24 mai 2013

Éthiopie, Tanzanie, Zimbabwe et Malawi : priorité à la santé maternelle et infantile

Depuis 2007, CARE mène des projets de santé maternelle et infantile en Éthiopie, en Tanzanie, au Zimbabwe et au Malawi. Ces programmes, qui devraient bénéficier à plus de 2,3 millions de personnes d'ici 2015, visent la période située entre le moment où une femme devient enceinte jusqu'aux cinq premières années de la vie de l'enfant.

Découvrez l'interview de Gaby Jabbour, membre de CARE Canada et responsable de la supervision de ces projets.

2013 / CARE

Quels sont les principaux axes des projets menés par CARE ?

Nos actions sont très variées. Une grande partie de ces projets consiste à former des bénévoles et des travailleurs de santé dans les établissements de santé et les communautés dans les zones où les taux de mortalité maternelle et infantile sont élevés.

Des centaines d'entre eux ont ainsi acquis de nouvelles compétences sur les bonnes pratiques alimentaires. L'amélioration de la nutrition des mères et des enfants est, en effet, primordiale pour CARE. Pour avoir des retombées concrètes et durables pour les mères et les enfants, notre action est très large. Nous contribuons à accroître l'accès à une alimentation saine et nutritive, améliorer les facteurs dont dépendent la nutrition et la santé des communautés (l'hygiène, l'eau et l'assainissement, etc.), autonomiser les femmes en leur donnant la capacité de prendre des décisions concernant les aliments qui seront achetés et consommés dans le ménage.

Pouvez-vous nous donner quelques exemples d'actions ?

En Tanzanie, nous voulons améliorer la santé maternelle et reproductive des femmes et des adolescentes vulnérables dans la province rurale qui recense le plus de décès maternels du pays. Pour cela, nous avons formé des travailleurs de santé aux soins obstétricaux d'urgence de base et aux soins néonataux et cherchons à améliorer la responsabilisation des autorités nationales et régionales pour mieux répondre aux besoins des femmes et des adolescentes.

Nous avons également mis en place 95 associations villageoises d'épargne et de crédit pour favoriser l'autonomisation économique et sociale des femmes. Elles sont donc désormais en mesure de prendre des décisions concernant leurs besoins de santé et d'accéder à des services de santé maternelle vitaux.

En Éthiopie, CARE a mis en place des groupes de discussion réguliers pour les mères autour des meilleures pratiques en matière de santé maternelle et infantile. 1 524 personnes ont également participé à des démonstrations culinaires qui expliquaient les bienfaits d'une alimentation spécifique, nutritive et diversifiée pour les nourrissons.

Au Zimbabwe, les personnels de santé sont également sensibilisés aux facteurs socioculturels qui affectent l'autonomisation des femmes et la capacité de la mère à prendre des décisions relatives à la santé de ses enfants. Les maris et les belles-mères exercent une influence particulièrement forte dans certaines de ces communautés. Souvent, la mère n'a pas grande chose à dire, notamment sur la façon de nourrir son bébé.

Au Malawi, les messages de CARE sur l'importance de la nutrition maternelle et infantile ont déjà atteint environ 25 000 familles. Les leaders communautaires ont été sensibilisés à l'importance des bonnes pratiques de nutrition pour les femmes enceintes et celles qui allaitent, ainsi que pour les enfants de moins de cinq ans.

Quelles sont les réactions des gens que vous rencontrez dans le cadre de ces projets ?

Ils disent être mieux informés sur leur santé et sont plus à même d'accéder aux services dont ils ont besoin.

Les Éthiopiennes qui assistent aux groupes de discussions sont contentes de pouvoir faire valoir leurs opinions. Une mère a commencé à nourrir sa fille de 21 mois avec une bouillie plus nutritive et s'est lancée dans la construction d'une latrine pour sa famille. Un Imam du coin a même déclaré que la formation donnée par CARE sur l'égalité des sexes lui donne plus de crédibilité dans ses messages. À présent, lors de la prière du vendredi, il engage des discussions sur la santé maternelle et infantile.

En Tanzanie, un couple nous a expliqué que nos informations en matière de planification familiale ont influencé leur décision de ne pas avoir plus d'enfants que ceux dont ils pouvaient prendre soin convenablement.

Au Malawi, une femme nous a confié que sa communauté appréciait les potagers mis en place par CARE pour faciliter la consommation d'aliments nutritifs. « C'est particulièrement important pour les femmes enceintes et les personnes malades qui ne sont pas assez en forme pour parcourir de grandes distances pour se procurer des fruits et légumes », nous a-t-elle dit.

Quel sera l'impact de ces projets après leur achèvement en 2015?

Nous constatons une amélioration globale du pouvoir de décision des femmes à l'égard de leur propre santé et de celle de leur famille. Nous nous attendons à ce que moins de femmes meurent de complications durant la grossesse et l'accouchement car elles disposeront de plus d'autorité pour décider du moment où elles souhaitent tomber enceinte, du nombre d'enfants qu'elles désirent avoir et de l'endroit où accoucher. Elles auront aussi un meilleur accès à des services de santé de qualité avant, pendant et après la grossesse.

Les taux de malnutrition infantiles devraient également chuter car des communautés entières ont désormais un meilleur accès à des aliments nutritifs et une meilleure connaissance des besoins des femmes enceintes et des enfants.

Ce ne sont que quelques exemples de l'impact positif que nous attendons. Et nous espérons que ces résultats encouragent les communautés et les autorités d'autres régions à adopter des pratiques et des systèmes similaires.

Découvrir notre précédent article sur les enjeux en matière de santé maternelle et infantile :

Le saviez-vous ?

530 € permettent de former aux accouchements un médecin ou une infirmière.

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