19 mars 2013

Jordanie : "Je ne pouvais pas faire soigner ma fille en Syrie"

Deux ans après le début du conflit syrien, le bilan humanitaire est catastrophique. Plus de 269 110 personnes se sont réfugiées en Jordanie fuyant la violence des combats et le manque d'accès aux soins en Syrie. Découvrez le témoignage d'Ibtisan qui a rejoint la Jordanie pour faire soigner sa fille.

Quand Tasinne est tombée malade, j'ai su qu'il fallait qu'on parte

Ibtisan est assise par terre, entourée de ses 5 enfants. Pas de meubles dans cette pièce, juste quelques coussins dispersés sur le sol. Une fillette se démarque des autres, elle porte un chapeau de laine rouge vif. Son nom est Tasinne et elle a 6 ans. Même si Ibtisan doit veiller sur ses jumeaux de 8 mois, toute son attention se concentre sur Tasinne. Cette petite fille, atteinte d'un cancer, est assise sur les genoux de sa mère.

Ce ne sont pas les tirs d'obus et les balles qui ont poussé Ibtisan à quitter Daraa, une des zones les plus affectées par le conflit syrien, mais le fait qu'elle ne pouvait y faire soigner Tasinne.

« Depuis un an et demi, nous vivions dans la peur constante, réfugiés dans des abris souterrains et ne sortant que pour acheter à manger. Nous devions ramper dans les rues qui étaient très dangereuses. Quand Tasinne est tombée malade, nous l'avons emmenée chez le médecin qui nous a annoncé qu'elle souffrait d'un cancer du rein. J'ai su alors qu'il fallait partir, il n'y a plus d'infrastructures médicales à Daraa. »

Chaque séance de chimiothérapie coûte 220 euros

CARE / 2013/ Deborah Underdown

Ibtisan a dû fuir la Syrie en laissant son mari derrière elle, resté pour protéger leur maison. Elle arrive alors à Amman, la capitale jordanienne et vit dans un appartement hors de ses moyens. Elle a déjà deux mois de retard sur le paiement des loyers. Tout son argent est destiné aux soins médicaux pour Tasinne.

« Chaque séance de chimiothérapie coûte 220 euros et on m'a dit qu'il lui faudrait une séance par semaine jusqu'en juillet. CARE m'a donné de quoi payer les deux dernières séances mais je ne sais pas comment je vais payer la prochaine. Elle en avait une hier, et aujourd'hui elle souffre des effets secondaires. J'aimerais pouvoir l'emmener chez le médecin mais cela coûte de l'argent - que puis-je faire ? »

Quand on demande à Tasinne ce qu'elle souhaite faire quand elle sera grande, elle répond simplement :

« médecin comme ça je pourrais distribuer des médicaments gratuitement. »

L'action de CARE en Jordanie

Les femmes et les enfants qui ont dû fuir les violences en Syrie sans le père de famille sont particulièrement vulnérables et ont besoin d'aide. CARE leur apporte une assistance et s'assure qu'ils puissent satisfaire leurs besoins de base en fournissant des aides financières d'urgence pour acheter de la nourriture. CARE leur apporte également un soutien psychologique.

Durant les mois d'hiver, CARE a fourni des vêtements, des couvertures, des matelas et des chauffages aux familles se retrouvant dans des bâtiments non chauffés et surpeuplés, dormant à même le sol.

Les familles qui accueillent des réfugiés à Amman sont elles-mêmes très pauvres et ont besoin d'aide pour surmonter la pression qui pèse sur l'emploi et l'accès aux services et aux commodités de base.

CARE vient donc également en aide aux famille jordaniennes en situation de pauvreté, en leur apportant une aide humanitaire et en leur fournissant des couvertures, des draps et des vêtements d'hiver pour les enfants, ainsi que de la nourriture.

CONTACT MEDIAS CARE

Laury-Anne Bellessa
01 53 19 89 92