21 juin 2013

Les femmes et les enfants représentent 76% des Syriens ayant fui leur pays. Ce sont les personnes les plus vulnérables en période de crise et de déplacements.
Découvrez le témoignage de trois femmes, réfugiées syriennes, mères ou sur le point d'accoucher.

« Je n'ai pas de quoi payer le docteur pour mon bébé et moi »

2013 / CARE

Le bébé de Manal, 30 ans, est né à Beyrouth il y a deux mois. Manal n'aurait jamais imaginé que son premier enfant puisse naitre en exil. Elle a encore du mal à concevoir , que l'ensemble de sa famille n'ait pas eu la joie devoir son enfant naître et grandir, que son bébé n'ait pas de maison stable, et qu'il ne grandira pas entouré d'amour et dans la sécurité.
Manal et son bébé sont des Syriens réfugiés au Liban.
Bien que Manal soit reconnaissante d'avoir pu donner naissance à son bébé dans un centre de santé à Beyrouth, elle s'inquiète de la santé de son enfant et de ne plus avoir accès aux services de santé.

« Mon bébé n'a jamais été vacciné. Il était malade et je suis allée à la clinique, mais ils m'ont demandé de payer. J'ai dû faire demi-tour ».

A Beyrouth, son mari n'arrive pas à trouver de travail. La vie est de plus en plus difficile : ils se sentent isolés et les prix des loyers deviennent inabordables. La famille a alors décidé de rejoindre un camp informel, à environ 40 km au sud de Beyrouth. Ils ont d'abord été hébergés par une autre famille avant de réussir à obtenir leur propre tente. Ils font désormais partie des 33 familles qui vivent dans une oliveraie, dans des tentes bleues et blanches et des abris temporaires installés sur les terrasses rocheuses.
Bien que la famille se sente moins isolée ici, et les que réfugiés s'entraident, Manal reste préoccupée par la santé de son bébé, surtout avec le début de l'été.

« Il souffre d'éruptions cutanées et de la chaleur. Il y a beaucoup d'insectes ici. Je n'ai pas de nourriture pour bébé ni de médicaments. Souvent, nous préférons boire l'eau dont on se sert pour faire bouillir le riz pour éviter d'être malade. Ca ne marche pas toujours. J'ai déjà été malade mais je n'ai pas pu payer de médecin. Je n'ai pas de serviettes hygiéniques. »

Ses plaintes sont nombreuses, tout comme ses larmes. Tout en éventant son enfant, elle dit se sentir impuissante.

« Mes enfants ne mangent qu'une fois par jour »

Nada, une réfugiée syrienne de 27 ans, élève seule à Amman en Jordanie ses quatre enfants, dont un bébé de 18 mois. Son mari est emprisonné en Syrie et n'a pas pu les rejoindre.

« Depuis hier, je n'ai plus de lait. Je dois lui donner ce que nous mangeons et souvent, nous ne faisons qu'un repas par jour. Le loyer est trop élevé. Je suis endettée. Chaque fois que je reçois de l'aide, je dois rembourser ces dettes. Nous survivons grâce à l'argent que nous empruntons et grâce à la générosité du propriétaire qui ne veut pas nous expulser ».

Sous son long foulard noir, le visage de Nada est pâle, ses yeux sont rouges et gonflés. Elle a été malade. Souvent, elle se sent mal à l'aise de sortir seule.

«J'ai peur», dit-elle. «Je suis allée plusieurs fois demander de l'aide. Mais j'ai honte, je n'ai jamais eu à faire la queue avant, en implorant de l'aide. »

 Elle dort avec ses enfants dans une pièce sans fenêtre, dans un sous-sol, à même le sol, car il n'y a pas de matelas.

« Je ne suis pas habitué à cela», dit-elle en secouant la tête et regardant autour d'elle. « Je veux que la situation se calme afin que nous puissions rentrer. Je veux retrouver ma vie d'avant. »

« Je voudrais tellement que mon bébé grandisse en Syrie »

2013 / CARE

Ralia, une réfugiée syrienne de 27 ans vivant à Mazboud, au Liban, était sur le point d'accoucher quand les équipes de CARE l'ont rencontrée début juin. Son enfant sera élevé dans une école où 37 familles syriennes ont trouvé refuge. Les premiers enfants avec lesquels il jouera seront également des réfugiés.

«Je vais bien. Ca n'a pas été une grossesse difficile. Mais tout ce que je demande pour mon fils - c'est un garçon! dit-elle en souriant - c'est de grandir à la maison, en Syrie » dit Ralia.
L'action de CARE

Au Liban, CARE apporte son soutien aux réfugiés vivant en zones urbaines et dans des camps informels à subvenir à leurs besoins les plus basiques et les plus urgents. Cela comprend l'information sur l'accès à des services de santé et d'assistance sociale, la fourniture d'abris et un soutien psychosocial. CARE aide également les populations libanaises les plus vulnérables.

En Jordanie, CARE est venue en aide à plus de 110 000 Syriens réfugiés à Amman, en leur apportant une aide financière pour leur permettre de subvenir à leurs besoins basiques comme le loyer, la nourriture et les vêtements. CARE les renseigne également sur les services disponibles.

CARE Jordanie joue également un rôle clé dans la prochaine ouverture du camp d'Azraq. CARE sera le premier contact des réfugiés à leur arrivée et les informera sur l'organisation du camp, l'accès aux services, leurs droits. Nous favoriserons la mise en place de comités de réfugiés au sein du camp pour qu'ils puissent faire entendre les voix de leurs communautés.

CONTACT MEDIAS

Laury-Anne Bellessa
01 53 19 89 92