28 octobre 2013

Bangladesh : Faire évoluer les normes sociales en faveur des femmes.

Informer les femmes de leurs droits et les encourager à partager leurs expériences avec d'autres femmes et des membres de leur famille. C'est l'objectif du groupe EKATA (Empowerment Knowledge and Transformative Action) dans la région des Haors, au nord-est du Bangladesh.

Informer les femmes de leurs droits

Le transfert de connaissance favorisé par EKATA est un moyen d'éducation alternative qui renforce les capacités des femmes au sein des communautés les plus marginalisées. Les discussions permettent aux femmes et aux filles très pauvres d'être sensibilisées sur des normes sociales discriminatoires telles que le mariage précoce, la pratique de la dot et les violences faites aux femmes.

Lufta, 17 ans, a refusé le mariage imposé par ses parents

Depuis 2010, Lufta, jeune fille de 17 ans, est membre du groupe ETAKA mis en place par CARE.

Lufta a abandonné sa scolarité après l'école primaire pour se consacrer à des tâches ménagères. Pour ses parents, elle ne représentait qu'une source de dépenses supplémentaires. Ils ont donc décidé de la marier rapidement, acceptant même de payer une dot à la famille de leur gendre.

« J'étais brisée, parce que j'avais dû arrêter d'aller à l'école. Je n'étais pas en mesure de prendre ma vie en main... Ma participation au groupe pour l'empowerment* des femmes a fait renaître l'espoir. Durant les formations, j'ai pris connaissance des effets négatifs du mariage des enfants. Après ça, j'ai pu convaincre mes parents d'annuler mon mariage et de m'acheter plutôt une machine à coudre... Désormais, les membres de ma famille me consultent pour prendre toutes sortes de décisions et je contribue aux dépenses. »

CARE / 2013

Le rêve de Lufta de mettre un terme à la situation de pauvreté de sa famille a été nourri par l'éducation et les formations qu'elle a reçues. Les autres membres l'ont encouragée à lancer son activité et l'ont soutenue en lui achetant les vêtements qu'elle confectionne. Les parents de Lufta ont fini par la laisser poursuivre son rêve de devenir une jeune femme indépendante.

Lufta gagne désormais entre 200 et 300 BDT par semaine (1,9 à 2,8 euros). Elle investit une partie de ses bénéfices dans l'éducation de ses frères et sœurs afin d'assurer leur avenir. Ses journées sont bien remplies mais s'accompagnent également d'un sentiment de satisfaction et d'autonomie. Lufta est devenue une source d'inspiration au sein de sa communauté. Lorsqu'on lui demande si elle compte se marier un jour, elle répond avec une grande fierté : « en tous cas, pas avant 25 ans ! »

Lufta n'est qu'une des nombreuses voix de jeunes femmes qui commencent à s'élever dans cette région du Bangladesh.

* Le terme d'empowerment comprend le renforcement de la confiance en soi par le développement des connaissances et des compétences, et l'accès accru aux ressources économiques. Ces deux actions permettent l'élargissement des choix sociaux et économiques des femmes. L'empowerment des femmes et des filles est un outil incontournable pour réduire la pauvreté et favoriser le développement économique.

A propos de CARE au Bangladesh

CARE travaille au Bangladesh depuis 1949. Ses programmes se concentrent sur l'agriculture, l'éducation, la santé, l'eau et l'assainissement, la nutrition, le développement des infrastructures, au profit de quelques huit millions de personnes.