19 septembre 2013

CARE France a 30 ans : témoignage Sandra Bulling, responsable communication de CARE International

Sandra Bulling* nous explique le fonctionnement du réseau CARE à l'occasion du trentième anniversaire de l'ouverture du bureau français.

2013 / CARE

Comment fonctionne le réseau CARE et quels en sont les atouts ?

CARE est un réseau de 14 organisations nationales (France, Allemagne, Grande-Bretagne, Danemark, Etats-Unis, Inde, etc). Si chacune est indépendante, nous partageons le même logo et respectons les mêmes principes programmatiques : renforcement des capacités locales, élimination des discriminations, recherche de résultats durables, etc.

Ensemble, nous travaillons dans plus de 84 pays. Nous apportons compétences techniques, financements, contrôle de gestions et relais en termes de communications aux projets terrain qui sont gérés par des équipes locales. C'est cette collaboration qui fait notre force.

En termes d'organisation, CARE International coordonne nos programmes sur le terrain, nos actions de plaidoyer ainsi que nos opérations de communication. Cela nous permet de disposer d'une voix plus forte lors des conférences internationales sur le développement et auprès des médias.

Un autre atout du réseau CARE est l'expertise développé par nos membres : CARE Allemagne est ainsi très engagée dans les interventions d'urgence, CARE Danemark travaille sur le changement climatique. En France, en plus des responsables régionaux, vous avez des spécialistes des urgences et des questions de genre ou de changement climatique. C'est très important de cultiver ce professionnalisme.

En plus des programmes soutenus dans 27 pays, CARE France est « membre leader » pour trois bureaux pays : le Cameroun, le Liban et le Maroc. Pouvez-vous nous expliquer en quoi cela consiste ?

Au-delà d'une supervision administrative, financière et programmatique, le « membre leader » aide les bureaux pays dans leur réflexion stratégique. L'objectif global de nos interventions est l'accès universel aux droits élémentaires et le renforcement des droits des femmes. Mais selon les besoins des pays, nous nous concentrons sur des domaines sur lesquels peu d'organisations internationales travaillent. Pour cela, il est primordial que l'on se coordonne avec les autorités du pays d'intervention et les autres organismes humanitaires présents sur place afin d'être sûr d'avoir une action la plus efficace possible. De ce fait, la stratégie ne sera pas la même au Cameroun, au Pérou ou au Vietnam.

L'efficacité et la durabilité de nos actions sont deux facteurs essentiels pour CARE. Que cela implique-t-il ?

Avant tout, une réflexion permanente sur nos actions et nos modes d'intervention. Nous sommes d'ailleurs en train de transformer notre organisation structurelle afin de nous adapter aux évolutions du monde. Depuis 60 ans, les organisations locales, les sociétés civiles se renforcent et se développent. Nous voulons prendre en compte ces changements pour gagner en efficacité.

Plusieurs réunions nous ont permis de nous accorder sur une stratégie et les étapes à mettre en place : le rôle des « membres leader » va évoluer et nous allons renforcer notre coordination interne. Avec plus de 12 000 employés, ce changement ne peut se faire en une nuit. Cela va prendre un peu de temps.

Mais cette recherche constante pour renforcer notre flexibilité et notre efficacité est une responsabilité que nous avons à l'égard des communautés avec lesquelles nous travaillons ainsi que des bailleurs et des donateurs qui nous soutiennent.

Un petit mot à l'occasion de l'anniversaire de CARE France ?

Vous fêtez cette année, les trente ans de la création du bureau français mais il faut se rappeler que l'histoire de CARE en France à démarrer il y a plus de soixante ans lors de l'arrivée des premiers colis CARE après la Seconde Guerre mondiale. C'est un important héritage !

Je pense également que la création des bureaux européens a été une étape primordiale dans l'histoire de CARE. En tant que responsable communication, je suis consciente du devoir que nous avons de tenir nos concitoyens au courant du sort des populations les plus défavorisées et des actions que nous mettons en place pour les soutenir. Il n'est pas toujours évident d'attirer l'attention sur les questions de développement mais il faut savoir qu'il est en notre pouvoir à tous d'aider les pays les plus pauvres.

* Sandra travaille pour CARE depuis sept ans. Elle fut d'abord responsable communication pour CARE Allemagne avant de rejoindre l'équipe du secrétariat de CARE International, il y a deux ans. Sa mission est double : elle travaille sur tous les supports de communication du réseau (publication du rapport annuel, site internet...) et assiste le groupe d'urgence de CARE en coordonnant la communication dans les situations de crises (catastrophes naturelles, conflits) : soutien aux bureaux pays, rédaction de communiqués de presse et coordination entre les différents membres.