À Masisi et à Rutshuru, les équipes de CARE signalent une hausse significative des viols et autres actes de violence.

« La souffrance ne se termine pas lorsque les violeurs laissent la femme en vie », explique Yawo Douvon, directeur national de CARE en République démocratique du Congo. Pour venir en aide aux victimes de violence sexuelle, CARE a recours à une approche intégrée en fournissant des soins médicaux et du soutien psychologique. CARE aide également les victimes à gagner leur vie par le biais des associations villageoises d'épargne et de crédit. Cela permet aux femmes de se remettre sur pieds et réduit la stigmatisation et l'exclusion sociale liées à la violence sexuelle.

CARE demande le respect des droits des femmes.

CARE appelle toutes les parties à respecter les engagements pris dans le cadre de la Résolution 1820 du Conseil de sécurité des Nations Unies en vue de protéger les femmes victimes de violence sexuelle et sexiste, notamment en assurant l'accès aux services de base, en luttant contre l'impunité et en s'engageant dans des efforts de prévention.
Tous les acteurs humanitaires doivent pouvoir se rendre sans restriction auprès des populations victimes d'insécurité et de violence généralisée, afin de pouvoir porter assistance à la population civile avec des services d’urgence et de conseils.

CONTACT MEDIAS :

Laury-Anne Bellessa
01 53 19 89 92
 bellessa@carefrance.org
* CARE met à la disposition des médias des photos réalisées par des professionnels dans la région de Goma.

> Pour télécharger le communiqué de presse. 

A propos de CARE France :

Créée en 1983, CARE France conduit 200 projets dans 30 pays. Les femmes sont au cœur de nos actions car elles sont un levier essentiel dans la lutte conte la pauvreté.
CARE et ses partenaires locaux mettent en œuvre des programmes de développement à long terme et des interventions d'aide humanitaire dans les pays des Grands Lacs (RDC, Ouganda, Rwanda et Burundi), y compris des programmes visant à prévenir la violence sexuelle et sexiste. Ils apportent aussi un soutien aux victimes.
Plus d’informations sur www.carefrance.org

Contexte :

Le 25 novembre marque la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes et vise à mettre en évidence la lutte permanente des femmes à travers le monde. On estime que 70 % des femmes et des jeunes filles sont soumises à des violences physiques au moins 1 fois dans leur vie. Dans son travail humanitaire, CARE met un accent particulier sur les femmes et les filles et les aide à reconstruire leurs moyens de subsistance, à récupérer leurs droits et à rester en bonne santé.