20 juin 2013

Négociations de l'ONU sur le climat : il n'y a pas de temps à perdre.

La lutte contre les causes et les effets du changement climatique pourrait être plus efficace et moins chère si les gouvernements se mobilisaient rapidement. Il faut réduire les émissions de CO2 et aider les personnes les plus vulnérables à s'adapter aux réalités du changement climatique.

Les émissions de CO2 continuent d'augmenter

Le 14 juin 2013 se sont achevées les dernières négociations dans le cadre de la Convention des Nations Unies sur le Changement Climatique (UNFCCC).

« Notre planète se consume et il est clair que les gouvernements ne prennent pas la mesure de ces changements.
Le mois dernier, les taux de dioxyde de carbone dans l'atmosphère ont dépassé les 400 parties par million. Or, les scientifiques avertissent depuis longtemps quant à la quasi impossibilité de maintenir le réchauffement mondial à un niveau encore acceptable de 1,5 à 2°C si le taux de CO2 dépasse le seuil des 350 parties par million », a déclaré Kit Vaughan, directeur du réseau environnement et changement climatique de CARE.

Début juin, l'Agence internationale pour l'énergie a confirmé que les émissions de gaz à effet de serre ont tendance à augmenter. Nous avançons vers un terrain dangereux et totalement inconnu.

Le changement climatique, un obstacle pour l'éradication de la pauvreté

Le rapport du Groupe de Haut Niveau des Nations Unies a récemment indiqué que le changement climatique représente l'obstacle le plus important pour l'éradication de l'extrême pauvreté d'ici 2030.

Le changement climatique augmente déjà la fréquence des catastrophes climatiques et en aggrave les impacts. Cela cause de nombreux morts et laisse des millions de personnes sans moyens de subsistance. Au cours des derniers mois, l'Europe a été frappée par des inondations, le Bangladesh par de violentes tempêtes, l'Australie a connu de graves feux sauvages, sans parler des cyclones qui ont fait la une des journaux en dévastant les Etats-Unis et les Caraïbes.

Les prévisions actuelles situent le réchauffement climatique d'ici 2100 entre 4 à 6°C, avec des conséquences dévastatrices pour les populations mondiales et l'environnement dont nous dépendons.

Le changement climatique, la plus grande injustice de notre époque

Dans la plupart des pays d'intervention de CARE, les personnes qui font face à la pauvreté tentent désormais de s'adapter aux changements de régime des précipitations ou encore aux évènements climatiques extrêmes qui détruisent les maisons, leurs cultures et les infrastructures.

« Le changement climatique n'est pas seulement lié à l'environnement, c'est également une question politique et économique.
Les pays développés sont historiquement responsables de ce changement climatique mais ironie du sort, ce sont les personnes les plus vulnérables qui se retrouvent en première ligne face au changement climatique. C'est la plus grande injustice de notre époque. Sans un changement radical vers une économie 'verte' durable et à faible impact carbone, sans la fin de l'addiction mondiale pour les carburants fossiles, nous allons devoir faire face à une catastrophe d'une ampleur inimaginable », ajoute Kit Vaughan.

Il faut un engagement politique fort et rapide

Le protocole de Kyoto s'est achevé en 2012 sans que les gouvernements n'aient trouvé d'accord quant à son prolongement. Les discussions ont été repoussées à 2015 et les négociateurs ont prévu cinq années supplémentaires pour une mise en place effective d'un éventuel accord. Or, si on ne réduit pas les émissions de CO2 de manière drastique, nous ne parviendrons pas à rester sous le seuil préconisé des 2°C.

« Les gouvernements se focalisent sur des questions d'agenda au lieu de s'unir pour lutter efficacement contre le changement climatique.
La conférence de Bonn n'a obtenu que des avancées ridicules concernant l'aide à apporter aux personnes les plus vulnérables pour une meilleure adaptation aux réalités du changement climatique. Rien n'a été décidé concernant les pertes croissantes et les dégâts déjà causés par le changement climatique au niveau mondial.
Chaque négociation ratée et chaque jour qui passe vient aggraver les conséquences du changement climatique. Si nous n'agissons pas maintenant, les conséquences environnementales et financières vont totalement échapper à nos capacités de réaction », s'alarme Kit Vaughan.

La réaction de CARE

CARE appelle les gouvernements à :

  • garantir des réductions rapides et importantes des émissions de gaz à effet de serre afin de limiter la hausse mondiale des températures à 1,5°C d'ici 2100.
  • augmenter les soutiens financiers en faveur des personnes les plus vulnérables, en particulier les femmes et les filles, pour qu'elles puissent s'adapter au changement climatique.
  • garantir le développement d'un nouveau mécanisme international permettant de faire face aux pertes causées par le changement climatique.
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