02 janvier 2013

Philippines. CARE fait le point sur les besoins des populations affectées par Bopha.

Un mois après le passage du cyclone Bopha qui a dévasté le sud des Philippines, Celso Dulce, membre de CARE Philippines et chargé des réductions des risques de catastrophes naturelles, fait le point sur les besoins des populations.

CARE / 2012

Le cyclone Bopha a affecté plus de 6 millions de personnes. Quels sont leurs besoins les plus urgents ?


Les besoins les plus urgents sont la nourriture et le rétablissement des moyens d'existence. La plupart des personnes affectées travaillaient dans des petites exploitations agricoles ou des grandes plantations de bananes, de noix de coco ou d’huile de palme. Entre les lignes de cocotiers, les petits fermiers faisaient pousser des légumes pour nourrir leur famille. Le cyclone Bopha a tout détruit.
Aujourd’hui, les gens dépendent de l’aide alimentaire. Du riz, des nouilles instantanées et des boites de sardines sont distribués mais les gens nous demandent des légumes.
Il va falloir attendre un an pour que les plantations de bananes et de noix de coco repartent. Il faudra trois ans ou plus pour les plantations d’huile de palme. Les populations ont besoin d’aide pour remplacer les semences, les équipements et les intrants agricoles détruits par Bopha. Si on prend en considération le calendrier agricole, cette aide doit être apportée durant le mois de janvier 2013.

Quelle est la situation des femmes et des filles ?

Pour les femmes, la préoccupation c’est de trouver de quoi manger pour assurer les repas de la famille.
La scolarisation des enfants est aussi affectée, car non seulement, les bâtiments ont été détruits mais les familles ont également perdu leur source de revenu pour payer les frais de scolarités.

Y a-t-il des risques d’épidémie ?

On a déjà reporté des cas de diarrhée dans la région du Davao Oriental. Les évaluations conduites révèlent qu’il y a un fort degré de contamination des sources d’eau dans cette région.
Les femmes craignent que leurs enfants tombent malades. Les mauvaises conditions de logements les exposent à la chaleur et au froid. De nombreux enfants souffrent déjà de rhume et de fièvre. Ils ne sont pas non plus protégés contre les moustiques. Le manque d’eau potable est également vecteur de maladies. Or, les centres de soins communautaires ne fonctionnent plus.

Quelle est la réponse apportée par CARE et ses partenaires ?

CARE et ses partenaires locaux collaborent avec 5 autres ONG internationales (ACF, Plan International, Oxfam, Save the Children et Merlin) afin de répondre aux besoins des familles les plus vulnérables dans les régions les plus touchées.  CARE se concentre sur les zones de montagne qui sont difficiles d’accès et reçoivent donc moins d’assistance : les villes de Talacogon, San Luis et La Paz dans la région d’Agusan del Sur, les villes de Boston et Cateel en Davao Oriental, la ville de Montevista dans la vallée de Compostela.
Nous apportons de la nourriture, des abris et des biens de première nécessité (produits d’hygiène comme du savon, des couvertures, ou des ustensiles de cuisine). Nous concentrons également notre action sur la restauration des systèmes d’eau et d’assainissement. En ce qui concerne la santé, nous sensibilisons les populations sur les pratiques d’hygiène. Les bénéficiaires sont impliqués dans la mise en place et la distribution de cette aide d’urgence.
Une stratégie de réduction des risques de catastrophes naturelles est également intégrée dans la réponse que nous apportons. Nous fournissons des informations sur la manière de se préparer individuellement et communautairement. CARE sensibilise également les familles sur la manière de reconstruire leur maison en incorporant des mesures de réduction des risques tels que le choix de l’emplacement ou les techniques de construction.

Les aides financières internationales sont-elles suffisantes pour répondre aux besoins ?

Le gouvernement philippin a d’ores et déjà dépensé 4,5 millions de dollars américains. L’ONU a dégagé 65 millions de dollars afin de fournir une aide immédiate à 480 000 personnes. Cependant, les fonds actuellement disponibles ne sont pas suffisants. C’est pourquoi, le gouvernement philippin et l’ONU ont lancé, en décembre 2012, un appel pour une aide internationale. Les gouvernements et agences d’aides ont promis 20 millions de dollars.

Les cyclones sont récurrents aux Philippines. Comment les personnes peuvent-elles se protéger ?
Les zones affectées par Bopha au sud des Philippines sont rarement touchées. Le manque de préparation des communautés et des autorités locales et la dégradation de l’environnement du fait de pratiques agricoles non durables expliquent en partie l’ampleur du désastre. L’engagement de CARE dans les régions d’Agusan del Sur et la Vallée de Compostela a démontré que des stratégies d’adaptation au changement climatique et de restauration des écosystèmes permettent de réduire l’impact des catastrophes naturelles.

Les dégâts moindres dans la ville de Saint Bernard dans la région Leyte du Sud ainsi que dans certains villages de la région d’Agusan del Sur et Bukidnon ont démontré que les populations sont mieux protégées quand elles sont conscientes des risques locaux et ont une connaissance de la manière de réagir avant, durant et après une catastrophe.
Il est essentiel que les communautés travaillent avec les autorités locales pour développer des stratégies comprenant des systèmes d’alerte et des plans d’évacuation.

CONTACT MEDIAS 

Laury-Anne Bellessa
        01 53 19 89 92      
bellessa@carefrance.org