16 novembre 2013

Climat. Bilan de la première semaine de la conférence sur le climat

Sven Harmeling, chargé de plaidoyer sur le changement climatique du réseau CARE, participe à la réunion internationale de Varsovie sur le climat. Il revient sur les principaux évènements de cette première semaine.

Un appel international pour les Philippines

La première semaine de la conférence des Nations Unies sur le changement climatique tenue ici à Varsovie peut être résumée en deux mots : « héros » et « zéros ».

Alors que cette COP19 venait de commencer, la tragédie humanitaire provoquée par le typhon Haiyan a endeuillé la conférence.

Des négociateurs des gouvernements, des membres de la société civile et d'autres personnes ont manifesté leur soutien aux Philippins alors que des images choquantes témoignaient de l'ampleur de la tragédie. Yeb Sano, le négociateur philippin, a lancé un appel international pour mettre un terme à la « folie » de l'inaction face au changement climatique. À l'échelle mondiale, des milliers de personnes ont fait preuve de solidarité vis-à-vis des Philippins, soit en signant des pétitions en faveur d'une action urgente pour lutter contre le changement climatique, soit en marchant dans les rues de Varsovie. Ce sont eux les héros dont on devrait faire l'éloge.

Les 3 mauvais élèves du sommet de Varsovie

Ces élans de solidarité contrastent fortement avec les « zéros » : 3 pays en particulier remportent haut la main cette distinction.

Le nouveau gouvernement australien, dont le Premier ministre est climato-sceptique, a fait marche arrière quant à ses objectifs climatiques précédents : le budget alloué au climat pour les pays vulnérables sera diminué et la taxe carbone supprimée.

Le Japon n'a pas fait mieux. Vendredi, le gouvernement a présenté ses nouveaux objectifs climatiques pour 2020 : il renonce à réduire ses émissions de 25 %, allant à l'encontre de l'engagement des pays développés de jouer un rôle de premier plan dans le cadre de la Convention. Bien que le gouvernement ait promis près de 12 milliards d'euros pour financer la lutte contre le changement climatique, cela ne devrait pas dispenser le pays de lutter concrètement contre le réchauffement climatique. La Chine, les Etats insulaires de l'Asie Pacifique, l'Union Européenne et le Royaume-Uni dénoncent tous ce changement de cap japonais.

Pour finir, la Pologne, qui a constamment entravé les progrès de l'Union Européenne en matière de climat, semble camper sur ses positions à Varsovie. La communauté internationale a vu d'un très mauvais œil l'organisation simultanée par le gouvernement polonais d'un « Sommet du charbon » alors même que la conférence climat des Nations Unies était ironiquement subventionnée par des entreprises de combustibles fossiles.

3 jours pour prendre des décisions

Beaucoup de travail donc en perspective. Alors que les ministres commencent à arriver, ils devront être rapidement opérationnels s'ils souhaitent réaliser de réels progrès lors de cette conférence. Ils doivent prendre des décisions urgentes sur les problèmes principaux, dont les pertes et dommages, les financements climatiques et l'égalité des genres et indiquer la façon dont leurs gouvernements prévoient d'atteindre les prochaines étapes en vue de parvenir à un nouvel accord sur le climat d'ici 2015.