07 octobre 2013

Jordanie : l'accès aux soins de santé est cher et compliqué pour les réfugiés syriens.

De nombreux réfugiés syriens doivent aujourd'hui vivre avec les séquelles physiques de la guerre civile qui ravage leur pays. Handicap ou maladie, il est compliqué et onéreux d'accéder à des soins de santé appropriés dans les pays d'accueil.

Faire face aux difficultés d'être réfugiée et handicapée

2013 / CARE

« Vous avez un ascenseur dans votre immeuble ? » Hanadi, une réfugiée syrienne d'une trentaine d'année, vit avec des proches dans un bâtiment vétuste d'une région pauvre du nord de la Jordanie - et plus précisément au quatrième étage. C'est un détail important lorsque l'on sait que Hanadi est en fauteuil roulant.

A la différence de milliers de Syriens qui ont été blessés au cours des combats qui secouent aujourd'hui la Syrie et qui souffriront de handicaps permanents, les problèmes de santé d'Hanadi remontent à l'enfance. Mais le problème reste le même : actuellement, il prend la forme de 60 maudites marches qui la coupent du reste du monde.

« Non, il n'y a pas d'ascenseur. » Et par conséquent, Hanadi n'a pas d'autre choix que de se servir de ses mains pour descendre les escaliers ou se hisser en haut des marches. Et ce plusieurs fois par semaine.

Hanadi a fui la Syrie avec sa famille en août 2012.

« Les bombes pleuvaient, il y avait tellement de morts » se souvient-elle. « Nous avons erré d'abri en abri, tentant d'en trouver un sûr. Mais il n'y en avait aucun. »

Et nous savons tous qu'il est déjà éprouvant de déménager sans cesse quand on peut marcher et qu'il n'y a pas de bombardement.

Une fois arrivée en Jordanie, Hanadi était en sécurité mais cela ne réglait pas tous ses problèmes. Hanadi a vécu quelques mois dans un camp de réfugiés dans lequel les toilettes publiques étaient difficilement accessibles pour une personne en fauteuil roulant.

Les séquelles physiques de la guerre

Les réfugiés syriens doivent faire face aux séquelles du conflit : blessures par balles, brûlures sévères au cours d'explosions, amputations... Or beaucoup n'ont pas pu bénéficier de soins médicaux d'urgence à cause des bombardements et du blocage des routes. C'est le cas d'Izeddin, un petit garçon de sept ans. Izeddin a toujours eu une santé fragile mais aujourd'hui Il ne peut plus du tout marcher. Blessé aux pieds lorsque son immeuble en Syrie a été bombardé, il est obligé de ramper sur le sol pour se déplacer.

2013 / CARE

Les réfugiés souffrent également de troubles plus communs comme l'hypertension. Bien que les réfugiés aient accès aux services de santé jordaniens, les structures ont atteint leurs capacités d'accueil maximales.

Accéder à des soins médicaux et être en mesure de les payer est un vrai défi.

Et c'est encore plus compliqué de bénéficier d'un suivi régulier à l'image d'Abdel Rahman, 7 ans, qui souffre d'une maladie rare du sang et doit être transfusé tous les 21 jours. Chaque transfusion coûte 70 dinars jordaniens, soit environ 75 €. Une somme exorbitante pour cette famille qui a tout perdu en fuyant la Syrie.

L'action de CARE

En Jordanie, CARE aide financièrement les familles dont les besoins sont les plus urgents, comme c'est le cas pour la mère d'Izeddin, veuve, ou encore pour les parents d'Abdel Rahman. L'argent sert à acheter des médicaments, payer des traitements, ou pour d'autres priorités. CARE oriente également les réfugiés vers les organisations locales qui proposent des soins médicaux gratuits ou peu coûteux.

contact médias

Laury-Anne Bellessa
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