03 avril 2013

Jordanie : Wafaa Adnan Albaik aide les réfugiés syriens qui s'adressent au centre géré par CARE.

Deux ans après le début du conflit en Syrie, la Jordanie accueille plus de 376 600 réfugiés syriens. Leur situation quotidienne est très difficile. Découvrez le témoignage de Wafaa Adnan Albaik qui travaille au centre de réfugiés géré par CARE à Amman.

Deux ans de violences en Syrie

Le 15 mars 2013 a marqué le deuxième anniversaire du début du soulèvement en Syrie. Durant ces dernières semaines, les tirs d'obus se sont multipliés, affectant particulièrement la population civile.

70 000 personnes ont déjà perdu la vie lors de ce conflit et environ 8 000 personnes quittent la Syrie chaque jour. A la fin mars, le HCR dénombrait plus de 1,2 millions de réfugiés syriens.

CARE aide les réfugiés installés dans les villes de Jordanie

CARE Jordanie concentre son action en faveur des réfugiés en milieu urbain, soit 2/3 des réfugiés syriens en Jordanie. CARE les soutient financièrement et organise des distributions de biens non alimentaires.

Fin 2012, CARE Jordanie a ouvert un centre d'aide aux réfugiés à Amman pour faciliter la distribution de biens et la dissémination d'informations sur les lieux et les moyens d'obtenir de l'aide notamment médicale. Depuis son ouverture, 12 000 réfugiés se sont rendus dans le centre.

Le témoignage de Wafaa Adnan Albaik, 32 ans, membre du centre de réfugiés à Amman.

CARE / 2013

« Je travaille au centre géré par CARE depuis 3 mois. J'ai toujours été intéressée par le secteur humanitaire. C'est très gratifiant d'aider les gens qui ont en besoin.

Tous les jours, je rencontre des réfugiés syriens, je parle avec eux afin de les aider au mieux. Parfois, nous devons agir rapidement et les aider financièrement car ils risquent d'être expulsés ou ils n'ont plus d'argent pour acheter de la nourriture ou des médicaments.

A la fin de la journée, je mets à jour nos registres de rendez-vous pour garder une trace de cet historique et pouvoir assurer un suivi de nos actions.

J'ai toujours voulu faire ce type de travail mais c'est très éprouvant.

La situation de ces gens est vraiment bouleversante.

J'ai rencontré une famille très pauvre dont la mère avait dû coudre les vêtements ensemble pour avoir de quoi couvrir ses enfants la nuit. Ils n'avaient pas de quoi manger ou boire. Leur maison était humide et les jours de pluie, de l'eau s'infiltrait partout.

Les réfugiés se confient également à nous. Ils nous racontent leur vie en Syrie. La difficulté de trouver de l'eau et de la nourriture. Ils parlent également des bombardements constants, des enfants vivant dans la peur. Les gens enterraient leurs proches la nuit pour éviter d'être pris comme cible. Beaucoup ont été victimes d'agressions dans leur propre maison. J'espère que ce travail d'écoute leur apporte un peu de soulagement.

Le plus difficile dans ce travail c'est de faire face aux attentes. Nous ne pouvons pas prendre en charge tous les types de situation. C'est parfois très frustrant mais c'est pour ca que nous faisons le lien avec d'autres organisations qui peuvent aider ces gens.

Nous espérons poursuivre ce travail aussi longtemps que la situation des réfugiés syriens le demandera.

Hier, 120 réfugiés sont venus dans le centre. Parfois, nous en accueillons 400 par jour. Mais nos budgets sont limités. Faute de nouveaux fonds, nous savons que nous risquons de devoir interrompre les actions du centre après le mois d'août. La crise en Syrie se poursuit et nous faisons face à un accroissement des besoins des réfugiés en Jordanie. Nous avons besoin de soutien financier pour aider tous ces gens qui viennent à nous.»

En savoir plus sur les conditions de vie des réfugiés syriens en Jordanie

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