06 février 2013

Excision, parlons-en ! CARE s'associe à un mouvement national contre l'excision.

Dans le monde, on estime que 3 millions de filles, pour la majorité de moins de 15 ans, sont soumises à cette pratique chaque année. 140 millions de filles l'ont déjà subie.

En cette journée internationale contre les mutilations génitales, des ONG engagées pour la défense des droits des femmes s'associent afin de renforcer la lutte contre la pratique de l'excision.

Stéphanie Sinclair

Quels sont les objectifs de ce rassemblement ?

Excision, parlons-en ! est un rassemblement d'associations, spécialisées sur cette thématique en France ou dans le monde, et d'acteurs de la société civile (institutions nationales et internationales, auteurs, journalistes, etc.).

Ce mouvement, lancé le 1er février 2013, vise à :

  • accroître la compréhension de cette pratique en rassemblant les informations (chiffres, pratiques, fondements, actions et actualité) sur un site internet excisionparlonsen.org.
  • mettre en synergie les initiatives autour de l'excision afin de diffuser les bonnes pratiques.
  • favoriser la mobilisation des acteurs institutionnels nationaux et internationaux, notamment par l'organisation d'un colloque international en 2014.

Qu'appelle-t-on excision ?

L'excision recouvre « toutes les interventions incluant l'ablation partielle ou totale des organes génitaux externes de la femme ou autre lésion des organes génitaux féminins pratiquées pour des raisons non médicales »* .

Elle ne présente aucun avantage pour la santé. Au contraire, pratiquée dans des conditions d'hygiène souvent précaires, l'excision est à l'origine d'infections multiples et peut entraîner la stérilité. Les femmes qui ont subi l'excision ont également de fortes chances d'accoucher par césarienne et le taux de mortalité de leurs enfants est 50 % plus élevé. L'excision peut également être source de désordres psychologiques.

Où pratique-t-on l'excision ?

L'excision serait pratiquée dans 29 pays d'Afrique et du Moyen Orient et, dans une moindre mesure, dans certaines communautés en Asie (Malaisie, Indonésie, Irak, Inde, Pakistan), en Amérique du Sud (Colombie, Pérou) ainsi que parmi les communautés de la diaspora dans les pays occidentaux (Europe, USA, Canada et Australie).

Pourquoi pratique-t-on l'excision ?

  • Raisons d'ordre sociologique : L'excision - en prévenant le désir sexuel, empêcherait les expériences sexuelles prénuptiales puis les relations adultérines - garantissant ainsi l'honneur de la famille et du mari.
  • Raisons d'ordre religieux : L'excision est pratiquée par de nombreuses communautés (animistes, chrétiens, juifs, musulmans), cependant aucune religion ne la prescrit. Cette pratique a d'ailleurs précédé l'apparition des grandes religions monothéistes.
  • Raisons d'ordre coutumier : Pratiquer l'excision permettrait de perpétuer une tradition et de protéger une identité d'un groupe social.

Comment CARE lutte contre l'excision ?

CARE combat la pratique de l'excision par des actions de lobbying auprès des instances politiques et sociales des pays dans lesquelles elle travaille.

En 2006, CARE avait participé au financement d'une conférence internationale sur les mutilations génitales au Mali à l'issue de laquelle le gouvernement malien avait ratifié le protocole de Maputo, s'engageant ainsi à « interdire par des mesures législatives, assorties de sanctions, toutes formes de mutilations génitales féminines ».

CARE organise également des actions de sensibilisation auprès des communautés.

«L'excision est profondément ancrée dans les cultures. Son abandon prendra du temps. CARE travaille avec les communautés afin d'encourager un dialogue sur les effets dramatiques engendrés par l'excision »

, précise Philippe Lévêque, directeur de CARE France.

CONTACT MEDIAS

CARE : Laury-Anne Bellessa
01 53 19 89 92

EXCISION, PARLONS-EN !
06 62 05 69 64

* définition de l'Organisation Mondiale de la Santé

Stéphanie Sinclair, lauréate du grand prix CARE du reportage humanitaire 2008.