22 mars 2013

Bénin : l'accès à l'eau potable et à l'assainissement pour 80 villages. Les avancées d'un programme débuté en 2011.

Interview d'Hervé Bonino, responsable des programmes au Sahel et en Afrique de l'Ouest chez CARE France, sur la mise en place de ce projet qui va bénéficier à 54 300 personnes.

Quelle est la situation actuelle du Bénin par rapport à l'accès à l'eau ?

Le Bénin est un pays pauvre où 51,6% de la population vit avec moins d'1 $ par jour.

L'accès à l'eau, un défi national

Au plan national, seulement 54,4% de la population a accès à l'eau potable et 35,4.% à l'assainissement. L'accès à l'eau potable est fondamental pour améliorer la santé des communautés.

L'espérance de vie y est estimée à 61 ans et le taux de mortalité infantile et infanto-juvénile est élevé, causé principalement par le paludisme, les maladies diarrhéiques et le manque d'hygiène.

Dans quelles régions du Bénin est localisé le projet et sur quelle durée ?

Ce projet est mené par CARE France et CARE Bénin depuis septembre 2011, pour une durée de 5 ans, dans deux départements de Borgou et Oueme.

Ces deux zones sont particulièrement vulnérables puisqu'elles disposent d'une couverture en eau potable largement inférieure à la moyenne nationale, avec un manque de points d'eau, ou des points d'eau qui ne fonctionnent pas.

Quels sont les objectifs du projet et les domaines d'intervention ?

CARE 2012

L'objectif de ce programme est d'améliorer la couverture et l'accès en eau potable et aux structures d'assainissement de base.

L'accès à l'eau

Il s'agit d'un projet global qui traite les problématiques d'eau, hygiène et assainissement. Une des composantes du projet est de réhabiliter certains points d'eau et de mettre en œuvre de nouveaux ouvrages, avec un objectif de 122 nouveaux points d'eau dans ces deux départements.

Le volet assainissement

Il faut aussi que cette eau soit de qualité au risque de voir des problèmes sanitaires. Il y a en effet des problèmes nutritionnels, des maladies associées au manque d'eau. Ces maladies liées à l'eau ont un impact direct sur les populations (propagation d'épidémies type choléra, maladies gastriques, etc). Pour éviter les contaminations par l'eau, il faut que l'environnement soit assainit. C'est pourquoi 500 nouvelles latrines seront construites.

L'éducation à l'hygiène

Mais réhabiliter ou construire des pompes à eau et des latrines n'est qu'une petite partie du projet. Si nous voulons que ce projet soit un succès, qu'il soit durable et apporte un vrai changement sur la santé des personnes, le plus important est que les communautés et les municipalités s'approprient le projet : qu'ils soient convaincus de l'importance de maintenir les équipements, d'éviter les contaminations de l'eau et son impact sur la santé de tous.

La sensibilisation et l'implication des communautés et des municipalités est fondamentale dans le succès de ce projet dans la durée. C'est l'approche de CARE dans nos projets.

Où en sont les avancées du projet, un an après sa mise en œuvre ?

Dans un premier temps, CARE a en priorité mobilisé les acteurs locaux et institutionnels. Nous avons présenté ce projet aux communautés.

Des associations locales ont été contactées pour travailler en partenariat avec CARE sur l'accès à l'eau, la mise en place de latrines et l'éducation à l'hygiène. CARE les a formé sur les méthodes de mise en œuvre, d'implantation de nouvelles infrastructures qui devenir pérennes.

CARE prépare également le terrain pour l'implantation ou la rénovation des forages, enidentifiant et sélectionnant des partenaires techniques. Les premiers forages vont commencer très bientôt !

Ce projet est soutenu par : EuropAid, Mairie de Paris, AXA, Bonobo, Concorde, Jacques Vincent.

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