10 avril 2013

Les recommandations de CARE pour le G8 concernant les violences sexuelles liées aux conflits

Aujourd'hui, mercredi 10 avril et demain, jeudi 11 avril 2013, les ministres des Affaires étrangères du G8 se réunissent à Londres. Parmi les objectifs de cette rencontre, le Royaume-Uni souhaite obtenir des engagements concrets pour lutter contre le viol et les autres formes de violences sexuelles et basées sur le genre utilisés comme armes en temps de conflits. CARE a rédigé une note stratégique et formulé les recommandations suivantes.

Cette lettre a été envoyée aux ministres des Affaires étrangères du G8 dont Laurent Fabius, ministre français des Affaires étrangères et Najat Vallaud-Belkacem, ministre française des Droits des femmes.

L'enjeu de la rencontre des ministres du G8

Les violences sexuelles sont considérées depuis trop longtemps comme une conséquence inévitable des situations de conflit, et les stratégies pour lutter contre ces phénomènes sont souvent inadaptées ou inefficaces, voire inexistantes.

Les engagements pris par les Etats-membres du G8 doivent s'inscrire au-delà de la présidence du Royaume-Uni en 2013 et soutenir des changements structurels afin de mieux combattre sur le long terme les violences sexuelles liées aux conflits. Dans cette optique, il faut développer une stratégie compréhensive visant à combattre les causes profondes des violences basées sur le genre et les inégalités de genre, notamment en périodes de pré et post-conflit.

D'autre part, un pré-requis avant d'engager des poursuites pour violences sexuelles est la mise en place d'un système de protection efficace et adaptée pour les victimes et leurs communautés.

Les recommandations formulées par CARE

S'appuyant sur plus de soixante années d'expérience, notamment dans la mise en œuvre de programmes répondant aux besoins des personnes ayant survécu à des violences et s'attaquant aux causes profondes des violences sexuelles, CARE appelle les membres du G8 à prendre en compte les recommandations suivantes:

1.Organiser une rencontre des bailleurs du G8 afin d'identifier et de répondre aux déficits conséquents en termes de services de base pour les victimes aux violences sexuelles et basées sur le genre, en s'assurant par exemple que les réponses d'urgence comprennent un paquet minimum de services de santé sexuelle et reproductive adaptés au contexte humanitaire.

2.Garantir que les programmes sectoriels à long terme du G8 sur le développement, la justice et la sécurité intègrent pleinement l'égalité des genres et la prévention des violences sexuelles, par exemple en imposant une règle de tolérance zéro vis-à-vis des violences sexuelles comme un pré-requis pour obtenir un financement dans le domaine de la sécurité.

3.Soutenir les initiatives de lutte contre les violences sexuelles conduites par la société civile, les Etats et les organisations régionales, en finançant par exemple le Secrétariat de la Conférence intergouvernementale des Grands Lacs disposant actuellement de ressources limitées.

4.Renforcer la coordination des actions de prévention sur le terrain mobilisant les acteurs de l'humanitaire, de la diplomatie, de la justice et de la sécurité, en doublant les capacités du Domaine de Responsabilité de l'ONU et des ONG sur les violences basées sur le genre, de son Equipe de Réponse Rapide ainsi que du Cadre de Conseil sur la Protection d'ONU Femmes.

5.Développer un cursus de formation et encourager la redevabilité des forces de maintien de la paix sur les questions de protection et de genre, à travers des entraînements de pré-déploiement pour les responsables du contingent sur la base de scénarios régionaux et nationaux, ainsi qu'en augmentant le nombre de femmes déployables dans les unités de maintien de la paix.

En savoir plus sur la stratégie de CARE contre les violences faites aux femmes

Découvrir la précédente action de plaidoyer de CARE à l'occasion de la réunion de la Commission des Nations Unies sur le Statut des Femmes.

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