06 juin 2013

Les pays du G8 doivent soutenir les petits agriculteurs dans les pays en développement pour lutter contre la faim dans le monde

Alors que les leaders mondiaux se réuniront samedi 8 juin à Londres pour le Sommet de la Faim1, l'ONG CARE appelle les gouvernements du G8 à concentrer leurs actions et leurs investissements sur les petits agriculteurs afin de relever le défi « Zéro faim » lancé par le Secrétaire Général des Nations Unies et visant à éliminer la Faim d'ici 2025.

De récents rapports, dont l'étude « Smallholder agriculture's contribution to better nutrition »2 commanditée par la UK Hunger Alliance dont CARE fait partie, ont démontré le potentiel des petits agriculteurs dans la lutte contre la faim et la malnutrition. Ces petites exploitations dominent en effet le paysage agricole des pays en développement (96 % au Bangladesh, 85 % au Ghana) et produisent 80 % des ressources alimentaires. Or, elles restent sous-exploitées.

« Une personne sur huit se couche chaque nuit en ayant faim. Les trois quarts sont des petits agriculteurs qui cultivent des parcelles de terrain d'à peine 2 hectares3. La plupart ne parviennent pas à produire suffisamment de nourriture pour nourrir leurs familles », explique Philippe Lévêque.

Pour CARE, il est donc nécessaire que les gouvernements du G8 :

  • soutiennent financièrement les petits agriculteurs et en particulier les femmes.
    Les femmes réalisent 60 à 80 % des ressources alimentaires provenant des petites exploitations dans les pays en développement4. Pour CARE, la meilleure façon de lutter contre la faim consiste donc à former ces femmes et à les équiper pour leur permettre de produire plus de nourriture sur des petites parcelles de terrain et autour de leurs maisons.

    « A l'heure actuelle, les femmes n'ont accès qu'à 5 % des services gouvernementaux liés à l'agriculture tels que des formations sur les techniques agricoles ou des programmes de vaccination du bétail5. Pourtant, aider les femmes à produire plus de nourriture dans leurs potagers pourrait permettre de rompre le cycle de la faim, la malnutrition et la pauvreté », affirme Philippe Lévêque, directeur de CARE France.
  • favorisent l'exploitation de potagers et l'élevage de petit bétail et de poissons.
  • renforcent les programmes liés à l'agriculture avec des actions d'éducation et de nutrition, de santé, d'accès à l'eau potable et aux services d'assainissement.

Ainsi, le programme SHOUARDOdirigé par CARE au Bangladesh- qui propose des formations sur l'exploitation des potagers, la santé maternelle, la nutrition, la vaccination et les services financiers destinés aux femmes - a permis de diminuer, en moins de quatre ans, les cas de retards de croissance chez les enfants de 56,1 % à 40,4 %.

1 Le sommet contre la Faim, officiellement connu sous le nom de « Nutrition for Growth: Beating Hunger through Business and Science » fait suite au Sommet contre la faim qui réunit le Royaume-Uni et le Brésil l'an dernier sur les conséquences de la malnutrition sur les enfants.
2 Wiggins, S. and Keats, S. (2013). Smallholder agriculture's contribution to better nutrition, London: Overseas Development Institute. Available at: www.odi.org.uk/publications/7317-smallholder-agriculture-nutrition-food-security3 IFAD (2011) Rapport 2011 sur la pauvreté rurale, IFAD: Rome.
4 Women and Rural Employment, Bulletin politique n°5, FAO, 2009
5 www.fao.org/gender/infographic/en/
6 Le projet SHOUHARDO (Strengthening Household Ability to Respond to Development Opportunities) a été mis en place pour lutter contre la pauvreté et améliorer la situation nutritionnelle de plus de deux millions de personnes défavorisées au Bangladesh. Les actions directes liées à la nutrition, notamment à destination des enfants, combinées avec des actions d'éducation et de formation destinées aux femmes et aux filles, on permis de diminuer considérablement les retards de croissance chez les enfants.

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