01 juillet 2013

CARE France célèbre les 10 ans de sa fusion avec SERA : témoignage du Dr Cristian Tabacaru

Depuis 2003, CARE France vient en aide aux enfants abandonnés de Roumanie grâce à sa fusion avec l'association SERA (Solidarité Enfants Roumains Abandonnés). A l'occasion de cet anniversaire, découvrez une série d'interviews des membres de notre équipe.

Découvrez le témoignage du Dr Cristian Tabacaru, ancien directeur de SERA. Il est aujourd'hui directeur de projets à la banque de développement du Conseil de l'Europe et trésorier bénévole de CARE France.

Quel rôle avez-vous joué dans l'histoire de SERA ?

J'ai fait mes études de médecine à Bucarest. J'ai été le responsable de SERA de 1995 à 1997. Entre 1997 et 1999, j'ai eu l'honneur de me voir confier le rôle de Secrétaire d'Etat à la Protection de l'Enfance. J'ai pu faire abroger l'ordonnance par laquelle Ceausescu avait, en 1970, mis en place le système d'abandon et d'institutionnalisation des enfants en Roumanie. De 1999 à 2001, j'ai repris mes fonctions de directeur général de SERA. Aujourd'hui encore, je suis les actions de SERA grâce à ma participation au Conseil d'Administration de CARE France.

Quel regard portez-vous sur les actions de SERA depuis sa création ?

SERA est une ONG qui a fait évoluer les services publics roumains, en faveur du respect des droits des enfants abandonnés et handicapés. SERA reste le symbole de la lutte contre l'abandon et l'institutionnalisation des enfants abandonnés. Je suis fier d'avoir contribué aux actions mises en place par SERA.

Quelle a été l'évolution de SERA ces 10 dernières années, depuis la fusion avec CARE ?

Depuis 1990, SERA a aidé 40 000 enfants abandonnés

Pendant les années 1990, plusieurs ONG internationales se sont intéressées aux enfants roumains abandonnés. Après l'adhésion de la Roumanie à l'Union Européenne, beaucoup d'entre elles sont parties ou se sont contentées d'un rôle d'"observateur". Or, le problème était loin d'être résolu. Hélas ! Loin de là ! Et comment rester passif devant la souffrance d'un enfant ! SERA a continué son travail, multiplié ses partenariats au niveau local. CARE lui a apporté le soutien nécessaire. CARE représente pour SERA la continuité dans cette lutte pour la cause des enfants abandonnés. La Roumanie a beaucoup changé : aujourd'hui les autorités roumaines sont des partenaires essentiels de SERA.

Y-a-t-il un évènement qui vous a particulièrement marqué ?

Je me souviendrai toujours de l'odeur dans les 600 orphelinats de Ceausescu. Ceux de Vanjulet, Ionaseni ou Ungureni étaient de véritables mouroirs. C'était inimaginable. Les conditions de vie de ces enfants étaient tout simplement horribles. Je me souviens ensuite du bonheur que j'ai ressenti quand, à la fin des programmes menés par SERA, j'ai rencontré les mêmes enfants accueillis dans des endroits corrects.

Quelles devraient être selon vous les priorités de SERA pour les années à venir ?

Pour continuer, SERA doit faire plus de prévention, multiplier les partenariats avec le secteur privé et renforcer son image auprès du grand public. Je souhaite que les activités de SERA continuent tant qu'il y en a besoin... Et malheureusement, avec la crise économique et les diminutions de budget des administrations, la situation des enfants abandonnés ne va pas s'améliorer. Il reste beaucoup à faire... La Roumanie restera un pays de contrastes.