30 septembre 2013

Climat : l'échéance n'est pas en 2020 mais aujourd'hui

Un texte de Philippe Lévêque, Directeur général de CARE France, en réaction à la diffusion de la première partie du rapport du Groupe d'experts sur l'évolution du climat (GIEC) diffusée vendredi dernier.

2012 / CARE

La responsabilité du changement climatique incombe aux émissions de gaz à effet de serre liées aux activités humaines.

Les spécialistes en sont désormais plus sûrs que jamais - 95% contre 90% en 2007 - selon la première partie du rapport du Groupe d'experts sur l'évolution du climat (GIEC) diffusée vendredi dernier. Cette date marquera-t-elle une étape importante dans l'agenda international du développement ? Cela dépendra entièrement de la volonté des gouvernements du monde entier de se saisir de cette occasion pour s'attaquer concrètement au changement climatique.

Alors que certaines voix s'élèvent pour minimiser l'ampleur de l'impact du changement climatique en insistant sur le « refroidissement » observé au cours des quinze dernières années, le constat de ce rapport est sans appel : le changement climatique est une réalité ici et maintenant avec des conséquences concrètes telles que la hausse des températures, l'élévation du niveau des mers et la fonte des glaces. Soyons clairs, si le rythme du réchauffement a ralenti, la tendance générale se poursuit. En 2012, les 800 évènements extrêmes recensés ont déplacé 32 millions de personnes, coûté 130 milliards de dollars en pertes économiques et trop de vies humaines.

Face à l'incapacité des gouvernements à trouver un accord au terme du protocole de Kyoto en 2012, le rapport du GIEC apparait comme un énième appel à agir de manière urgente.

Si nous ne réduisons pas drastiquement nos émissions carbone, nous nous dirigeons vers le scénario le plus pessimiste avec un réchauffement climatique de 5°C dont les conséquences seraient dramatiques. Déjà en mai dernier, les Nations Unies affirmaient que le changement climatique représentait l'obstacle le plus important pour l'éradication de l'extrême pauvreté d'ici 2030.

Or, les discussions sur un nouvel accord international sur le climat ont déjà été repoussées à 2015 et cinq années supplémentaires sont à prévoir pour la mise en place effective d'un éventuel accord. C'est la France qui accueillera la Conférence des Parties signataires de la Convention Climat (COP) au cours de laquelle un accord doit être validé. Si la France souhaite arriver à cet accord, elle doit être exemplaire et mettre en place des solutions efficaces et équitables dès maintenant. Les outils existent déjà et doivent être déployés à grande échelle comme la réduction des émissions dans des secteurs clefs (transports, habitations), l'augmentation de l'utilisation des énergies renouvelables et la mobilisation de financements publics additionnels pour appuyer les pays en développement à s'adapter.

Josh Estey / CARE

En effet, si rien n'est fait, 600 millions de personnes supplémentaires pourraient souffrir d'insécurité alimentaire d'ici 2080 sous l'effet du changement climatique, venant grossir le chiffre des 925 millions de personnes déjà touchées aujourd'hui.

François Hollande a quatre échéances proches pour changer la donne : la loi sur la transition énergétique, la loi de finance 2014, la loi d'orientation sur le développement et la solidarité internationale et le prochain paquet énergie-climat européen.

 La France devrait apporter une contribution climat-énergie efficace et juste socialement, et renoncer aux subventions dommageables à l'environnement

A l'heure où les débats commencent aux Nations Unies sur le contenu du programme post-2015, la fusion des agendas des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) et des Objectifs de Développement Durable (ODD) apparaît plus que nécessaire afin d'apporter les solutions adaptées aux défis auxquels nous faisons déjà face et ceux à venir. Il faut un engagement politique fort et rapide car chaque négociation ratée vient aggraver les conséquences du changement climatique.

Il n'est pas, encore, trop tard pour agir.

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