17 novembre 2013

Climat. Les déplacements liés au changement climatique, sujet oublié des négociations

32,4 millions de personnes* ont été déplacés par des catastrophes naturelles en 2012 (inondations, tremblements de terre, tempêtes, sécheresses...) dont 98% par des catastrophes en lien avec le climat. 41% des déplacés ont ainsi été victimes d'inondations en Inde et au Nigeria.

Le changement climatique augmente les déplacements de population

Le rapport spécial du GIEC de 2012 (SREX) explique que les catastrophes associées aux évènements extrêmes ont une influence sur la mobilité des populations et leur relocation avec des conséquences pour les communautés hôtes et d'origine**.

Il s'agit bien sûr d'un processus complexe où la variable « changement climatique » ne peut être facilement isolé. Il faut prendre en compte la relation entre différents facteurs. Voici quelques exemples :

  • La fréquence accrue des chocs (zones humides de plus en plus humides, zones sèches de plus en plus sèches) ou leur intensité érodent la capacité d'adaptation des populations les plus vulnérables qui peinent à se remettre de chocs à répétition. Ceci, dans un contexte où la pression sur les ressources augmente aussi (pression démographique) et où on observe une dégradation des ressources. Les déplacements sont alors une solution.
  • La modification des routes des tempêtes pourraient frapper des zones qui ne sont pas préparées et donc plus vulnérables.
  • Les évènements dont l'évolution est plus lente - élévation du niveau de la mer, salinisation des mers induisant des pertes de terres habitables ou arables menaçant ainsi les moyens de subsistances de centaines de milliers de personnes - pourront également induire des déplacements supplémentaires si aucune action n'est faite en amont.

Pour le moment le statut de « réfugié climatique » n'existe pas.

Alors que feront les habitants du Vanuatu si le niveau de la mer augmente trop ?

Ce type de question a déjà été soulevé lors de précédentes négociations climats et intégré en 2010 dans le cadre de Cancun pour l'adaptation. Il avait été alors spécifié que plus de connaissances étaient nécessaires sur les migrations liées au climat. Cependant, cela n'a pas été suivi de beaucoup d'actions jusqu'à présent.

Le sujet a de nouveau été évoqué lors de la discussion sur les pertes et dommages mais sera-t-il mis encore de côté car trop complexe à traiter? Des questions essentielles de droit et de justice se posent.

Ce qui est sûr c'est qu'en attendant que des actions soient prises pour traiter cette problématique, des mesures drastiques de réduction des émissions et des financements pour l'adaptation sont nécessaires pour éviter les pires impacts en termes de déplacements, de pertes humaines, économiques, de biodiversité ou encore perte d'héritages culturelles.

* Rapport du Norwegian Refugee Council - Internal Displacement Monitoring Centre (IDMC) - Mai 2013 http://www.nrc.no/?aid=9661151

** Les experts du GIEC s'accordent en grande majorité sur ce fait mais les preuves sont encore à renforcer.