11 octobre 2013

Jordanie : les filles syriennes privées d'éducation

En cette journée internationale des filles, CARE s'inquiète du sort des milliers de filles syriennes qui ne sont pas scolarisées.

« Beaucoup de filles syriennes ont interrompu leur scolarité il y a plus d'un an du fait de la violence des combats en Syrie et des déplacements constants des familles réfugiées. En Jordanie par exemple, l'accès à l'éducation reste compliqué. Certaines écoles ont vu leur nombre d'élèves tripler. Elles sont désormais obligées de faire venir les classes en alternance pour que tous les enfants puissent être accueillis. Et malgré cela, les écoles jordaniennes ont atteint la limite de leur capacité d'accueil. Nous avons recueilli le témoignage de parents qui n'ont même pas pu inscrire leur enfants sur les listes d'attente », explique Salam Kanaan, directrice de CARE Jordanie.

En Syrie, près de deux millions d'enfants âgés de 6 à 15 ans ne vont pas à l'école. 2,1 millions de Syriens ont également fui leur pays, dont près de 328 000 filles en âge d'être scolarisées, selon les estimations des Nations Unies. En Jordanie, seulement un tiers des 150 000 enfants syriens vont actuellement à l'école.

« Certaines familles réfugiées ont entre trois et cinq enfants. Les parents sont souvent obligés de prendre une décision difficile : choisir d'envoyer seulement un ou deux enfants à l'école. Cela s'explique par le nombre limité de places à l'école, mais aussi par des contraintes financières. Les parents ne peuvent assumer les coûts liés au transport et aux fournitures. Le plus souvent, ce sont les filles qui sont privées d'école car les parents sont inquiets de les laisser prendre seules les transports en commun, ou de les voir parcourir de longues distances pour se rendre à des écoles qui auraient des places disponibles », ajoute Salam Kanaan.

Au Liban, le pays qui accueille le plus de réfugiés, le taux de scolarisation des enfants syriens n'atteint pas les 10%. D'ici la fin de l'année 2013, le nombre de réfugiés syriens pourrait atteindre le million, dont près d'un tiers d'enfants âgés de 5 à 17 ans.

« Les pays qui accueillent des réfugiés syriens ne peuvent pas faire face à la situation sans le soutien de la communauté internationale. Les services éducatifs comme ceux de santé sont saturés. Les secteurs publics ont besoin de financements complémentaires », explique Salam Kanaan.

Chaque enfant a le droit de bénéficier d'une éducation de qualité, même dans les circonstances les plus difficiles. L'accès à l'éducation est essentiel pour assurer le futur de chaque enfant réfugié, fille ou garçon.
Et l'éducation ne se limite pas à apprendre à lire et à écrire. C'est également l'occasion pour les enfants d'être dans un environnement sûr où ils peuvent vivre à nouveau normalement après un passé récent agité, empli de souvenirs douloureux.

L'action de CARE en Jordanie

En Jordanie, CARE est venu en aide à plus de 110 000 réfugiés syriens, en leur apportant un soutien financier et social. CARE projette également de créer des centres pour les familles où les enfants de réfugiés pourront jouer en toute sécurité.

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