29 novembre 2012

Le changement climatique, la prochaine urgence humanitaire.

Doha, 29 novembre 2012. L'ONG CARE et l'Université des Nations Unies ont présenté ce matin, lors de la 18e conférence des Nations Unies sur les changements climatiques, les résultats de l'étude Where the Rain Falls qui analyse les interactions entre variabilité des précipitations, sécurité alimentaire et déplacements de populations dans huit pays en développement.

L'heure tourne.

Si les taux actuels des émissions de CO2 nous amènent à un réchauffement climatique de 3,5° à 6°C d'ici 2100, les impacts du réchauffement climatique sont d'ores et déjà visibles. Près de 900 millions de personnes dans le monde souffrent d'insécurité alimentaire et cette situation ne va faire que s'empirer du fait de l'augmentation de la fréquence et de l'intensité des phénomènes météorologiques, tels que les sécheresses et inondations.

Alors que l'année 2012 marque la fin de la première période du protocole de Kyoto, l'ONG CARE lance un appel aux gouvernements à prendre de nouveaux engagements internationaux contraignants en matière de réduction des émissions de gaz à effets de serre.

CARE demande aussi que les objectifs pour la période post ODM intègrent ces enjeux.

Comment les populations adaptent-elles leurs comportements pour gérer les défis du changement climatique et les risques d'insécurité alimentaire ?

2012 / CARE

CARE, qui développe des projets de réduction des risques de catastrophe et d'adaptation sur le terrain, a lancé en 2011 une étude sur ce sujet dans huit pays d'Asie (Bangladesh, Inde, Thaïlande, Vietnam), d'Afrique (Ghana, Tanzanie) et d'Amérique Latine (Guatemala, Pérou).

Cette étude a confirmé que la variabilité des précipitations et l'insécurité alimentaire sont des facteurs de mobilité humaine.

Quels sont les foyers qui migrent ? Quand migrent-ils ? Où vont-ils ?

Si l'étude démontre que les femmes et leurs familles se déplacent de plus en plus, les résultats mettent également l'accent sur la vulnérabilité économique et sociale des femmes laissées seules alors que les hommes sont partis pour trouver des revenus complémentaires. Pour CARE, il est donc plus que jamais important d'intégrer la question du genre aux stratégies d'adaptation.

L'étude a aussi confirmé la conclusion du rapport Foresight (2011) qui indiquait que certaines populations sont prises au piège du changement climatique. Il s'agit des populations les plus vulnérables, ne possédant pas de terres, dépendant de l'agriculture, n'ayant pas accès à l'éducation et n'ayant aucune option pour s'adapter aux variations de précipitations.

Les urgences du climat.

« Si les décideurs politiques nationaux et internationaux n'agissent pas rapidement pour limiter le réchauffement climatique et aider les communautés rurales à s'adapter, les conséquences humanitaires et politiques ne vont cesser de s'aggraver », déclare Philippe Lévêque, directeur général de CARE France.

Where the Rain Falls a ainsi crée un modèle afin d'explorer des scénarios de migrations selon différentes hypothèses de précipitations pour les décennies à venir.

«L'étude de cas développée dans ce rapport est la Tanzanie. Les résultats montrent que les migrations pourraient doubler dans les 25 prochaines années, pour le scénario de sècheresse le plus extrême », explique le Professeur Koko Warner, directrice scientifique du projet pour l'Université des Nations Unies.

Créer un lien entre recherches scientifiques et débats politiques sur le changement climatique.

Where the Rain Falls veut créer un lien entre recherches scientifiques et débats politiques sur le changement climatique.

« Les conclusions du rapport'Where the Rain Falls' proposent des directions politiques et des actions concrètes afin d'alimenter et renforcer les politiques d'adaptation au changement climatique. », ajoute Kevin Henry, coordinateur du projet pour CARE France.

Ainsi, le rapport préconise de faciliter la coordination mondiale et régionale par le biais du Comité de l'adaptation pour permettre aux pays en voie de développement d'avoir accès aux aides et de mettre en place des plans nationaux d'adaptation pertinents.

2004 / CARE Josh Estey

CARE s'inquiète cependant du manque de financement public pour développer ces politiques d'adaptation.

Les fonds disponibles ne sont pas à la hauteur des enjeux actuels et le fonds vert est toujours vide. Ainsi, la taxe française sur les transactions financières qui devrait rapporter 4,8 milliards d'euros sur 3 ans ne bénéficiera que très peu au développement. Seulement 110 millions seront dédiés au climat entre 2013 et 2015 alors que l'objectif mondial pour le Fond Vert est de 100 milliards à horizon 2020.

Des projets concrets.

Suite aux conclusions de cette étude, CARE va développer des actions d'adaptation au changement climatique en 2013.

Elles impliqueront la participation des communautés en Inde, Pérou, Tanzanie et Thaïlande.

CONTACT MEDIAS

Laury-Anne Bellessa
01 53 19 89 92
bellessa@carefrance.org

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Le projet Where the Rain Falls est soutenu financièrement par la fondation MacArthur et le Groupe AXA.

« Nous sommes convaincus que cette étude va permettre de mieux se préparer aux changements et aux risques climatiques. AXA va poursuivre son engagement aux côtés de CARE afin de participer à la réduction des impacts économiques et humains des catastrophes naturelles dans les pays à risque grâce à la recherche, l'éducation et la prévention », a déclaré Alice Steenland, directrice de la responsabilité d'entreprise du Groupe AXA.