07 mars 2013

CARE France développe un réseau de volontaires CARE en ActioN (CAN) qui se mobilisent à travers des pétitions et campagnes pour relayer les messages de plaidoyer. Une équipe de CARE France était à Washington DC du 3 au 9 mars 2013 pour un partage d'expériences avec le CAN de CARE USA. Retrouvez le journal de bord d'Enguerrand, Volontaire Référent du CAN de CARE France, qui était à Washington.

Le développement du CAN, inspiré des succès rencontrés par CARE USA dans ce domaine, est une priorité pour CARE France en 2013. Grâce à un financement de l'Ambassade de France à Washington, CARE France et CARE USA vont mutuellement renforcer leurs capacités de mobilisation citoyenne à travers un projet mis en œuvre entre mars et mai 2013. Il sera articulé autour de trois grands axes : échanges d'expériences, partages de connaissances, et appropriation des outils de mobilisation et de structuration du réseau CAN.

Ce projet permettra au CAN de CARE France, en partenariat avec d'autres ONG, d'accroître l'impact du plaidoyer en faveur du développement en relayant les messages provenant des Bureaux-Pays de CARE sur le terrain.

Le projet débute par un voyage d'étude à Washington DC du 3 au 9 mars 2013 pour le Directeur Général et la Chargée de mission Plaidoyer de CARE France et un Volontaire Référent du CAN lors de la conférence annuelle de CARE USA autour de la journée internationale des femmes. Cela leur a permis de se familiariser avec le fonctionnement du CAN de CARE USA, et avec les processus décisionnels américains. En retour, CARE France accueillera à Paris la responsable de mobilisation citoyenne et un volontaire référent du CAN de CARE USA, afin qu'ils comprennent mieux les processus décisionnels français et européens. A cette occasion, une journée d'action citoyenne sera organisée dans les rues de Paris pour laquelle les volontaires CAN seront sollicités.

Restez à l'écoute !

En France comme aux Etats-Unis, CARE impliquera dans les activités du projet des représentants d'autres ONG disposant de réseaux de citoyens pour le plaidoyer, et participant à des coalitions nationales d'ONGs (Coordination SUD en France, et Interaction aux Etats-Unis).

L'équipe en partance pour Washington

Enguerrand, 24 ans, a été retenu comme Volontaire Référent du CAN de CARE France pour participer à ce projet. Breton d'origine, Enguerrand a obtenu un Master en Solidarité internationale et Action Humanitaire de l'Université de Lille 2. Ayant pour objectif de travailler dans les domaines du développement et de l'humanitaire, Enguerrand a fait un stage au sein de l'équipe Programmes de CARE France de mai à novembre 2012. Il connaît donc bien l'association, le réseau CARE International et ses programmes.

Pendant son stage, il a également accompagné et animé le réseau CAN. A quelques jours du départ, Enguerrand nous parle de ses attentes par rapport à ce projet :

« Nous allons rencontrer l'équipe chargée du CAN de CARE USA et nous aurons la chance de suivre de nombreux volontaires américains lorsqu'ils iront à la rencontre de leurs élus, au sein du Congrès américain, pour leur faire passer des messages de plaidoyer et tenter d'attirer leur attention sur des sujets chers à CARE.
Le CAN de CARE USA ayant atteint un stade de maturité, nous pourrons profiter de ce voyage pour étudier et analyser les techniques d'animation, les modes d'organisation et les moyens d'action du CAN américain afin de s'en inspirer et d'en retirer le meilleur.
Nous remercions l'Ambassade de France à Washington pour son soutien financier qui rend possible cette unique opportunité de partage d'expériences et de bonnes pratiques. En intégrant les leçons apprises du CAN américain et en adaptant ce modèle au contexte français, CARE France sera en mesure d'améliorer la portée et la qualité de son réseau de mobilisation citoyenne.
J'aborde la semaine prochaine avec beaucoup d'enthousiasme et ne manquerai pas, une fois sur place, de vous tenir informés chaque jour de nos activités en publiant des « posts » sur le site de CARE France. »

Fanny, 28 ans, est Chargée de mission Plaidoyer chez CARE France. Originaire d'un petit village de l'Ain et diplômée de Science Po Grenoble et de l'Institute of Social Studies de La Haye, Fanny a rejoint la famille CARE International (CI) en 2008. Elle a d'abord travaillé au Secrétariat Général de CI à Genève puis est partie deux ans au Cameroun en tant que Chargée d'appui aux programmes. Basée à Yaoundé, Fanny a contribué à la rédaction de propositions de projets, à la gestion et au suivi de la qualité de projets dans les domaines de la prévention du VIH, la santé maternelle et infantile, l'eau et l'assainissement.

En février 2013, Fanny a rejoint l'équipe de CARE France pour assurer le relais de messages de plaidoyer (femmes et conflits, santé maternelle, sécurité alimentaire, changement climatique) auprès des décideurs, des médias et du public en général, appuyer les bureaux-pays de CARE à développer le plaidoyer sur le terrain et pour contribuer à la structuration du réseau CAN.

« Le CAN de CARE France est encore en devenir. L'objectif de notre semaine à Washington est d'observer et d'appuyer l'organisation et le travail des volontaires du CAN de CARE USA sur le « terrain » !
Dès notre retour à Paris, nous élaborerons un plan d'action pour le CAN français et contacterons les volontaires pour mieux se connaître, présenter la philosophie et le travail de CARE et planifier nos mobilisations pour 2013, une année-clé pour CARE France puisque l'association fête ses 30 ans ! »

N'hésitez pas à visiter le site de CARE France pendant la semaine du 4 mars pour aller sur les pas d'Enguerrand sur la colline du Capitole !

Lundi 4 et mardi 5 mars

Here we are ! Nous sommes à Washington depuis dimanche soir. Voici un court récit de notre planning de ce début de semaine. Cliquez pour lire +

Lundi après-midi, Fanny Petitbon, chargée de plaidoyer pour CARE France, et moi, Enguerrand, volontaire du CAN de CARE France, avons rejoint Philippe Lévêque, Directeur Général de CARE France, à l'Ambassade de France à Washington, pour rencontrer Irène Serot-Almeras, Chargée de la Mission pour la Coopération Non Gouvernementale, qui suit le projet de « Renforcement de la mobilisation citoyenne de CARE France et CARE USA » depuis ses premiers pas.

Mardi 5 mars, nous avons rencontré David Ray, Directeur du Plaidoyer chez CARE USA, qui a participé à la création et au développement du CAN américain. Nous avons ensuite échangé avec Giulia McPherson, Directrice Adjointe en charge de la mobilisation citoyenne chez CARE USA, qui s'occupe du CARE Action Network (CAN) américain depuis plusieurs années. Son équipe de 5 coordinateurs régionaux encadre environ 170 000 volontaires CAN à travers tout le territoire américain. Giulia nous a fait part des multiples moyens utilisés pour faire passer des messages auprès des décideurs politiques américains.

L'ensemble des coordinateurs régionaux du CAN de CARE USA ainsi que d'autres membres du bureau de Washington DC nous ont rejoints pour passer en revue le planning des rendez-vous de ce jeudi avec les membres du Sénat et de la Chambre des Représentants ou de leurs équipes (plus de 130 rencontres ont été confirmées).

En fin de journée, nous nous sommes rendus à une réception diplomatique organisée par l'Ambassade de France à Washington, qui a permis notre présence ici. Cette réception a marqué le lancement de la Conférence Annuelle de CARE USA à l'occasion de la journée internationale des femmes. Après le discours introductif d'Helene Gayle, la Directrice Générale de CARE USA, qui a rappelé que les premiers « colis CARE » avaient été envoyés par les Etats-Unis aux Français et souligné les liens très forts entre nos deux pays, ce fut au tour de l'Ambassadeur de France aux USA François Delattre de prendre la parole et de souligner la pertinence du travail mené par CARE sur le terrain.

Nous avons ensuite pu visionner la bande-annonce d'un documentaire intitulé Girl Rising qui suit le parcours de 10 jeunes filles à travers le monde et décrit les défis qu'elles rencontrent au quotidien et le courage avec lequel elles y font face. Parmi ces jeunes filles, certaines sont des bénéficiaires de programmes CARE. N'hésitez pas à aller voir la bande-annonce de ce film qui ne laisse pas indifférent : http://girlrising.com/#trailers-scenes-clips

Mercredi 6 mars

"You can make a difference. It is your voice telling a story." (Bill Frist) Cliquez pour lire +

Le matin, Philippe Lévêque, Fanny Petitbon et moi-même avons participé au premier jour de la Conférence nationale de CARE USA. 240 volontaires du CAN représentant 37 Etats fédéraux ont pu bénéficier de conseils sur la manière de communiquer efficacement et d'illustrer leurs propos d'exemples concrets du travail de CARE sur le terrain, afin de maximiser l'impact du plaidoyer qui sera fait auprès des élus du Congrès ce jeudi.

L'ancien Sénateur démocrate Bill Frist a rappelé aux volontaires du CAN qu'ils ont un rôle crucial à jouer en tant que citoyens pour influencer leurs élus sur les 2 thématiques-clés identifiées par CARE pour cette année : 

  • le maintien du niveau du budget alloué à l'aide au développement (1% du budget fédéral) 
  • la mise en œuvre effective de la stratégie de lutte contre les violences basées sur le genre définie par l'Administration Obama et son intégration systématique dans les programmes de développement.

Chaque groupe de volontaires du CAN prépare ses stratégies, ses arguments, en fonction du profil des élus et de leurs récentes prises de position. Le groupe de Fanny (Californie) et le mien (Minnesota) rencontreront des élus proches des préoccupations de CARE.

Réparties sur l'ensemble de la journée, les sessions de formation ont abordé divers thèmes. Ces sessions avaient pour but :

1/ galvaniser les volontaires :

  • L'engagement peut parfois paraitre frustrant car on peut difficilement mesurer l'impact du plaidoyer. Mais l'action reste efficace et c'est parfois grâce aux échanges avec les élus que ceux-ci vont saisir l'importance de l'aide au développement, s'intéresser à la lutte contre les violences liées au genre et entreprendre des actions qui vont permettre d'aider les plus vulnérables.
  • Les membres du Congrès restent attentifs à ce que pensent les électeurs de leurs circonscriptions donc plus les volontaires sont nombreux et convaincants, plus ils seront entendus.

2/ partager des méthodes et des conseils :

  • Pour maximiser les rencontres avec les élus : être concis, respecter leur emploi du temps chargé, partager des statistiques, éviter la confrontation, raconter des histoires individuelles positives afin de donner un exemple tangible de l'impact des programmes de CARE, etc.
  • Pour diversifier les techniques de plaidoyer : rencontres avec les élus locaux, mobilisation sur les réseaux sociaux, publications dans la presse, etc.

3/ de donner du contenu : Trois sessions ont donné l'opportunité aux volontaires du CAN d'obtenir de lamatière (chiffres, histoires personnelles, etc) pour leurs échanges de jeudi.

  • Sur la question des violences liées au genre : 1 femme sur 3 dans le monde sera l'objet de violences à un moment donné de sa vie. CARE travaille étroitement avec les hommes et les garçons pour prévenir ces violences.
  • Sur la question du budget alloué à l'aide au développement : les pays européens consacrent en moyenne de 0,5% (0,46% pour la France) de leur PNB à l'aide au développement tandis que le niveau d'investissement des Etats-Unis dans ce domaine atteint 0,1% et est aujourd'hui sérieusement menacé par des coupes budgétaires. Il s'agira pour les volontaires du CAN d'expliquer à leurs élus pourquoi il leur semble essentiel de conserver un budget relativement conséquent pour la lutte contre la pauvreté à travers le monde.
  • Plusieurs salariés de CARE ayant travaillé ou travaillant encore sur le terrain (Sri Lanka, Inde, Caucase, Cameroun) ont raconté leurs expériences personnelles en tant que travailleur humanitaire.

En fin de journée, Dana Bash, Correspondante de CNN au Congrès a partagé son expérience du Capitole et retranscrit l'état d'esprit alors que des coupes budgétaires vont sûrement être effectuées faute de consensus entre les élus des deux partis. La journée a été clôturée par la remise du « I am Powerful » award à une volontaire CAN originaire d'Alabama qui a su attirer l'attention de sa communauté sur les questions de pauvreté et convaincre un de ses élus locaux d'envoyer un membre de son équipe visiter les programmes de CARE sur le terrain.

Nous avons partagé le même enthousiasme face à l'engagement des 240 volontaires du CAN qui n'ont pas hésité à consacrer de leur temps pour faire entendre dans leurs communautés la voix de ceux qui se battent au quotidien en Afrique, en Asie, en Amérique latine ou ailleurs... Nombre d'entre eux sont des activistes convaincus soutenant plusieurs ONG ou « charities ». May their voices be heard tomorrow !

Jeudi 7 mars

La journée d'action du CAN sur Capitol Hill Cliquez pour lire +

Avec les 240 volontaires du CAN américain présents à Washington, nous venons de passer la journée sur la colline de Capitole, là où bat le cœur de la vie politique américaine. Les Etats-Unis disposent d'un Congrès formé de 2 chambres : le Sénat et la Chambre des Représentants. Chacun des 50 états américains élit 2 sénateurs (100 pour tout le pays) et la chambre des représentants (l'équivalent de nos députés français) compte 435 membres dont le nombre par état varie selon la taille de leur population.

L'objectif était clair : rencontrer des membres du Congrès, démocrates et républicains, et les sensibiliser sur 2 thématiques-clefs identifiées par CARE USA : le maintien du budget alloué à l'aide au développement à son niveau actuel (1% du budget fédéral américain) et la mise en œuvre d'une stratégie de lutte contre les violences basées sur le genre dans la politique d'aide au développement américaine.

42 groupes de volontaires du CAN américain ont été déployés sur la colline du Capitole pour assister à près de 200 rendez-vous avec leurs élus.

Pour ma part, j'ai retrouvé les membres du groupe Minnesota très tôt le matin pour le « Minnesota Breakfast » en compagnie de la Sénatrice démocrate Amy Klobuchar, l'occasion pour les citoyens du Minnesota de rencontrer leurs élus et de partager leurs préoccupations avec eux.

Nous avons ensuite pu échanger avec un des membres de son cabinet. Une rencontre-type entre des volontaires CAN et un membre du Congrès - qu'il s'agisse d'un Sénateur, d'un Représentant ou bien d'un des membres de leur cabinet - se déroule de la manière suivante :

  • Tout d'abord, un des volontaires CAN demande au membre du Congrès de combien de temps il dispose et s'il connait l'organisation CARE. Si la réponse est négative ou que l'élu veut en savoir un peu plus, le volontaire va alors revenir rapidement sur l'histoire de CARE, puis exposer son mandat, les objectifs qu'elle poursuit et les différents types d'actions qu'elle entreprend pour y parvenir.
  • Un autre volontaire développe ensuite un argumentaire plus fourni sur l'une des thématiques-clés de notre plaidoyer : l'aide au développement ou la lutte contre les violences basées sur le genre.
  • Une fois cela effectué, il s'agit de demander au membre du Congrès ce qu'il en pense et s'il compte soutenir la position suggérée par CARE. Si la réponse est négative il faut alors chercher à comprendre les réticences de l'élu et adapter l'argumentaire sans l'affaiblir. Quand la réponse est positive, il faut s'assurer que les membres du Congrès vont bel et bien agir : « Ne jamais se satisfaire d'une promesse d'action » m'a dit l'un de mes « fellow advocates » du CAN américain.
  • Une fois cette première étape réalisée, un deuxième volontaire présente la seconde thématique.
  • A la fin de l'entretien, les volontaires CAN évoquent les « Learning Trips » organisés par CARE USA. Ces voyages consistent à envoyer sur le terrain des élus du Congrès ou des membres de leur cabinet afin qu'ils puissent découvrir les actions menées par CARE, constater les progrès réalisés mais aussi les défis à relever (manque d'accès à l'eau, à l'éducation, à la terre, discriminations à l'encontre des femmes et des jeunes filles, etc).
  • Enfin, les volontaires remercient leur élu d'avoir accepté de les rencontrer et lui remettent un ensemble de documents sur le travail effectué par CARE et des notes de synthèse expliquant notre positionnement de plaidoyer.

En une journée, le groupe du Minnesota a rencontré 1 sénatrice, 1 membre du cabinet du second sénateur de l'Etat, ainsi que les équipes de 4 représentants. Tous ont promis de signer la lettre adressée au Secrétaire d'Etat John Kerry et de s'engager à ne pas voter en faveur de coupes budgétaires qui pourraient affecter l'aide au développement. Well done !

Les volontaires CAN du Minnesota ont rappelé à leurs élus que de nombreux électeurs américains soutiennent les actions de CARE, que ce soit financièrement ou à travers un engagement concret comme celui du CAN (50 000 supporters de CARE dans l'Etat du Minnesota). C'était l'occasion de démontrer que les citoyens américains se sentent concernés par la situation des pays en voie de développement et qu'il est donc dans l'intérêt de tous d'y apporter des réponses.

Ce type d'action très ciblée pour porter des messages clairs est envisageable en France à l'Assemblée Nationale. Les volontaires du CAN américain était tous très fiers de leur participation, comme le montre le commentaire d'Henry Bromelkamp, leader du groupe Minnesota et volontaire engagé auprès de nombreuses associations : « Je peux envoyer 1000 dollars sur le terrain, je peux également aller construire des écoles en tant que volontaire pendant plusieurs mois, mais jamais je ne me sentirai aussi proche d'attaquer les causes structurelles de la pauvreté qu'après une journée comme celle-ci. Ce qu'on fait ici, c'est vraiment utile, j'espère que tu t'en es rendu compte ! »

Yes, I did !

Vendredi 8 mars

All good things must come to an end...cette journée internationale des femmes marque également le dernier jour de notre mission à Washington D.C. Cliquez pour lire +

Giulia McPherson, Directrice Adjointe en charge de la mobilisation citoyenne chez CARE USA, nous a accompagnés aux quatre coins de la ville afin de nous entretenir avec des responsables du plaidoyer et de la mobilisation citoyenne au sein de structures, non gouvernementales ou gouvernementales, différentes de par leurs mandats, leurs tailles et leurs actions.

Nous avons d'abord rencontré Jeremy Kadden travaillant pour InterAction, principale structure de coordination des ONG de solidarité internationale basées au Etats-Unis regroupant 185 membres, l'équivalent de la plateforme Coordination Sud en France. Depuis une dizaine d'années, la structure a mis un accent particulier sur le développement du plaidoyer et a créé un groupe de travail sur la mobilisation « grassroots ».

Mr Kadden nous a parlé de la complémentarité des approches de plaidoyer pour défendre une opinion, une cause, une politique et avoir un impact significatif. D'un côté, le « grassroots » consiste à rassembler un grand nombre de personnes qui uniront leurs voix pour faire passer un message à leurs élus, au nom de leurs communautés, soit en envoyant un courrier/un email, en signant une pétition, soit en allant à la rencontre de leurs élus, créant ainsi un effet de masse (ex : le mouvement ONE co-fondé par le chanteur Bono qui compte près de 1,75 million de supporters aux Etats-Unis et organise de grandes campagnes de mobilisation : lutte contre le VIH, sécurité alimentaire, etc). Le plaidoyer « grass tops » se focalise davantage sur la mobilisation de quelques personnes influentes proches des élus ou leaders d'opinion qui établissent une relation plus personnalisée avec leurs représentants (ex : US Global Leadership Council qui a par exemple fait intervenir un groupe de généraux américains auprès du Congrès américain pour parler de l'importance de poursuivre les financements destinés à l'aide au développement).

Par la suite, nous avons rencontré des responsables de mobilisation citoyenne de deux ONG de solidarité internationale : Suzanne Granville de ONE et Chris Morrill de Save The Children. Tandis que la première organisation se concentre sur les activités de plaidoyer, la seconde met en plus en œuvre des projets dans les pays en voie de développement. Initié en 2004, le réseau de supporters de One est très développé (près de 3 millions à travers le monde dont plus de la moitié aux Etats-Unis), actif sur Internet et sur le terrain. Save the Children USA dispose d'un réseau de 100 000 adhérents dont un peu moins de la moitié (44 000) est mobilisée sur une campagne spécifique pour la survie des nouveaux-nés et des enfants.

Chaque organisation a partagé avec nous certaines activités initiées pour leurs volontaires :

  • Mise en place d'antennes de ONE sur 110 campus américains pour lesquelles une série de défis est organisée chaque année les encourageant à multiplier leurs actions de plaidoyer,
  • Organisation de sessions de formation théorique et pratique des volontaires à la fois chez ONE et Save the Children,
  • Organisation d'appels téléphoniques bimestriels pour un briefing spécifique des volontaires sur un aspect de la campagne de Save the Children (intervention d'un expert, messages-clés à disséminer au sein des communautés, etc),
  • Visites de projets sur le terrain pour les volontaires de Save the Children.

L'un des défis majeurs pour la structuration d'un réseau de volontaires est de maintenir l'engagement et la motivation (« momentum » en anglais) des volontaires à travers le temps en valorisant leurs contributions et en diversifiant les types d'activités qu'ils peuvent mener.

Nous avons ensuite eu l'opportunité d'échanger avec Kate Bunting, Directrice de la participation publique auprès de l'agence américaine pour le développement international (USAID) et ayant travaillé pour CARE USA, et Christina Santos, Directrice des événements chez CARE USA. Toutes deux ont participé au lancement et au développement du CARE Action Network (CAN) de CARE USA. Démarré il y a plus de dix ans, le réseau CAN était très modeste avec moins de 20 participants à la première Conférence Nationale de CARE USA. Au fil des années et avec la mise en place d'une équipe de six salariés coordonnant ses activités, le CAN s'est structuré pour devenir un acteur-clé sur la scène du plaidoyer américain. Ces échanges nous ont donné un aperçu des étapes à franchir en France au cours des prochains mois et années. Là encore, les conseils et mises en garde auront été une source d'inspiration pour notre équipe, à l'image de cette semaine passée à Washington DC.

Dès notre retour à Paris, la priorité sera pour nous de préparer un plan d'action pour le CAN de CARE France que nous partagerons avec nos volontaires CAN. Nous avons aussi évoqué avec Giulia McPherson la deuxième partie de ce projet d'échange d'expériences entre CARE France et CARE USA financé par l'Ambassade de France à Washington DC qui aura lieu à Paris au printemps 2013.

Deux personnes (un employé de CARE USA et un volontaire référent du CAN de CARE USA) viendront rencontrer l'équipe de CARE France, s'imprégner des processus décisionnels français et européen, rencontrer un ou plusieurs députés ainsi que d'autres acteurs français impliqués dans la coopération internationale (représentants du Ministère des Affaires Etrangères et Européennes, de l'Agence française de développement, etc). Comme aux Etats-Unis, nous inviterons d'autres ONG françaises comme Oxfam, Amnesty International, Action contre la Faim ainsi que les volontaires du CAN de CARE France à contribuer à cet échange d'expériences.

Quant à moi, je suis plus motivé que jamais, prêt à me mobiliser avec les membres du CAN !

Yes, we CAN !

Le CAN, c'est quoi ?

Le réseau CARE en ActioN (CAN) de CARE France est un réseau de volontaires. Informés sur les programmes mis en œuvre par CARE sur le terrain, les volontaires relaient les campagnes de communication et les pétitions de CARE et participent à divers événements sur les thèmes du développement et de l'humanitaire.

Les volontaires contribuent à mettre en avant le rôle-clé des femmes au sein de la famille, de la communauté et du développement de leur pays. Participantes, leaders d'alternatives innovantes, les femmes jouent un rôle capital dans l'amélioration des conditions de vie des communautés les plus vulnérables.

Une fois structuré, ce réseau agira pour une meilleure prise de conscience de ces différents enjeux par les décideurs politiques, les médias et le public.

Qui sont les volontaires du CAN ?

Toutes les personnes souhaitant ajouter leur voix de citoyen(ne) et relayer les besoins et aspirations des femmes, des hommes, et des enfants qui vivent dans l'extrême pauvreté, sont les bienvenues dans le CAN.

Le réseau CAN de CARE France compte désormais 150 adhérents venant d'Afrique (Côte d'Ivoire, Cameroun, Togo, Maroc, Bénin, RDC, Madagascar, Sénégal, Burkina Faso, Algérie, Egypte, Niger, Tunisie, Mali, Guinée), d'Europe (France, Royaume-Uni), d'Amérique et des Caraïbes (Haïti).