24 juin 2013

Au Liban, si 60 % des réfugiés syriens occupent des maisons ou des appartements, près de 30 % sont obligés de vivre dans des camps informels, des maisons inachevées, des bâtiments délabrés, des garages, dans des conditions très difficiles.

Des loyers trop onéreux

2013 / CARE

Dans la région du Mont Liban, 40 km au sud de Beyrouth, dans une oliveraie entourée de montagnes rocheuses, on distingue des petites taches bleues et blanches - des tentes et des abris temporaires qui accueillent 33 familles réfugiées syriennes (environ 160 personnes). Le propriétaire de l'oliveraie, M. Ali comme l'appellent les réfugiés, est un Libanais d'une quarantaine d'année. Il y a huit mois de cela, lorsqu'il a appris que l'école qui abritait les réfugiés allait rouvrir et que ces familles allaient être chassées, il a décidé d'apporter son aide. Il a non seulement mis ses terres à disposition, mais il a également contribué à construire les tentes et les abris.

Le premier réfugié qui a accepté son aide est un réfugié syrien de 51 ans. Il est arrivé avec sa femme, ses six enfants et sa petite fille âgée de 18 mois.

« J'ai dressé la première tente. Nous n'avions rien à ce moment-là, ni eau, ni électricité, seulement une bougie » explique-t-il.

Il raconte également comment, au cours d'une tempête qui a duré quatre jours, sa tente a été inondée et a fini par s'effondrer.

Semaine après semaine, de nouvelles familles sont arrivées, n'ayant pas les moyens de louer une maison ou un appartement.

Des conditions de vie précaires

Muhamed, sa femme et leur nouveau-né sont l'une des dernières familles à avoir rejoint le camp. Ils ont fui la Syrie il y a huit mois, après que Muhamed ait été emprisonné, torturé et obligé de se cacher pendant un an. Une fois arrivés à Beyrouth, Muhamed n'a pas trouvé de travail et n'était pas en mesure de payer leur loyer. En dépit de toutes les difficultés quotidiennes, Muhamed affirme qu'il est plus facile de vivre dans le camp. Avec les autres réfugiés, ils forment une petite communauté où tous s'entraident.

M. Ali leur a fourni du matériel - grâce à l'aide d'une organisation locale - pour construire de nouvelles tentes. Il a également construit un point d'eau ainsi qu'une salle de prière. Les sanitaires sont basiques et limités : deux toilettes pour les femmes et deux toilettes pour les hommes, pour un total de 160 personnes.

Avec l'arrivée de l'été, les familles sont de plus en plus inquiètes pour la santé de leurs enfants.

De plus en plus de camps informels

Bien qu'il n'existe pas de camps officiels au Liban, ils sont de plus en plus nombreux à opter pour des solutions similaires, n'étant plus capables de faire face à l'augmentation des loyers.

L'oliveraie de M. Ali peut accueillir un peu plus de personnes. Près de 100 familles seraient désireuses de s'y installer.

« C'est comme une liste d'attente » affirme-t-il.

Mais sans soutien pour construire de nouveaux abris, fournir de l'eau potable, de nouvelles installations sanitaires et de l'électricité, il sera impossible de les accueillir.

Une situation similaire en Jordanie

2012 / Thomas Schwarz CARE

En Jordanie, la majorité des réfugiés syriens vivent en zone urbaine - près de 350 000 sur un total de près de 500 000. Ils doivent faire face à des défis similaires : la hausse des loyers et l'impossibilité de satisfaire leurs besoins basiques comme l'achat de nourriture ou l'accès à des soins de santé.

Et pourtant, pour beaucoup, vivre à Za'atari - le seul camp officiel en Jordanie qui abrite près de 150 000 réfugiés et forme à présent une des plus grandes « villes » de Jordanie - n'est pas envisageable. Là-bas, on ne survit pas, on subit sa vie. La surpopulation, la chaleur, le fait pour certains de vivre dans la périphérie du camp loin des équipements et des services sont quelques-unes des raisons invoquées. Les conditions de vie sont si différentes de ce que ces familles avaient connu jusqu'à présent qu'elles préfèrent avoir à se battre pour payer des loyers élevés, sans aucune ressource.

L'espoir de rentrer en Syrie

En Jordanie ou au Liban, il n'existe aucune solution convenable pour les réfugiés, pourtant la vie doit continuer. S'il y a une réponse qui revient constamment lorsque l'on interroge les réfugiés sur leurs espoirs, c'est bien : « Nous voulons rentrer. Quand les bombardements et les attaques cesseront, nous voulons rentrer... »

« J'étais agriculteur, je possédais mes propres terres et ma propre maison. Tout cela me manque », raconte l'homme de 51 ans qui a initié la construction du camp informel dans la région du Mont Liban. « Mais nous ne savons pas combien de temps va durer ce conflit... cela pourrait durer longtemps, plus longtemps que ce que l'on pensait ».

L'action de CARE

Au Liban, CARE apporte son soutien aux réfugiés vivant en zones urbaines et dans des camps informels à subvenir à leurs besoins les plus basiques et les plus urgents. Cela comprend l'information sur l'accès à des services de santé et d'assistance sociale, la fourniture d'abris et un soutien psychosocial. CARE aide également les populations libanaises les plus vulnérables.

En Jordanie, CARE est venue en aide à plus de 110 000 Syriens réfugiés à Amman, en leur apportant une aide financière pour leur permettre de subvenir à leurs besoins basiques comme le loyer, la nourriture et les vêtements. CARE les renseigne également sur les services disponibles.

CARE Jordanie joue également un rôle clé dans la prochaine ouverture du camp d'Azraq. CARE sera le premier contact des réfugiés à leur arrivée et les informera sur l'organisation du camp, l'accès aux services, leurs droits. Nous favoriserons la mise en place de comités de réfugiés au sein du camp pour qu'ils puissent faire entendre les voix de leurs communautés.

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