12 août 2013

Fadimata Bintou est originaire de Goundam (région de Tombouctou). Pour fuir les violences qui ont secoué le Mali depuis janvier 2012, Fadimata et ses six enfants se sont réfugiés à Sébougou (région de Ségou). Sa famille fait partie des 6 000 familles bénéficiaires de l'aide fournie par CARE Mali et ses partenaires (UNICEF, PAM, ACDI, ECHO).

Elle nous raconte les moments difficiles qu'elle a vécu et son souhait de retourner chez elle pour que ses enfants puissent poursuivre leur scolarité.

Comment avez-vous vécu l'escalade de violences au Mali ?

Avant la crise, je vivais à Goundam avec mon mari et mes 6 enfants. Ma famille vivait principalement de l'agriculture et l'élevage. Avec mes filles, je faisais également des travaux de couture et fabriquais des perles pour payer la scolarité de mes enfants et nos vêtements.

Aux premiers coups de feu, les gens ont commencé à quitter la ville. Les écoles et les banques ont fermé. C'était très difficile pour tout le monde. En avril 2012, j'ai envoyé deux de mes enfants, qui passaient le baccalauréat et le DEF (Diplôme d'Etudes Fondamentales), chez ma sœur à Ségou. C'était compliqué pour eux de s'adapter car ils ne parlaient pas bien le Bambara, la langue utilisée par les enseignants. Mon fils a raté son bac. Ma fille réussi son examen du DEF.

Avec mes autres enfants nous avons rejoint Ségou 3 mois plus tard. A Goundam, les gens disaient que ceux qui restaient étaient des morts volontaires. Depuis, nous vivons à sept dans cette maison inachevée que je loue 20 000 FCFA (30,50€) par mois. J'ai maintenant beaucoup d'arriérés de loyers à payer.

Comment s'est déroulée votre arrivée à Ségou ?

Nous avons rencontré beaucoup de difficultés pour nous nourrir. Lorsque je suis arrivée, je n'ai pu acheter qu'un sac de riz. Pour le reste, je demandais à d'autres personnes déplacées, des familles voisines. Le premier mois a été très difficile.

2013 / CARE

Heureusement, j'ai entendu parler des enregistrements pour bénéficier de l'aide humanitaire. On a attendu des jours et des nuits mais finalement nous avons été aidés par CARE. J'étais tellement soulagée. Depuis, je reçois régulièrement une ration mensuelle d'aliments (riz, petit pois, huile et sel).

J'ai également reçu la somme de 50 000 FCFA (76€) puis un kit d'hygiène en février 2013.

L'aide alimentaire permet à ma famille de vivre et l'argent m'aide à payer mes dettes de loyer. Les équipes de CARE organisent des séances de sensibilisation et nous conseillent sur l'utilisation des kits d'hygiène. C'est CARE Mali qui est venu aider les déplacés qui se sont retrouvés sans rien ni personne vers qui se tourner.

Aujourd'hui, je recommence la fabrication de perle.

Quelles sont vos espoirs aujourd'hui ?

Je prie Dieu tous les jours pour que la paix revienne sur le Nord afin que nous puissions retourner chez nous. Je souhaite retourner à Goundam en septembre 2013 pour que mes enfants puissent faire leur rentrée scolaire chez nous. Mais là-bas, on me dit que tout a été détruit ou pillé : les habitations, les écoles, les marchés. Cela va être difficile de rembourser nos dettes ici et d'avoir assez d'argent pour reconstruire notre maison et donner à manger aux enfants.

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Laury-Anne Bellessa
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