24 septembre 2013

Jordanie : les enfants syriens voudraient retourner à l'école

En cette période de rentrée des classes, des milliers d'enfants réfugiés syriens n'ont pas la chance de pouvoir retourner à l'école. Les raisons sont nombreuses : les familles vivent sans source de revenu, certaines sont obligées d'envoyer leurs enfants travailler, les écoles des pays d'accueil n'ont pas les capacités d'accueillir plus d'enfants... Découvrez l'histoire d'Hanan, 8 ans, réfugiée en Jordanie.

Une génération d'enfants traumatisés par la guerre

Hanan est syrienne. Son père a été tué par une bombe alors qu'il vendait des légumes au bord de la route. Son plus jeune frère a été blessé lors de l'effondrement de leur appartement touché par une explosion. Après ces tragédies, Hanan, sa mère et ses quatre frères ont trouvé refuge en Jordanie. Hanan vit désormais dans un bidonville près d'Amman, la capitale de la Jordanie.

2013 / CARE

Lorsque les équipes CARE ont rencontré cette petite fille de 8 ans, Hanan était en train de dessiner sur un bout de papier déchiré. Au premier coup d'œil cela ressemblait à n'importe quel dessin d'enfant. Les personnes ont des visages souriants et des corps amorphes, les maisons ont des toits pointus et des fenêtres.

Mais si l'on regarde plus attentivement on observe des détails frappants. Hanan a dessiné un petit tank au milieu du dessin. Et en haut de l'image, d'étranges objets circulaires semblent couler, l'un près d'une maison et l'autre sur un des visages souriants. Hanan montre le cercle qui coule de la maison et explique : « c'est un œil qui pleure. »

Hanan est vive et curieuse. Elle est désireuse d'en apprendre plus sur le monde qui existe au-delà de l'appartement vide où vit sa famille. Elle a manqué une année d'école alors que sa mère les amenait d'un lieu à un autre en espérant trouver un abri sûr. Pourtant Hanan se rappelle bien des chiffres, elle peut effectuer de petits calculs et sait écrire le nom de son frère en arabe.

Les enfants syriens privés d'école

En cette période de rentrée des classes, Hanan devrait être à l'école. Sa mère Rawda souhaite d'ailleurs que ses enfants soient scolarisés. C'est un atout pour cette petite fille alors que de nombreux parents syriens, sans source de revenu et dans l'incapacité de trouver un travail légal, sont obligés d'envoyer leurs enfants vendre des chewing-gums ou d'autres petites bricoles dans les rues.

L'école est gratuite mais le coût du papier et des stylos décourage beaucoup de familles de réfugiés qui luttent pour survivre au quotidien. Néanmoins, Rawda a déjà inscrit Hanan et son frère de 7 ans, Izeddin. Mais l'école publique locale a expliqué à Rawda qu'il n'y avait pas de place pour ses enfants.

Les écoles jordaniennes sont aujourd'hui totalement surchargées. Au cours des dernières décennies, la Jordanie a accueilli des centaines de milliers de réfugiés originaires de plusieurs pays dont l'Irak. La Jordanie a déjà mis en place des systèmes de rotations dans certaines écoles pour accueillir les enfants syriens obligés de fuir leur pays. Mais le nombre de classes et de professeurs est limité.

Qui plus est si Rawda trouve un travail, Hanan sera surement chargée de surveiller ses frères. Sa scolarité risque d'être interrompue avant même d'avoir pu commencer.

2013 / CARE

Hanan est l'une des milliers de petites filles intelligentes et capables de par le monde, qui ne peuvent pas aller à l'école à cause de la guerre, la pauvreté ou des traditions.

Hanan continue à décrire son dessin. « Là, c'est l'un de mes frères. » Elle montre le second cercle, celui qui coule d'un visage. « Ici, un autre œil qui pleure et moi. »

L'action de CARE

CARE a fourni à Rawda une aide financière afin qu'elle puisse payer de la nourriture et le loyer de leur appartement. Les équipes de CARE conseillent également les réfugiés comme Rawda afin qu'ils trouvent de l'aide auprès d'associations qui se consacrent aux problèmes liés à l'éducation. CARE prévoit également de créer des centres familiaux où des enfants comme Hanan et ses jeunes frères peuvent jouer avec d'autres enfants et lire des livres en toute sécurité.

En savoir plus

En avril 2013, CARE a interrogé 1 900 réfugiés syriens vivant dans les zones urbaines des villes de Mufraq, Irbid, Madaba et Zarqa en Jordanie. Cette enquête a révélé que les réfugiés syriens vivent dans des conditions très précaires.

Face à la flambée du prix des loyers et à l'augmentation des prix du gaz et des biens alimentaires, le taux moyen d'endettement parmi les réfugiés vivant en zone urbaine s'élève à 500 euros, soit près de trois mois de loyer. Les enfants souffrent également de cette situation : 60 % des enfants en âge d'être scolarisés ne reçoivent aucune forme d'éducation.

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