24 octobre 2013

Liban : l'aide humanitaire est insuffisante pour répondre aux besoins des réfugiés syriens

L'aide reçue par les réfugiés syriens est en deçà de leurs besoins. Les familles libanaises les plus vulnérables sont également affectées par les effets de la crise syrienne et ont besoin d'être soutenues.

L'augmentation importante de la population pèse sur les capacités limitées des municipalités.

Les municipalités libanaises où vivent des réfugiés syriens ont atteint la limite de leur capacité d'accueil. C'est l'une des principales conclusions d'une évaluation menée par CARE*. L'arrivée continue de réfugiés en provenance de la Syrie a un impact important sur la situation politique et socio-économique du Liban.

Alors que le Liban est le pays qui accueille aujourd'hui le plus de réfugiés syriens, les autorités locales et les communautés ont fait d'importants efforts pour partager des ressources déjà limitées.

« Les infrastructures libanaises étaient déjà sous pression avant le début de la crise syrienne. L'augmentation importante de la population pèse sur les capacités limitées des municipalités. Les réfugiés et les communautés hôtes ont besoin d'être rapidement soutenus », alerte Bernard Borkhosh, directeur de CARE Liban.

Les besoins des réfugiés sont très larges.

L'accès à l'eau a été cité comme un problème majeur pour l'ensemble des municipalités interrogées par CARE. Le logement est un autre point d'inquiétude alors que les réfugiés vivent dans des différents types d'abris éparpillés dans le pays.

« Qu'ils vivent dans des camps informels ou qu'ils louent des appartements (69% des familles interrogées), les réfugiés ont du mal à faire face à la hausse des coûts d'hébergement », continue Bernard Borkhosh.

L'exil, les difficultés de trouver un emploi et les faibles salaires qu'ils reçoivent ont un impact considérable sur le quotidien des réfugiés. La vie au Liban est chère. L'eau, les loyers et les transports ont fortement augmenté. Les hommes rencontrés par nos équipes sont inquiets des conditions de vie de leurs familles. Les femmes ont évoqué l'impact psychologique des violences dont elles ont été témoins et des nombreux déplacements auxquels les familles ont été contraintes. 76% des réfugiés exprimaient un sentiment de désespoir.

« Un mot revenait sans cesse dans les paroles des réfugiés : destruction. Leurs vies et leur maison ont été détruites. Ils ont perdu des êtres chers. Leurs communautés se sont désagrégées. Ils ont perdu tous leurs repères et leur vie est comme en suspens. Leur futur est incertain », ajoute Bernard Borkhosh.

Un avenir d'autant plus compromis, qu'aujourd'hui deux enfants réfugiés sur trois ne vont pas à l'école dans le district du Chouf (gouvernorat du Mont Liban).

22,6 % des réfugiés syriens vivent dans cette région autour de Beyrouth.

Pourtant, peu d'organisations humanitaires y sont présentes. L'évaluation terrain menée par CARE permet donc de combler le déficit de connaissance sur cette zone.

« 70% des réfugiés nous ont expliqué que l'aide qu'ils reçoivent actuellement ne répond pas complétement à leurs besoins. La moitié des réfugiés estime que l'aide reste insuffisante », explique Bernard Borkhosh.

Afin de répondre à ces besoins croissants, CARE vient de démarrer deux programmes dans les domaines de l'eau, de l'hygiène et l'assainissement. CARE va également intervenir pour améliorer les abris des réfugiés et distribuer des biens de première nécessité dans la région du Mont Liban et Beyrouth.

« Alors que l'hiver approche, la communauté internationale doit rapidement accroître son appui à la réponse humanitaire dans cette région. A l'heure actuelle, seule la moitié des 3 milliards de dollars demandés par l'ONU en juin 2013 ont été promis par les bailleurs internationaux. Une plus grande coordination et des fonds supplémentaires sont nécessaires pour aider les réfugiés et les communautés hôtes affectées par cette crise », s'alarme Bernard Borkhosh.

*CARE et ses deux partenaires locaux Awareness and Consolation Association (ACA) et Development for People and Nature Association (DPNA) ont mené cette évaluation en août 2013 dans l'objectif d'avoir une meilleure compréhension du niveau de vulnérabilité des réfugiés syriens et des communautés hôtes. 19 555 réfugiés syriens, enregistrés ou non par le UNHCR, ont participé à cette enquête dans le district de Chouf. Au total 240 foyers -un foyer comprend en moyenne deux familles, chacune composée de 5 personnes - et six membres du personnel de 6 municipalités ont été interrogés. 22 groupes de discussions ont également été organisés.

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