20 novembre 2013

100 ONG demandent la mise en place d'un mécanisme de compensation sur les pertes et dommages irréversibles liés aux changements climatiques.

La mise en place d'un mécanisme international sur les pertes et dommages est indispensable alors que les actions d'adaptation au changement climatique ne suffisent plus. L'exemple du typhon Haiyan est plus que frappant.

Sur les 190 pays présents à la COP de Varsovie, l'Union européenne et cinq autre pays -l'Australie, le Japon, le Canada, les Etats-Unis et la Norvège - font obstacle à la mise en place d'un mécanisme international ambitieux sur les pertes et dommages. Plus de 100 ONG ont adressé hier une lettre ouverte aux ministres qui participent à la COP pour « mettre fin à cette folie ».

Dans un rapport diffusé cette semaine, CARE, Action Aid et WWF rappellent ainsi que nous sommes dans une nouvelle ère du changement climatique : il y a un besoin urgent de non seulement réduire le changement climatique mais aussi de compenser les pertes et dommages.

« La catastrophe causée par le typhon Haiyan est la preuve dramatique des effets d'évènements extrêmes qui vont augmenter avec le changement climatique. Les populations tentent de s'adapter, mais en raison du manque d'ambition des gouvernements, une telle action n'est déjà plus suffisante. Outre les catastrophes naturelles, il faut également prendre en compte l'augmentation de l'insécurité alimentaire ou la dégradation de la santé », alerte Aurélie Ceinos, chargée de mission sur le changement climatique pour CARE France.

Malgré la hauteur des enjeux, les pays développés n'assument pas leurs responsabilités historiques.

« C'est un enjeu en termes de droits humains, de justice climatique et d'équité : les pays et les populations les plus vulnérables, ceux qui sont les plus susceptibles de subir des pertes et dommages, sont ceux qui n'émettent que très peu de gaz à effet de serre », poursuit Aurélie Ceinos.

Les conclusions du rapport de CARE, Action Aid et WWF demandent que :

  • ce mécanisme sur les pertes et dommages soit opérationnel dès la COP21 en 2015 et qu'une entité permanente soit créée pour traiter et coordonner le travail sur cette question en parallèle des stratégies de mitigation et d'adaptation.
  • les Etats s'accordent sur un processus d'évaluation des coûts financiers et humains pour une meilleure prévision et réduction des pertes et dommages à court, moyen et long terme.
  • la communauté internationale mobilise des financements supplémentaires à destination des Etats vulnérables et des ONG (en plus des US$100 milliards du Fonds Vert).

« La France a un important rôle à jouer dans ce processus de définition d'un mécanisme de compensation, en tant qu'Etat européen, pays développé et bailleur mais aussi future présidente de la négociation. Son implication à Varsovie sera un signe de la volonté gouvernementale pour arriver à un accord en 2015 », conclut Philippe Lévêque, directeur de CARE France.

Note aux rédactions

Le rapport Tackling the climate reality: a framework for establishing an international mechanism to address loss and damage at COP19 est le résultat d'une collaboration entre CARE International, WWF International et ActionAid International. Pour consulter le rapport : http://www.careclimatechange.org/files/tackling_the_climate_reality.pdf

Contact média

Aurélie Ceinos, qui vient de revenir de Varsovie, est disponible pour répondre à vos questions : contactez Laury-Anne Bellessa, bellessa@carefrance.org - 01 53 19 89 92. Pour en savoir plus : www.carefrance.org