12 mars 2013

Madagascar : « Ma voisine a perdu la vie en sauvant sa petite fille de l'eau. »

Le cyclone Haruna a frappé le sud-ouest de Madagascar le 22 février dernier. Raivo, 41 ans, habite dans la ville de Tuléar (114 400 hab). Elle a vu l'eau monter très rapidement dans sa maison. Découvrez son récit :

2013 / CARE

« Dès jeudi, l'électricité a été coupée dans toute la ville de Tuléar. Tout le monde se tenait prêt. Le cyclone pouvait arriver à n'importe quelle heure.

Le lendemain, il y a eu beaucoup de vents et de pluies. Très rapidement, les arbres tombaient dans tout le quartier. On pensait que ça s'arrêterait là.

Mais samedi matin, c'était pire. En sortant de chez moi, j'ai vu qu'il y avait de l'eau dans toute la cour. J'en avais jusqu'à mes jambes. C'était pareil dans tout le quartier d'Andaboly.

Vers 7h30, j'ai dit à mes 2 enfants de se mettre à l'abri en montant sur le lit car il y avait de l'eau dans la maison.

Mes filles pouvaient se noyer car l'eau m'arrivait déjà aux hanches.
Quelques minutes plus tard, on a appris que la digue de Fiherena (à 1km d'Andaboly) s'était rompue.

Vers 8h, l'eau m'arrivait au cou. C'était la catastrophe !

Tout le monde s'est précipité pour sauver ses enfants.

Il fallait impérativement sortir de la maison et trouver un lieu sûr. Nous sommes allés dans le stade pour attendre la suite des événements sur les gradins.

Ma voisine a perdu la vie en sauvant sa petite fille de l'eau. On ne l'a retrouvée que tard dans l'après-midi. Toutes nos affaires et tous les animaux ont été emportés par l'eau.

Nous n'avons rien pu sauver.

2013 /CARE

Nos armoires sont pleines de boues, nous n'avons plus n'a rien à nous mettre. Mais l'important est d'avoir la vie sauve... Maintenant j'habite chez une amie. Onze familles se partagent une petite maison. »

L'action de CARE après le passage du cyclone

Tuléar n'a pas connu d'aussi fort cyclone depuis 1978. L'eau se retire petit à petit mais certaines familles vivent encore dans la boue. L'heure est encore au lessivage et à l'essorage. Les ordures s'amassent dans tous les recoins de la ville malgré l'effort de chacun. Le risque d'épidémie est de plus en plus important.
CARE, grâce aux appuis de USAID et DFID, a distribué des bâches en plastique et des kit ménagers à 10 000 personnes dans les districts de Tuléar, à Sakaraha et à Morombe.