14 novembre 2013

Témoignage de Sandra Bulling, déployée dans la ville d'Ormoc, Province de Leyte, Philippines.

Des pillages ?

Les bulletins d'informations me font grincer des dents quand ils dépeignent des Philippins agressifs et font de l'insécurité leur thème principal. Oui, il y a des pillages. Mais les gens sont tellement désespérés. Ils ont tout perdu. Je pense que chacun de nous aurait recours à des mesures aussi drastiques si la survie de leurs enfants était en jeu.

Philippines. typhon Haiyan, les populations ont besoin d'aide
NOEL CELIS/AFP/Getty Images

Les magasins sont fermés. Il n'y a pas d'eau, pas de nourriture ou de carburant. Les propriétaires de magasins tentent tant bien que mal de prendre soin de leurs propres familles et portent en même temps le deuil des êtres chers qu'ils ont perdus dans la catastrophe. Je peux comprendre que l'ouverture de leur magasin ne soit pas leur priorité. Les gens font patiemment la queue et partagent la nourriture, l'eau et le carburant qu'ils « pillent ». Et maintenant, ces ressources deviennent de plus en plus rares dans des zones qui restent encore très isolées.

Une incroyable solidarité

Les gens sont extrêmement traumatisés. Chaque personne à qui je parle a une histoire horrible à raconter.

Hier, nous avons rencontré une femme qui a donné naissance à sa fille sur les marches d'une église. J'ai aussi parlé à un homme qui était coincé dans sa maison quand la tempête est survenue. La vague du raz de marée était si haute qu'il s'était réfugié au deuxième étage de sa maison. Mais cela ne ??l'a pas protégé : le vent a emporté le toit au-dessus de lui.

Policiers, représentants du gouvernement, médecins, infirmiers... tous sont affectés par ce drame et pourtant tous luttent pour aider les autres, tout en s'occupant de leurs familles.

Et en même temps, j'ai aussi été témoin d'une incroyable solidarité. Les gens s'entraident. Je vois des sourires et des rires au milieu du chaos. Trois fois par jour, nous devons nous arrêter pour trouver de nouveaux pneus à cause des débris sur la route. Tellement de personnes nous ont déjà aidé.

Chaque fois que nous nous perdons, au milieu des décombres, les gens font de leur mieux pour nous guider. Ils aident leurs voisins qui doivent aller à l'hôpital pour retrouver leurs proches. Ils travaillent ensemble pour réparer les toits. Ils nous donnent toutes les informations dont nous avons besoin pour préparer notre intervention.

Les Philippins sont des gens forts. Ils vivent des catastrophes chaque année, que ce soit des typhons, des glissements de terrain ou des tremblements de terre. Cette catastrophe va au-delà de notre imagination. Les gens d'ici méritent plus que d'être vus comme des pillards - ils font de leur mieux pour se relever et s'entraider avec les quelques provisions qui restent dans les zones sinistrées.

La réponse de CARE

CARE travaille aux Philippines depuis 1949, y apporte secours d'urgence et aide aux collectivités en ce qui concerne la préparation en cas de catastrophes. CARE y a déjà effectué des interventions d'ordre humanitaire, notamment à la suite du typhon Bopha, en 2012, et du typhon Ketsana, en 2009.

CARE a aujourd'hui déployé une équipe d'urgence composée de 10 personnes pour prêter main forte à CARE Philippine (30 personnes).

CARE va rapidement répondre aux besoins les plus urgents de 150 000 personnes soit 30 000 familles : nourriture, abri et eau. Les distributions de nourriture vont débuter ce samedi dans les environs de la ville d'Ormoc dans la région Leyte.

CONTACTS MEDIAS

Pour plus de renseignements ou pour toute demande d'interview avec nos équipes à Paris ou sur place, contactez Laury-Anne Bellessa, bellessa@carefrance.org - 01 53 19 89 92.