17 octobre 2013

Crise syrienne. Les réfugiés s'expriment à travers un reportage photo

Les photographes américains Robert Fogarty et Ben Reece se sont rendus en Jordanie avec CARE pour réaliser une série de portraits de réfugiés syriens. Leurs photos capturent les émotions des réfugiés - la peur, la colère, la confusion, la douleur, le chagrin mais aussi l'espoir - et les messages qu'ils souhaitent transmettre au monde entier.

Découvrez le témoignage de Robert Fogarty

Alors que les dimensions politiques de la crise syrienne captent l'attention du monde entier, les voix de ceux qui souffrent de ce conflit ne sont pas souvent entendues.

Plus de deux millions de Syriens ont déjà dû quitter leur pays. 6000 personnes continuent chaque jour à fuir la Syrie. Je suis allé à la rencontre de ces réfugiés dans les villes jordaniennes d'Amman, Mafraq et Zarqa où travaille l'ONG CARE ainsi que dans le camp de Zaatari.

Ces personnes parlent une autre langue, ont d'autres coutumes et pourtant je me suis senti proche d'eux. Je n'ai pu que partager leur désarroi.

Que signifie être réfugié ?

Vous regrettez votre maison que vous avez abandonnée, votre vie est comme mise en suspens, vous cherchez un endroit sûr pour protéger votre famille et vous vous interrogez sur l'avenir de vos enfants.

Huda, 11 ans, vit dans le camp de Zaatari dans le nord de la Jordanie. Ce camp accueille près de 121 000 réfugiés et constitue aujourd'hui la quatrième « ville » du pays.

Huda a été défigurée par une bombe en Syrie. Les combats qui se déroulaient dans son quartier l'ont empêchée de se rendre à l'hôpital. Deux jours étaient passés avant qu'elle puisse recevoir des soins.

La violence et les errances politiques empêchent les organisations humanitaires d'aider une grande partie de la population syrienne. Huda est une des victimes de cette guerre qui la dépasse.

Quand nous l'avons photographiée, nous lui avons demandé quel était le message qu'elle voulait transmettre au monde ? Il est simple : « Je veux retrouver ma vie d'avant. »

Les souffrances endurées par les réfugiés syriens sont à la fois consternantes et bouleversantes.

Les messages en témoignent. Certains se révoltent face aux commentaires qui leur sont adressés : « Je ne suis pas un terroriste ». D'autres s'interrogent : « Quand pourrons-nous retourner dans notre pays ? »

Les gens que nous avons rencontrés sont étudiants, docteurs ou avocats. Ils ont des compétences mais ne sont pas en mesure de les utiliser. Ils ont pourtant ce désir de continuer à avancer. Certains d'entre eux sont même volontaires pour aider les équipes de CARE à soutenir leurs compatriotes. Ce que j'ai vu est loin du stéréotype des personnes qui attendent sans rien faire qu'on vienne les aider.

La réaction de Salam Kanaan, directrice de CARE Jordanie

Ces photos montrent la dignité des Syriens dont la vie a été complètement bouleversée. Leurs paroles doivent être entendues par nos dirigeants internationaux.

Le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés a récemment lancé un appel alertant que les pays qui accueillent les réfugiés syriens ne peuvent pas faire face à la situation sans le soutien de la communauté internationale. Leurs services éducatifs comme ceux de santé sont aujourd'hui saturés. Les secteurs publics ont besoin de financements complémentaires.

Suite à l'appel lancé par l'ONU en juin 2013, les bailleurs internationaux ne se sont engagés à verser que la moitié des 3 milliards de dollars requis pour aider les populations affectées par la crise syrienne.

La communauté internationale doit réagir et vite. Et cela doit commencer par reconnaitre les souffrances des victimes de cette crise.

L'action de CARE

Face à l'ampleur de la crise syrienne, CARE a mis en place une stratégie régionale de réponse pour apporter son soutien aux populations réfugiées en Syrie, Jordanie, au Liban et en Egypte.
CARE aide également les communautés hôtes qui souffrent de cette crise du fait de la pression croissante sur les services de base (services de santé, emplois, logements, etc).
Pour en savoir plus

CARE dans les médias

Découvrez cette série de portraits sur les sites de L'Express et Paris Match.