07 mars 2013

CARE s'adapte au contexte et aux cultures locales afin d'amener les hommes et les garçons à réfléchir à la violence sexuelle et liée au genre et à remettre en cause les normes sociales qui la favorisent et l'entretiennent.

La plupart des premiers projets de CARE luttant contre les violences sexuelles et liées au genre se concentraient uniquement sur des groupes de femmes. Au fur et à mesure, les femmes elles-mêmes ont exprimé le besoin d'élargir les groupes. Elles se sentaient, en effet, plus autonomes, mais toujours isolées, incapables de susciter des changements plus larges au sein de leur communauté.

Un membre du projet au Sri-Lanka expliquait : « Parler seulement aux femmes ne suffit pas. Les femmes [de ces communautés] manquent déjà de pouvoir et sont peu acceptées socialement. Nous ne pouvons leur demander de combattre seules la violence sexuelle et liée au genre.»

Depuis, de nombreux bureaux CARE ont développé des stratégies efficaces pour faire des hommes des alliés dans la lutte contre les violences faites aux femmes. Le défi est d'impliquer les hommes sans renforcer les valeurs et structures patriarcales.

Une nouvelle perception du rôle des femmes et des hommes au Burundi

« Avant, je ne comprenais pas comment un homme qui ne battait pas sa femme pouvait être appelé un homme » , Salvator Bigirimana, membre d'Abatangamuco au Burundi

Au Burundi, CARE a mené des séances de sensibilisation sur la perception des rôles et des relations entre hommes et femmes. Des hommes ont décidé, de leur propre initiative, de diffuser ces enseignements à d'autres villages.

Lorsqu'un homme est connu pour son comportement violent envers sa femme, les membres d'Abatangamuco - « ceux dont la lumière brille » lui rendent visite pour lui raconter comment ils se sont interrogés sur la place des hommes et des femmes au sein de leurs familles. Ils tentent ainsi de le convaincre de changer sa perception du rôle des femmes.

Renégocier les normes sociales

L'Institut de Recherche sur la Paix d'Oslo a décrit l'action menée par ce groupe comme un travail de renégociation " plus qu'un travail visant à transformer complètement la perception des hommes au Burundi des rôles liés au genre"*. Pour citer un membre de ce club :

« Pour beaucoup d'hommes, devenir un membre d'Abatangamuco représente une nouvelle façon de se percevoir en tant qu'homme. Une des raisons de ce succès provient du fait que les valeurs prônées par le groupe, bien que très éloignées des modèles masculins traditionnels, correspondent à d'autres idéaux de la société burundaise. »

*Wallacher, Hilde (2012). Engaging Men: The Abatangamuco and Women's Empowerment in Burundi. Peace Research Institute Oslo

Sensibiliser les hommes au Rwanda

« Dans notre groupe, nous parlons de la répartition des tâches ménagères au sein du foyer. Quand les gens me voient chercher de l'eau, ils demandent "Pourquoi cet homme porte-t-il un jerrycan sur sa tête ?". Ils disent que j'ai été empoisonné.»
- Fidèle Bucyanayandi, membre d'un groupe associant activités de planning familial et de crédit-épargne dans le district de Gatsibo au Rwanda.

Découvrez le témoignage de Fidèle Bucyanayandi, Rwanda. 15 février 2013

En savoir plus sur la stratégie de CARE contre les violences faites aux femmes

Pour découvrir l'action de CARE auprès des adolescents dans les Balkans

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