19 août 2013

RDC : des volontaires aident leur communauté aux côtés de CARE

A l'occasion de la journée mondiale de l'aide humanitaire, CARE rend hommage à tous les volontaires qui s'engagent à nos côtés pour aider leur communauté affectée par la guerre, une catastrophe, des crises économiques ou alimentaires.

Découvrez le quotidien de Joel, éducateur et de Zawadi, travailleuse psychosociale, dans le camp de déplacés du Lac-Vert au Nord Kivu.

Joel : prévenir les violences et porter assistance aux victimes

Joel, 38 ans, est un homme réfléchi. Cet ancien enseignant de primaire fait partie de ces milliers de personnes qui ont été obligées de fuir leur foyer du fait des violences continues qui ravagent la province du Nord Kivu (à l'Est de la RDC). 24 000 d'entre elles ont trouvé refuge dans le camp de déplacés du Lac-Vert, dans la banlieue de Goma (ville principale de la province).

Joel est désormais l'un des 30 éducateurs volontaires qui officient dans le camp suite à une formation organisée par CARE et ses partenaires. Son rôle ? Offrir réconfort et porter assistance aux victimes de violences sexuelles et basées sur le genre. Il les informe notamment sur les soins médicaux dont ils peuvent bénéficier.

Il aide également à prévenir ce type de violences. Ses conseils vont de « N'aller pas collecter du bois pour le feu seul, faites-le en groupe » à « Ne blâme pas ta femme si quelque chose lui arrive. Ce n'est pas de sa faute. Tu dois la soutenir et l'aider à être soignée. Ta santé peut également être en danger. » Joel travaille, en effet, souvent avec les hommes afin qu'ils contribuent à lutter contre les attitudes violentes à l'égard des femmes et des filles.

Chaque jour, il se rend de tente en tente et participe à des réunions. « Regarde mes sandales », nous interpelle-t-il, « je marche tellement qu'elles sont déjà en lambeaux ».

Combien de personne aide-t-il ? « Beaucoup », dit-il en montrant les traits nets qu'ils tracent dans son carnet à la suite de chaque rencontre.

« Chaque semaine, je parle avec des femmes qui ont été violées et qui souffrent de complications génitales, des hommes qui ont été traumatisés et qui ont besoin de parler à quelqu'un. Certaines semaines, je rencontre jusqu'à 30 personnes. »

Un chiffre devant lequel Joel ne veut pas se décourager.

« Mon mot d'ordre: survivre. Nous ne pouvons pas rester sans rien faire. Si nous nous taisons, rien ne changera. Cela pourrait même empirer. Je veux voir le jour où je n'entendrai parler que d'un ou deux viols par semaine. »

Zawadi : soutenir les victimes et les référer médicalement

Les espoirs de Joel sont partagés par Zawadi. Cette jeune femme d'une trentaine d'année est l'une des 9 travailleurs psychosociaux du camp formés par CARE.

2013 / CARE
Zawadi (à gauche) aide les victimes de violences sexuelles.

Elle assure le suivi des victimes après l'intervention de Joel. Quand les femmes ont été informées des services auxquelles elles ont accès et qu'elles savent qu'elles n'ont pas à ressentir de honte, elles se rendent à la « maison des mères ». Cette maison - en réalité une tente à moitié vide- est un véritable refuge pour les femmes. Zawadi les met à l'aise et parle avec elles afin de mieux comprendre leur situation. Elle leur offre un soutien émotionnel et si besoin est, les réfère à une clinique de santé pour qu'elles puissent recevoir un traitement médical.

Elle est volontaire depuis le début de l'année 2013.

« Je suis bénévole. Aider les autres est un cadeau », dit-elle. « Ce que nous faisons ici fait une énorme différence pour les victimes et j'espère que nous participons à faire évoluer les mentalités dans nos communautés. »

En savoir plus

CARE soutient les victimes de violences sexuelles et basées sur le genre à recevoir un traitement médical et à retrouver une autonomie économique afin qu'elles puissent surmonter la discrimination à leur égard.

contact médias

Laury-Anne Bellessa
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