05 septembre 2013

G20 : CARE rencontre François Hollande et soutient l'inclusion financière pour les populations vulnérables

Vendredi dernier, CARE France, représentée par sa présidente Arielle de Rothschild, faisait partie de la délégation d'ONG invitée par le président de la République à une rencontre de préparation du sommet du G20 qui se déroule les 5 et 6 septembre.

Les ONG françaises rencontrent François Hollande

Réunies sous l'égide de la plateforme Coordination SUD, les ONG ont défini un ensemble de messages s'articulant autour de 3 thématiques :

  1. L'atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), la définition de l'agenda de développement post-2015 et les questions de croissance verte ;
  2. La régulation financière, la lutte contre les paradis fiscaux, l'évasion fiscale et la corruption ;
  3. L'agriculture, la sécurité alimentaire et la nutrition.

L'inclusion financière au service des plus pauvres

Lors de cette rencontre, CARE France a attiré l'attention sur le rôle que l'inclusion financière peut jouer dans une croissance économique équitable. Un point que les chefs d'Etats du G20 avaient déjà abordé en 2012 et un enjeu de taille puisque 2,5 milliards de personnes n'ont toujours pas accès aux services financiers formels. Ces personnes, dont une grande majorité de femmes, n'ont aujourd'hui pas la possibilité ou la capacité d'obtenir un compte bancaire et d'avoir accès aux services de crédit et d'épargne.
CARE encourage les chefs d'Etats du G20 à s'assurer que tous leurs engagements en termes d'inclusion financière tiennent compte des obstacles rencontrés par les populations les plus pauvres et les plus marginalisées.

À cet égard, nous préconisons aux gouvernements de :

  • Reconnaître le potentiel des groupes informels d'épargne comme point d'entrée vers une inclusion financière formelle pour les plus pauvres et les plus vulnérables.
  • Mettre à disposition des financements supplémentaires pour une duplication à plus grande échelle des modèles innovants ayant prouvé leur efficacité tels que les groupes d'épargne ainsi que pour développer de nouveaux modèles.

Le modèle des Associations Villageoises d'Epargne et de Crédit (AVEC), mis en œuvre depuis 20 ans, a démontré son efficacité en offrant l'opportunité aux plus vulnérables, principalement des femmes, d'avoir accès à l'épargne et au crédit. Les programmes menés par CARE depuis plus de 10 ans ont démontré que les plus pauvres ont une réelle capacité d'épargne, en moyenne 58$US par an. Cet argent leur permet de répondre aux besoins essentiels de leur famille, de développer des activités génératrices de revenus tout en améliorant leur estime de soi et leur participation aux processus de décision au niveau local.

Les stratégies gouvernementales devraient soutenir l'expansion de ce modèle à l'échelle nationale (comme ce fut le cas au Rwanda) et identifier des solutions innovantes pour permettre l'accès des groupes d'épargne aux institutions financières formelles (à l'instar du partenariat entre CARE, PLAN et Barclay's).

  • Encourager le secteur bancaire, à travers une réglementation et des politiques financières, à réduire les nombreuses exigences liées à l'inscription bancaire qui représentent un obstacle pour la majorité des plus pauvres.
  • Développer les partenariats entre gouvernements, banques et entreprises de téléphonie mobile pour améliorer l'accès aux services financiers, notamment dans les zones rurales isolées.
  • Inciter les gouvernements à encourager les institutions de micro-finance à être transparentes afin d'informer et protéger les consommateurs, en particulier les plus vulnérables.
  • Encourager les gouvernements à adopter des mesures pour intégrer l'éducation financière dans les programmes scolaires (comme cela est envisagé au Pérou) et dans leurs programmes de protection sociale en particulier pour les femmes, les filles et les jeunes.
contact médias

Laury-Anne Bellessa
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